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L'actu de la biennale

vendredi 21 août 2009

La fête se tiendra autour des oeuvres perennes

Jean Blaise dresse le bilan de la biennale d'art contemporain qui n'a pas donné, cette année, dans la démesure technique.

Jean Blaise, cette édition 2009 vous satisfait ?

« Le stress est terminé. On est heureux car il n'y a pas eu d'accident. On a, de plus, le sentiment que le public s'est emparé d'Estuaire et qu'il a compris ce qu'on voulait faire. Ce qui n'était sans doute pas le cas en 2007 ».

Justement, quel est l'esprit d'Estuaire ?

« Estuaire, c'est un projet à long terme qui offre au public une autre relation à l'art. Nous ne sommes pas dans la provocation ; nous voulons offrir au plus grand nombre une collection d'oeuvres. Certaines sont plus controversées que d'autres, mais c'est ainsi ».

Qu'entendez-vous par collection ?

« Ce sont les oeuvres pérennes qui agrémentent le paysage, de Nantes à Saint-Nazaire. Avec l'immeuble des Mutuelles et l'immeuble Coupechoux, nous en serons à 15 oeuvres pérennes fin 2009. L'objectif, c'est au minimum 20 oeuvres pérennes en 2011. C'est une collection chère, mais elle appartient à tous. On essayera de l'équilibrer au mieux sur les différentes communes. Certaines, qui n'ont pas encore d'oeuvres, en auront donc en 2011 ».

Vous avez pourtant été critiqué pour le coût de la manifestation ?

« Beaucoup avant, très peu pendant. En 2011, on n'aura pas plus de moyens mais les collectivités territoriales continueront à nous suivre. Et je suis persuadé, aussi, que nos partenaires privés seront encore là ».

N'est-ce pas une manifestation très élitiste tout de même ?

« Non. Estuaire touche tous les publics. Les enquêtes sont là : cette année, 30 % des visiteurs étaient extérieurs à la région Pays de la Loire. C'est un chiffre largement supérieur à 2007. Ils sont en particulier venus de Bretagne et de la région parisienne. Le grand public ne vient pas spécialement au Lieu Unique mais se déplace sur Estuaire. On est même reconnu dans le monde des arts ».

Justement, au niveau fréquentation, quels sont les chiffres ?

« Il y a eu énormément de visiteurs, mais davantage sur les sites que dans les salles ou les musées. Avec une exploitation moindre, on arrive à 720 000 visiteurs contre 680 000 en 2007, soit une hausse de 37 %. On est donc au-dessus dans l'absolu. Et sur les sites, tout le monde avait son petit livret : c'était en fait une sorte de jeu de piste pour le public qui découvrait un territoire ».

La fréquentation a-t-elle été la même tout au long de la manifestation ?

« Pas du tout. On a vraiment ramé en juin, notamment au niveau de la croisière, alors qu'on avait pourtant baissé la jauge et que le bateau était largement plus performant. C'est pourquoi, en 2011, le lancement d'Estuaire sera retardé pour n'avoir qu'une dizaine de jours sur juin. Mais la manifestation se poursuivra jusqu'à la première semaine de septembre ».

Pas de canard, pas de maison qui coule. Estuaire 2009 a été très calme ?

« Techniquement, sans aucun doute, même si l'on ne travaille que sur des prototypes. Du moins côté public. Car on a eu des soucis avec les loups qui creusaient des trous pour sortir de leur grand enclos au château des ducs, avec le pendule de Trentemoult dont il a fallu changer le moteur, ou encore avec le banc de Couëron... C'était moins tape-à-l'oeil mais cela correspondait plus à une logique d'événement ».

Adieu canard, adieu maison ?

« Le canard, c'est terminé. Le procès suit son cours et on espère avoir de bonnes nouvelles à la rentrée. La maison reviendra en 2011 ».

Que pouvons-nous donc attendre en 2011 ?

« On organisera des fêtes autour de chaque oeuvre pérenne pour la troisième et dernière édition. De même, les croisières gustatives et clubbing (un vrai succès) seront renouvelées plus souvent. Tout n'est pas fixé, mais il est certain que Tatzu Nishi trouvera un nouveau lieu pour créer une chambre. Ce sera moins loin de Nantes que Cordemais ».

Et ensuite ?

« Ce sera terminé. On poursuivra le travail autour de l'estuaire et il y aura sans cesse des événements, des petits projets comme des grands. On va essayer de s'introduire dans les grands projets d'aménagements. Ainsi, à Paimboeuf, on travaillera avec la municipalité pour l'aménagement des quais, pour aller chercher le plus ».

Estuaire, c'est politique ?

« C'est incontestablement un projet de gauche. N'oublions pas que les lieux de culture sont des espaces de liberté. Et on essaye de s'autocensurer le moins possible. J'aurai aimé en discuter avec les jeunes de l'extrême gauche qui sont venus saccager le Lieu Unique. Leur langage était vide, artificiel. C'est dommage ».

Propos recueillis par Philippe Corbou
 

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