Un objectif ambitieux mais atteignable : sur les sept dernières années, la fréquentation du réseau a augmenté de 25 %, pour atteindre 112,8 millions de voyages en 2008.
Revers de la médaille, cette forte augmentation de l'offre s'est accompagnée d'une explosion des coûts d'exploitation (+ 42 %). Les tarifs n'ayant pas augmenté dans les mêmes proportions, Nantes Métropole a dû « boucher les trous » en augmentant sa subvention d'équilibre (81 M€ l'an dernier) de près de 8 % par an. « À ce rythme, elle atteindrait 142 M€ en 2016. Ce qui n'est pas envisageable », a expliqué hier Jean-Pierre Fougerat, vice-président de la communauté urbaine.
Plus 20 % sur 7 ans
Pour les sept ans à venir, la subvention de Nantes Métropole n'augmentera plus que de 2,4 % par an, pour atteindre 94 M€ en 2016.
Pour financer son développement, la Tan va donc devoir augmenter ses recettes de trafic. La progression du nombre de voyageurs y contribuera en partie. Mais cela ne suffira pas. Pour couvrir ses charges, la Tan va devoir augmenter ses tarifs de l'ordre de 2,5 % par an. Soit, au bout du compte, près de 20 % sur sept ans.
Exigence de performance
Après la hausse de 11 % des tarifs Tan pour 2009-2010, l'annonce de cette nouvelle augmentation risque d'être diversement accueillie. Sophie Jozan, leader du groupe des élus UMP à Nantes, y voit « la fin de la politique volontariste et attractive de Nantes Métropole en matière de transports ».
Les élus communistes, de leur côté, souhaitent qu'elle « soit maîtrisée et justifiée par une politique d'investissements et d'amélioration de la performance du réseau ».C'est aussi ce que seront en droit d'exiger les usagers.
Xavier Boussion
« Nuançons. Avec 49 %, il est atteint à l'intérieur du périphérique. À l'extérieur, c'est vrai, l'évolution a été plus lente ce qui explique la moyenne. Explication : le tissu urbain se dilate. Beaucoup de jeunes couples sont contraints de se loger à 20-30 km de Nantes. Toutefois, l'utilisation de la voiture a évolué. Le covoiturage monte en puissance : il représente désormais 10 % des déplacements. Nous souhaitons accentuer la tendance en optimisant les sites internet dédiés et en créant des parkings covoiturage comme celui de Vallet qui connaît un beau succès ».
Le TER Nantes-Vertou est plébiscité. N'y a-t-il pas une demande à satisfaire de ce côté ?
« Certainement. L'étoile ferroviaire sera développée. Nantes-Saint-Nazaire est aussi très fréquenté. Nantes-Châteaubriant sera la prochaine étape. Et nous allons renforcer les cadencements sur Nantes-Clisson ».
Où en est le dossier d'un TER Ancenis-Le Cellier-Mauves-Thouaré- Sainte-Luce-Nantes ?
« Un problème se pose : son insertion entre les TGV. Nous étudions la possibilité d'une ligne de retournement à Ancenis et d'une autre d'évitement à Mauves. Nous en discuterons avec Région et la SNCF dans les prochains mois ».
Côté tramway, les contraintes budgétaires ont conduit à ralentir la programmation...
« Il n'y a pas que des considérations financières qui jouent. La question se pose d'un réseau de 48 km arrivé à maturité... Nous ne sommes pas pour autant sans projet. Le prolongement de la ligne 1 jusqu'au Ranzay est prévu pour 2012. L'extension logique jusqu'à l'université, via le pont de la Jonelière, fera l'objet de discussion, notamment sur le calendrier, avant l'été 2010. Pour autant des solutions comme le Chronobus peuvent se révéler plus pertinentes sur certains parcours (lire ci-dessous). Globalement, la diversification de l'offre de transport est la clé de la réussite en matière de déplacements ».
