Nantes

lundi 11 août 2008

À Nantes, ville jumelle de Tbilissi, la guerre ne laisse pas indifférent


Gaston Bouatchidzé, président de Nantes-Tbilissi, et François Perdrial, trésorier, sur le banc public offert au printemps dernier par l'association Nantes-Tbilissi à la capitale de la Géorgie.

Les liens avec la capitale géorgienne se sont resserrés ces dernières années. L'évolution du conflit avec la Russie sur l'Ossétie du Sud est suivie avec inquiétude dans la cité des ducs

Depuis la fin de la semaine dernière, le téléphone de Gaston Bouatchidzé est souvent occupé. « On passe des coups de fil là-bas en Géorgie, on en reçoit pas mal aussi, des amis qui s'inquiètent... » soupire le président de l'association Nantes-Tbilissi.

La capitale de la Géorgie entretient des liens privilégiés avec Nantes depuis plusieurs décennies. Et le jumelage entre les deux villes, longtemps en sommeil, a repris vie ces dernières années. Des écoles échangent, les universités et les centres hospitaliers des deux villes collaborent (notamment pour les greffes de reins). L'association étudiante nantaise de solidarité internationale La Pèch's'est investie en Géorgie. Un premier échange touristique s'est même concrétisé au printemps : 25 Nantais ont passé quelques jours dans la capitale géorgienne. Autre symbole de cette coopération relancée, le musée des Beaux-Arts de Nantes accueille jusqu'au 31 août une exposition intitulée « Voyage à Tbilissi », avec les oeuvres de six artistes contemporains géorgiens.

« Trop d'intérêts en jeu »

Mais aujourd'hui, « j'ai le coeur gros » avoue Alain Chenard, l'ancien maire de Nantes, cheville ouvrière du jumelage, en 1979, dont les pensées vont « à tous ceux que je connais là-bas ». Tout comme Gaston Bouatchidzé, il suit l'évolution de la situation avec attention.

« C'est très difficile. On ne pouvait pas s'imaginer qu'on en arriverait là... » explique le président de Nantes Tbilissi, qui a passé trois mois dans la capitale géorgienne, en avril, mai et juin dernier.

L'analyse d'Alain Chenard est un peu différente toutefois : « On voyait le conflit arriver ; il y a trop d'intérêts en jeu. Ce pays a toujours dû se battre pour survivre face à des envies et des envieux... La fierté et le nationalisme des Géorgiens peuvent surprendre mais c'est aussi ce qui les rend si attachants. Dans ces conditions aussi, il est facile de souffler sur des braises qui ne demandent qu'à prendre... »

« Personne n'a envie de mettre le feu au Caucase »

Devant sa télé, « au croisement de toutes les infos », Gaston Bouatchidzé essaye de démêler le faux du vrai. « J'ai la chaîne géorgienne et deux chaînes russes. Mais les unes disent exactement l'opposé de l'autre... ». Tout comme Alain Chenard, il veut rester « optimiste » pour ce pays qui se remet à peine d'une terrible guerre civile : « Les amis géorgiens que j'ai pu joindre sont calmes et pensent que cela va s'arranger ». L'ancien maire de Nantes, lui, juge « la situation grave » mais garde « une espérance » : « Personne n'a envie de mettre le feu au Caucase. On ne va quand même pas refaire les erreurs commises dans le passé dans les Balkans... »

Pierre-Marie Hériaud

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