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Témoignages

samedi 10 novembre 2007

« On m’a souvent cru Nantaise ! Non, je ne suis pas du tout Nantaise ! »

Petite histoire de la chanson « Nantes ».

Au lendemain de la mort de son père en décembre 1959, Barbara reprend son tour de chant à l’Écluse où elle « somnambulise ». Cinq jours plus tard, elle écrit sur une feuille de papier quatre lignes de texte : « Il pleut sur Nantes/Donne-moi la main/Le ciel de Nantes/Rend mon cœur chagrin ». C’est tout.

Une mélodie lui vient sur ces mots en 1962 mais il faut attendre la fin de l’année 1963 pour qu’une première version de la chanson soit livrée, pour les Mardis de la chanson. « La veille de la répétition, je couvre de mots tout un cahier de feuilles qui finissent froissées, jetées, déchirées, mais je sens, à la difficulté que j’ai à écrire, que la chanson Nantes est sur le point d’être achevée », écrit Barbara dans ses mémoires.

Ainsi, le 5 novembre au Théâtre des Capucines, devant ses frères, sa sœur et sa mère venus l’entendre pour la première fois, elle interprète Nantes. Le succès est immédiat, l’auditoire est subjugué.

« Le lendemain, on me parlera beaucoup de cette chanson. Elle sera souvent source de confusion. On m’a souvent cru nantaise ! Non, je ne suis pas du tout nantaise ! J’ignore pourquoi mon père avait choisi cette belle ville pour y terminer sa vie », note encore Barbara.
La chanson lui vaut aussitôt d’être l’invitée d’honneur de l’émission Discorama de Denise Glaser, rendez-vous incontournable des Français le dimanche à la télé. Là encore elle chante Nantes même si le disque n’existe pas encore. Mais la journaliste fait fabriquer une pochette et la présente comme la découverte du moment.

Début 1964, Barbara enregistre le titre pour CBS puis, quelques mois plus tard, change de maison de disque et le réenregistre pour Philips Nantes. Dès lors, à chaque concert, Nantes figure au répertoire.

Mais ce n’est que des années plus tard qu’elle révélera son « souvenir secret » qui la lie à la ville, l’histoire de ce père, « ce vagabond, ce disparu », mort « sans un adieu, sans un je t’aime ».
 

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