Le périphérique bouchonne fréquemment. Peut-on attendre des améliorations ?
« Il est à la fois voie de transit et boulevard urbain ce qui, au passage, allège la circulation sur les boulevards historiques nantais. Son élargissement ne conduirait qu'à une amélioration passagère. De nouveaux flux de circulation le satureraient en moins d'un an ».
Pas de changement en vue donc ?
« La gestion du périphérique incombe à l'état. Mais on peut discuter avec lui de points précis : l'aménagement de portes comme celle de Gesvres, ou encore l'hypothèse d'une troisième voie sur un secteur limité comme celui situé entre les portes de Gesvres et de Sautron... ».
Et la place du vélo ?
« Notre plan vélo s'appuiera sur la création de zones de stationnement sécurisées, de bandes cyclables, et le développement, y compris dans d'autres communes que Nantes, de zones apaisées 30 km/h où se côtoieront piétons, vélos, transports en commun et voitures. »
Jean-Philippe Lucas
Bus, tram, train : que valent les transports ?
Périph' et ponts autos... bloquants Pour détrôner la voiture reine et désengorger ses rues, la ville d’Amsterdam a encouragé les déplacements à vélo et en transports en commun par des mesures concrètes, initiées il y a plusieurs années et progressivement mises en œuvre. Le réseau des bus et des trams a été étoffé, en banlieue notamment, avec des correspondances mieux organisées.
Pour les cyclistes, de nombreuses pistes cyclables en site propre ont été aménagées. De grands parkings à vélos sont disponibles gratuitement et les feux de signalisation sont réglés de manière à être plus favorables aux deux-roues.
Parkings en périphérie
Pour diminuer le nombre de voitures dans le centre-ville, des parkings de dissuasion sont accessibles en périphérie à un prix volontairement modeste : six euros pour 24 heures, tickets de bus inclus. Et plus les automobilistes invétérés se rapprochent du centre, plus les horodateurs sont chers.
« Ces mesures étaient indispensables » estime Hugo Warning, porte-parole du service Infrastructures, Transports et Circulation d’Amsterdam.
« Les embouteillages monstres nous coûtent chaque année des millions d’euros. Il faut aussi répondre aux exigences européennes de réduction des émissions de CO2 ».
Les résultats suivent, selon lui : « Nous constatons moins de voitures en ville ». De là à les interdire totalement dans le centre historique, il n’y a qu’un pas.
« Mais il ne sera pas franchi avant les prochaines élections municipales au printemps prochain », sourit-il.
Les Pays-Bas ont par ailleurs l’intention d’introduire en 2012 une taxe au kilomètre parcouru afin de réduire de moitié les bouchons et de 10 % les rejets de CO2. Le prix moyen au kilomètre pour une voiture familiale sera de 3 centimes d’euro en 2012 et atteindra progressivement 6,7 centimes en 2018. L’usage des transports en commun devrait connaître une hausse de 6 % grâce à cette mesure.
Martine Pauwels
C’est en 2003 que Ken Livingston, le maire de l’époque, a décidé que Londres devait introniser un péage au sein de son centre-ville pour réduire le nombre de voitures et les centaines de kilomètres d’embouteillage qui la neutralisaient. Le 17 février 2003, la « Congestion charge » est ainsi entrée en vigueur. À l’origine, elle couvrait une zone de 16 kilomètres et les automobilistes devaient payer 5 livres sterling par jour pour y accéder de 7 heures du matin à 18 heures.
8,80 euros
Elle a été agrandie en février 2007, sur son flanc ouest, et enveloppe désormais près de 25 km. Le prix du péage est passé à 8 livres sterling (8,80 euros). Les personnes habitant la zone bénéficient d’une réduction de 90 %. En cas de non-paiement, les amendes sont de 120 livres (132,40 €), qui devient 60 (66,20 €) si elle est réglée en moins de 14 jours et 180 (198,60 €) après 28 jours.
