Signé W.A.Mozart ! C'est ce qu'on peut lire, écrit à la main, sur ce document, jauni par le temps, d'une taille d'une page de grand cahier. Ce sont des chercheurs d'un institut allemand, venus travailler à Nantes, qui sont tombés dessus, dans un lot de partitions.
« Ils savaient que nous possédions des documents à la médiathèque concernant Mozart », précise l'ancien adjoint à la Culture de Nantes, Yannick Guin (lire ci-dessous),
« mais ils ne s'attendaient pas à pareille trouvaille ».
Par quel mystère un document manuscrit de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) a-t-il pu atterrir à Nantes ? L'histoire ne le dit pas encore mais l'homme, virtuose du piano et du violon, mort à 35 ans, était prolixe et a laissé 626 oeuvres. Elles ont été répertoriées dans le catalogue Köchel.
Une pièce à quatre tempsQue valent ces notes inédites ?
« C'est un peu comme si elles avaient été écrites sur une nappe », souligne Christophe, pianiste et violoniste nantais, qui a eu accès au manuscrit retrouvé.
« Il y a deux parties en fait. L'une d'elle se compose d'une quinzaine de mesures. Il s'agit d'une pièce à quatre temps. C'est un credo, soit un épisode religieux. Mozart en a écrit beaucoup, comme les messes. Celui-ci est un credo en ré majeur. Il doit faire partie d'une oeuvre musicale. J'ai commencé à jouer cette pièce au piano. Il y a des écritures de rythmes qui sont anciennes. On n'écrit plus comme cela aujourd'hui. Par exemple, il y a des croches barrées alors qu'aujourd'hui, on écrit des doubles croches ».
« Un premier jet »
La seconde partie, est
« beaucoup plus difficile à déchiffrer. Il y a des notes partout, ça fait comme un brouillon, c'est un premier jet, parfois illisible. J'ai compté une vingtaine de mesures. Peut-être est ce la seule et même oeuvre cette fois, une sonate. De nombreuses notes sont effacées, il faut les deviner ».
On connaissait la signature de Molière, un document rarissime sur un acte de baptême nantais, l'auteur n'ayant laissé aucun écrit, que la ville de Nantes peut se targuer de posséder (lire ci-dessous).
Cette fois, c'est un petit bout du patrimoine mondial de la musique qui a été extirpé des oubliettes du temps et qui s'ajoute aux collections de la ville.
Nul doute que la prochaine Folle Journée, qui avait vibré au son de Mozart en 2006, lui rendra hommage en jouant cette partition inédite.
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