- Nantes
Le square Élisa-Mercoeur a été le théâtre de plusieurs agressions homophobes depuis le début de l'année.
« Ce qui nous inquiète, c'est la récurrence et la multiplication des agressions dans ce square qui est un lieu connu de rencontres d'homosexuels à Nantes », relève Hussein Bourgi, président du Collectif national contre l'homophobie. Depuis le début de l'année, le Centre gay et lesbien de Nantes en a déjà recensé quatre. « Et encore, souvent, les personnes hésitent à se signaler et à porter plainte. Elles pensent que ça ne sert à rien ou que leur cas est isolé ».
« Une meilleure écoute des victimes »
Un des axes de travail du collectif est donc d'inciter les victimes d'agression homophobes à se manifester auprès de la police. « Nous essayons de leur faire comprendre qu'en ne portant pas plainte, elles assurent une impunité aux agresseurs », poursuit Hussein Bourgi. Le président du collectif reste néanmoins conscient de l'appréhension que certains peuvent avoir à se rendre au commissariat.
« Aller porter plainte pour homophobie, c'est afficher clairement son homosexualité. Et ce n'est pas toujours facile pour tout le monde ». Le collectif assiste donc les victimes dans leurs démarches. Et se félicite des efforts accomplis ces dix dernières années par les services de police et de gendarmerie. « Les actes homophobes sont désormais vraiment pris en considération et l'écoute apportée aux victimes est bien meilleure ».
Mais tout n'est pas encore parfait. Loin de là. Récemment à Nantes, le caractère homophobe d'une agression square Élisa-Mercoeur n'a pas été retenu par la justice. L'auteur a juste été condamné pour coups et blessures. La raison ? Aucune insulte homophobe n'avait été proférée par les agresseurs !
« Des lois très récentes »
« Le droit de la discrimination est très complexe, avec des lois très récentes. Et il y a peu de jurisprudence », confie le président du collectif contre l'homophobie. C'est pourquoi l'association a choisi de s'appuyer sur un réseau national d'avocats spécialisés dans ce type de dossier.
Jérôme Jolivet
« En ne portant pas plainte, la victime assure l'impunité aux agresseurs »mardi 22 mai 2012
- Nantes
mardi 22 mai 2012
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lundi 21 mai 2012
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