Les effets sur les modes de déplacements des Londoniens ont été immédiats même si le péage n’a pas réglé tous les problèmes de circulation, notamment aux heures de pointe. Il a ainsi entraîné une baisse de 30 % du nombre de véhicules en centre-ville et une réduction des embouteillages de 16 %.
Tout pour les transports
Non seulement, la circulation est devenue meilleure mais la manne financière recouvrée grâce à ce système, soit en moyenne 90 millions de livres de bénéfices par an, a été réinvesti en totalité pour améliorer les transports en commun londoniens. Les bus de la ville ont vu leur fréquentation augmentée, ce qui n’est en revanche pas le cas du métro. Il semble que beaucoup de Londoniens ont choisi le co-voiturage pour se rendre au travail et les ventes de vélos et de scooters sont en constante progression depuis la mise en place du péage.
Clément Cazeaux
Lisbonne est sans doute l’une des villes européennes les mieux équipées en matière de transports en commun. La ville comprend plusieurs moyens de transport : le bus, le tramway, le métro et le bateau.
Les bus sont présents dans l’ensemble de la capitale. Ces bus sont en service de 5 h 30 à 1 heure du matin environ selon les lignes. Les tickets coûtent 1,40 € et ne sont valables que pour un seul et unique trajet.
Le réseau de tram dispose de quatre lignes. Les tramways jaunes assurent le service public tandis que les rouges sont touristiques. Pour utiliser ces moyens de déplacement, il faut se procurer une carte rechargeable qui coûte elle-même 0,50 €. Selon les saisons, le prix des abonnements pour cinq jours varie de 15 et 18,50 €. Par ailleurs, le métro comprend peu de lignes, mais elles mènent rapidement au centre-ville. Le métro circule de 6 h 30 à 1 heure.
Il existe deux zones : la première où se concentrent les points touristiques et la seconde est dédiée à la périphérie. Le prix d’un ticket est de 1,25 €. Depuis sa création, le métro de Lisbonne s’est fixé comme objectif de concevoir ses stations comme des lieux d’expression de l’art portugais contemporain. Enfin, des bateaux sont très utilisés comme transports en commun. Durant ce trajet, les touristes bénéficient d’une vue magnifique sur Lisbonne.
À Seattle, ville jumelle de Nantes, les autorités ont réussi à éviter le pire. Elles avaient envisagé un instant de réduire les lignes de bus de 9 %, en raison de la baisse des recettes des impôts liées à la récession et estimées à 213 millions de dollars. Deux tiers des villes américaines ont réduit leur service de bus depuis l’été 2008. En réalité le « Seattle Times » vient d’annoncer que le système actuel est maintenu pour les deux prochaines années. Le plan qui vient d’être arrêté confirme le lancement du nouveau service RapidRide, une ligne de bus jaunes, au plancher plus bas et a trois portes pour un chargement rapide, avec une fréquence d’un bus toutes les dix minutes aux heures de pointe, sur de nouvelles voies réservées et avec de nouvelles stations, une sorte de busway a la nantaise. La première ligne doit ouvrir en juin 2010. D’autres lignes suivront et couvriront un total d environ 80 kilomètres.
50 cents d’augmentation
Pour réussir ce développement prévu depuis 2006, les autorités de Seattle ont décidé d’augmenter leurs tarifs à deux reprises : 25 cents des le 1er janvier 2010 et 25 cents un an plus tard. Les recettes de publicité sur les bus sont attendues à la hausse. La création d’une taxe sur les propriétés complète le projet.
Mais toutes ces mesures ne préservent le service de bus que pour les deux prochaines années.
En fait si le service de bus de Seattle, pompeusement appelé Métro, réussit son projet c’est surtout grâce aux aides de l’état fédéral : Seattle bénéficie en effet largement des aides nationales dans le cadre du programme de stimulation de l’économie décidées à Washington au début de cette année.
R. Maudet


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Lisbonne : bus, tram, métro et bateau