- Couëron
Quand une voiture brûle et que l'incendie endommage un bâtiment ou un parking voisins, « c'est la garantie de responsabilité civile, obligatoire, qui joue », rassure un assureur.
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L'inquiétante lettre recommandée, avec accusé de réception s'il vous plaît, est arrivée longtemps après. Ça n'était pas un beau matin de juillet du tout. « Déjà, on avait brûlé notre voiture. Et là, on nous réclamait de l'argent en plus ! Mettez-vous à notre place ! », se souvient cette jeune femme.
L'histoire : au début du mois d'avril, elle gare sa Renault Mégane sur un parking, à Couëron. Très mauvaise surprise au réveil : un cocktail molotov, balancée dans une voiture stationnée tout près, en a brûlé quatre au total. La sienne en fait partie. Les dégâts sont sérieux. Mais l'assurance tous risques rembourse. Ouf. « En attendant, il faut quand même se débrouiller sans voiture pendant deux ou trois semaines... » Pas pratique.
« On n'a rien fait et on paye pour les autres ? »
L'histoire pourrait s'arrêter là. D'ailleurs, les semaines passent. Et puis un jour, quatre mois plus tard, le courrier arrive, sans prévenir. Le ton du cabinet d'expertises, signant pour le compte de la société d'assurances du bailleur social (propriétaire du parking), est pour le moins sentencieux : « Nous vous informons que votre responsabilité peut être engagée, au motif suivant : parking endommagé, suite incendie de votre véhicule ».
À la ligne du dessous, le mot « réclamation », souligné : le chiffre d'à côté fait frémir : 2 308 euros ! « En gros, le lampadaire a chauffé et le bitume a noirci », se rappelle une voisine. « On s'est dit « Faut arrêter » ! » se rappelle la destinataire. « On n'a rien fait et on paye pour les autres ? On aimerait bien comprendre ! »
« C'est la garantie de responsabilité civile qui joue »
Renseignements pris, voilà l'explication : « Normalement, le bailleur aurait dû prendre directement contact avec l'assurance, sans passer par la victime », indique Fabrice Henry, responsable sinistres à Nantes chez Groupama Loire Bretagne. « Mais qu'elle se rassure, ils seront couverts. Qu'ils soient assurés au tiers ou en tous risques, que l'incendie soit d'origine criminelle ou accidentelle, c'est la garantie de responsabilité civile, obligatoire, qui joue. Ils n'auront rien à payer. »
En cas d'incendie de voitures, les sociétés d'assurances prennent donc en charge les dégâts causés sur la voiture, mais aussi les éventuels dommages collatéraux qui peuvent toucher les parkings ou les façades... Mais quand on sait le nombre de voitures qui brûlent, cela doit coûter cher aux assurances, non ? « En effet », répond un assureur. « Et c'est d'ailleurs pour cela que certaines sociétés ajustent parfois leurs tarifications en fonction de la possibilité de survenance de tel ou tel sinistre. » Comprenez : selon que vous habitez un quartier dit sensible ou pas, la note sera plus salée. « Mais c'est pareil avec le vol », ajoute le même professionnel. « L'assurance vous coûtera plus cher en région parisienne que dans le fin fond de la Corèze... »
Anne-Hélène Dorison
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