- Nantes
Joaquin Jose-Martinez a passé trois années dans un couloir de la mort en Floride avant d'être innocenté.
Joaquin Jose-Martinez est venu témoigner à la cité des congrès hier. Pour soutenir le combat d'Amnesty.
Comment avez-vous été entraîné dans le couloirde la mort ?
« En 1995. J'avais 24 ans, tout ce que je pouvais rêver d'avoir : une bonne situation, marié, deux petites filles. Je vivais en Floride. On m'a accusé du meurtre du fils d'un policier et son amie danseuse dans une boîte de nuit. Ils ont été tués de huit balles. La police avait dix suspects. Je fus le onzième, après une dénonciation. J'ai passé plus de cinq ans en prison, dont trois années dans le couloir de la mort. »
Votre réaction lors du verdict ?
« J'avais prêté serment d'allégeance à l'Amérique lorsque j'étais à l'école. Nous répétions à la fin : « Justice et liberté pour tous ». Je me suis souvenu de cette devise au moment où l'on m'a condamné. Je ne parvenais pas à y croire. Comment était-ce possible ? J'étais innocent. Le système m'a mis complètement KO. »
Quelle est votre vie aujourd'hui ?
« Je recommence à vivre, lentement. Je travaille et témoigne pour que la peine de mort soit abolie. Je vais bientôt avoir un enfant. Mais des choses restent. Je n'ai aucune ampoule au plafond chez moi. Je dors sans chaîne à mon cou. Le bruit fait ressurgir celui des clés de la prison. »
Comment êtes-vous sorti du couloir ?
« Il n'y avait pas de preuves : j'ai eu droit à un second procès. Sept juges de la cour suprême et treize jurés ont décidé que je n'étais pas coupable. Le procureur et les familles des victimes ont ensuite choisi de ne pas me poursuivre alors qu'ils en avaient la possibilité. Retrouver la liberté est un très long chemin. Il ne suffit pas d'être innocent. »
Étiez-vous favorable à la peine de mort avant votre condamnation ?
« C'était l'évidence. Des juges venaient dans mon école catholique pour nous répéter que la peine de mort était normale, que les criminels devaient être punis. La peine de mort mettait fin à la douleur des familles. Elle était aussi dissuasive. Je sais aussi aujourd'hui que tout ceci est faux. »
Les couloirs de la mort seront-ils abolis aux États-Unis ?
« J'espère le voir dans ma vie. Des condamnés innocentés témoignent désormais dans les écoles. Les choses évoluent. Mais aux États-Unis, les gouverneurs et les juges sont élus. Il leur faut un courage politique important pour oser s'opposer la peine de mort. Quinze états sont abolitionnistes. Trente-cinq ne le sont toujours pas. »
Emmanuel Vautier et Guillaume Lecaplain
Repères
Congrès national
Amnesty tient son congrès ce week-end à la cité des congrès.
Concert aujourd'hui
Un concert de soutien à Amnesty réunit 380 musiciens et choristes aujourd'hui. Tarifs : de 18 à 25 €. Tél. : 02 51 88 20 00.
mercredi 08 février 2012
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mardi 07 février 2012
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