Un dimanche d'automne presque ordinaire à Pornichet. Du vent, des vagues et des kite-surfers. À sa sortie de l'eau, pourtant Tony rie jaune. Sa planche est maculée de taches noires. Preuve que les résidus d'hydrocarbures continuent de gagner les rivages du littoral.
Les premières galettes ont été localisées vendredi soir. Elles ont continué à affluer tout au long du week-end, surtout dans le Sud-Loire, jusqu'à Vendée. À Noirmoutier et plus au Sud, près de huit tonnes de fioul avaient été collectées hier soir sur les plages selon les pompiers du département.
NettoyageDu Croisic à la baie de Bourgneuf, la plupart des plages ont été fermées dès samedi
« pour raison de sécurité » dixit Robert Belliot, maire de Pornichet. À Pornic, les services de la préfecture estiment
« qu'environ une tonne de déchets souillés se sont déposés sur les plages. » À Saint-Brevin, le bilan est similaire.
« Les résidus d'hydrocarbures se sont figés sur le goémon. Il y a environ 150 m3 à évacuer dans les prochains jours ». Dans les deux communes le travail de nettoyage des plages commence aujourd'hui. Il est en revanche déjà terminé dans d'autres communes. À Batz-sur-Mer, environ 300 litres de fioul ont ainsi été évacués.
Encore des boulettesHier soir, la cellule d'évaluation mise en place par la préfecture constatait encore l'arrivée de nouvelles boulettes. Elle parlait toutefois
« d'une pollution très diffuse qui devient résiduelle. Les premières boulettes pouvaient faire jusqu'à 25 cm de diamètres. Les dernières arrivées sont plus petites. »La thèse d'une
« reprise de pollution existante » est toujours privilégiée par la préfecture. Son secrétaire général, Michel Papaud s'appuie sur les dernières reconnaissances aériennes menées par le Cross Etel et la préfecture maritime :
« Cette pollution ne correspond à aucune nappe de surface identifiée. L'hypothèse d'une reprise par la mer d'une pollution ancienne à l'occasion des épisodes de mer très forte n'est pas écartée. »PlaintesMais pour le moment rien de certain. Pour cela, il faudra attendre vraisemblablement
« le milieu de semaine ». Le temps que les échantillons de fioul prélevés depuis vendredi soir soient analysés par le Cedre (centre de documentation de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux). Certains maires attendent les résultats avec impatience. Quelques-uns, comme Yves Métaireau, maire de La Baule, ne veulent surtout pas abandonner la thèse du dégazage. Cette pollution devrait également avoir une suite judiciaire. Des maires, comme Philippe Boënnec, maire de Pornic ont déposé une plainte auprès du procureur de la République de Saint-Nazaire.
Nicolas Aufauvre