À Rome, les réfugiés jouent au foot à « Liberti Nantes »
lundi 21 décembre 2009
- Nantes
Le premier, Ibrahim, a fui le Togo pour avoir manifesté contre son président. Un autre, Karim, est Afghan et a quitté son pays après avoir assisté au massacre de sa famille... Tous se sont retrouvés un jour à Rome et se sont rassemblés en créant une équipe de football. Elle s'appelle « Liberti Nantes ».
L'Enédie de Virgile
Ce nom « Liberti Nantes » ne vient ni des Canaris ni des bords de Loire ! Il puise son inspiration dans un verset de l'Énéide de Virgile. L'histoire raconte que les Troyens en exil ont fait naufrage en pleine mer. Seul un petit nombre d'entre eux (« rari nantes ») ont réussi à atteindre la rive. Tout comme les Troyens, les joueurs de l'équipe « Liberti Nantes » ont ainsi traversé la Méditerranée pour l'Italie à la recherche d'un endroit pour commencer une nouvelle vie. Dans cette équipe de l'espoir, on ne trouve donc que des joueurs originaires des pays les plus touchés par la guerre, l'Irak, l'Afghanistan, le Soudan, l'Érythrée, le Darfour... Ils ne parlent pas la même langue. Ils n'ont pas la même religion ni la même culture.
Une seule tunique bleue
Et ils ne peuvent même pas utiliser leurs vrais noms au risque de mettre en danger les familles restées sur place. Mais le football et sa langue universelle les réunissent chaque semaine et leur offrent quelques heures pour oublier un peu les drames qu'ils ont vécus. Alors, tous arborent chaque semaine le même maillot bleu parce que cette tunique est la seule qu'ils possèdent. Dommage. Elle aurait pu être aux couleurs des Canaris !