Les proches étaient réunis hier soir chez la maman de Marina Lebeau, avenue des Bouleaux. Autour de Sylvie, des membres de la famille ; dans la cuisine, les amies de la disparue et de sa soeur, Fanny. Tous venus soutenir les deux femmes effondrées par le drame.Tous essaient de refaire l'histoire de Marina avec Yassine Khaloir, 24 ans, placé en garde à vue vendredi pour le meurtre de la jeune femme de 29 ans, mercredi soir à St-Nazaire. Il a reconnu les faits.Leur rencontre avait commencé par des mails, alors que Marina travaillait dans l'immobilier au Pouliguen. « C'était en janvier 2009. Ils se voyaient le week-end. Et comme toute nouvelle rencontre, ils vivaient dans leur bulle. » Les quatre premiers mois de l'année 2009, ils ont vécu à St-Nazaire « mais Yassine n'avait pas ses affaires chez elle ».Quand Sylvie l'a rencontré « il était gentil, il m'appelait même «belle-maman» ». Sa fille est tombée enceinte en mai 2009. « C'est Yassine qui m'a montré le test de grossesse ». Une grossesse « un peu prématurée » mais finalement bien acceptée par la future maman qui devait accoucher le 11 février 2010. « Au départ, l'amour rend aveugle ; puis on se découvre. Lui était déjà très possessif. Il l'avait conquise ; c'était sa propriété, sa chose. »Les relations se sont tendues. Sylvie décrit Yassine comme un homme « fier, vaniteux et narcissique qui se trouvait beau ».À partir de l'été 2009, la situation s'est dégradée. « C'était quelqu'un de très jaloux. Quand il débarquait chez elle le soir, il regardait ses mails. Il n'a pas été violent physiquement mais il lui proférait des menaces. Je ne pensais pas qu'il aurait pu arriver à cet extrême. »Sylvie, pourtant, ne peut s'empêcher de penser à un geste déplacé qu'il aurait eu en décembre sur le ventre rebondi de la future maman, ou encore d'un vieux film qu'il a voulu que Marina regarde. « Il était question d'une femme qui vit avec son petit gars et le papa tue la maman. » « C'est pour me faire peur que tu montres ça », lui aurait demandé Marina. « Qui sait ! », lui aurait-il rétorqué. C'est en décembre aussi que Marina s'est décidée « à lui avouer qu'elle ne l'aimait plus ».Pour la maman, il s'agit « d'un meurtre prémédité ». « Il avait peur du chien de Marina et il a pris soin de le faire sortir » le soir du drame. « Ce jour-là, il serait arrivé vers 18 h 30 ». À l'heure où Sylvie essayait d'appeler sa fille.
M. V.-P. avec M.F.
Un groupe Facebook « Hommage à Marina Lebeau » a déjà réuni 193 membres.