- Nantes
Le Jules Verne ne navigue plus pour la Tan depuis août dernier.
L'expérience aura finalement coûté très cher aux contribuables nantais. En cinq ans, des dizaines et des dizaines de milliers d'euros (plus de 2,5 M€) ont été engloutis dans les aménagements et le fonctionnement du Navibus de l'Erdre. Symbole de ce que certains qualifient de « gabegie », la décision prise vendredi en conseil communautaire : par un tour de passe-passe absolument légal, la communauté urbaine de Nantes s'est délestée d'un bateau dont elle n'avait que faire mais elle a aussi dilapidé d'un trait de plume plus de 400 000 € !
Mini-croisières
Après cinq années passées à assurer la navette sur l'Erdre entre la gare sud et la Jonelière, le Navibus Jules-Verne a stoppé ses rotations en août dernier, en raison d'une trop faible fréquentation. Or, le contrat initial passé entre la Tan et la société des Bateaux Nantais, propriétaire du bateau, prévoyait qu'en cas d'arrêt de l'exploitation, Nantes Métropole le rachète. Le montant de la transaction ? 711 000 €, correspondant à l'emprunt contracté par les Bateaux Nantais pour financer la construction du Jules-Verne.
Seulement, Nantes Métropole, n'ayant aujourd'hui aucune utilité du bateau, l'a aussitôt revendu aux Bateaux Nantais, qui vont l'exploiter pour des mini-croisières sur l'Erdre. Montant de la transaction ? 300 000 €, un prix correspondant selon un expert à la valeur marchande du Jules-Verne.
Plusieurs millions perdus
Le calcul est facile. Dans l'opération, Nantes Métropole perd 411 000 €. Ce qui, à 39 000 € près, correspond au déficit annuel du Navibus Erdre (450 000 €) lorsqu'il était exploité par la Tan ! Pour autant, « ce n'est franchement pas une bonne affaire pour les Bateaux nantais », assure Jean-François Retière, vice-président de Nantes métropole en charge des déplacements : « L'entreprise va devoir faire de gros investissements pour poursuivre son exploitation ».Quoi qu'il en soit, ce bateau a, en cinq ans, coûté très cher à la collectivité : plus de 3 M€ si l'on prend également en compte la construction des sept stations et la mise aux normes de sécurité du tunnel Saint-Félix. Une mise aux normes aujourd'hui guère utile qui, à elle seule, avait coûté plus de 500 000 €.
Xavier Boussion et Pierre-Marie Hériaud
vendredi 03 février 2012
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jeudi 02 février 2012
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