Peu d'habitants de Bouée le savent, mais la villa Cheminée, nouvelle oeuvre d'Estuaire 2009, dévoilée le week-end prochain, est bien érigée sur leur commune. La pointe de l'île où se dresse la centrale de Cordemais appartient en effet à la commune voisine.
Rien de bien grave si ce n'est que l'oeuvre crée déjà des remous dans la petite bourgade de 827 habitants.
Un internaute bien informé a fait part de son étonnement sur notre site :
« Sur cette zone, seules sont autorisées les constructions en rapport avec l'industrie et dans la limite de 9 mètres de haut et bien sûr aucune maison d'habitation n'est autorisée. Les responsables de la DDE locale avaient justement retoqué une première fois le permis déposé par le Lieu Unique. » Vérification faite, deux demandes de permis successives ont bien été déposées pour la Villa cheminée. Un permis d'aménager avait d'abord été refusé le 28 février dernier. Motif :
« La construction d'une habitation ne correspond pas à la destination de la zone », mais surtout
« la hauteur de la construction au faitage serait de 20,20 m » contre une hauteur autorisée de 15 mètres. Un mois plus tard, le 31 mars, un permis de construire pour un « équipement collectif à caractère culturel et de loisir » est accordé par la DDE sur le même terrain pour le même projet.
Quelques élus de Bouée se disent
« indignés par de telles pratiques. Comment faire respecter notre plan d'occupation des sols s'il est bafoué de la sorte ? Quel exemple donne-t-on à nos administrés ? » Du côté de la mairie de Bouée, on n'entre pas dans la polémique :
« Au départ le permis n'a pas été déposé comme il fallait, il a été modifié avant d'être accepté par la DDE et le Préfet, résume simplement le maire Claude Rousseaux.
Je ne vais pas aller contre, je ne suis qu'un petit maire, je me suis plié aux ordres du Préfet. »« Une situation compliquée »Astrid Gingembre, chef de projet pour Estuaire 2009, reconnaît que la situation est «
compliquée, mais si nous n'avions pas eu le droit, nous n'aurions rien fait. Le premier permis a été refusé à cause d'une erreur administrative. »Un projet modifiéLe projet a bien été modifié pour respecter la réglementation : la tour a été reculée d'un mètre pour respecter le recul préconisé et surtout, sa hauteur a été revue à la baisse. Elle est passée de 20 à 15 mètres de haut.
« Pour le permis de construire, nous avions prévu une marge de manoeuvre mais le rejet total nous a forcé à remonter tout le dossier et à fournir de nouveaux calculs et une autre simulation paysagère, complète Astrid Gingembre.
« Nous avons donc organisé une réunion en urgence pour accélérer les choses, mais tout a été fait dans les règles. »Une partie inutiliséeLa chef de projet d'Estuaire 2009 regrette la réaction de quelques Bouésiens :
« Nous avons organisé une réunion publique la semaine dernière et personne de Bouée n'est venu. Cette partie de l'île était jusqu'alors inutilisée. Elle est aujourd'hui occupée par une oeuvre d'art pérenne qui sera aussi un gîte d'étape exceptionnel. »Julie Charrierjulie.charrier@presse-ocean.com