Les cinq grands ratés d'Estuaire
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Le Canard géant de Florentjin Hofman a fait flop et malgré les promesses initiales, il ne reviendra plus.
Le canard, emblème de la manif, est le revers le plus cuisant. D'autres promesses n'ont pas été tenues. Jean Blaise répond.
1. Canard boiteux
L'histoire est cruelle : le Canard géant de Florentjin Hofman, érigée en mascotte d'Estuaire, a fait pschitt. Terrassé par de vulgaires problèmes de gonflage. Longtemps, Jean Blaise, créateur d'Estuaire, a promis que le canard prendrait sa revanche dès 2009. Mais non. « C'est bel et bien terminé, indique Jean Blaise. Nous sommes en procès avec le fabriquant. Le canard, aujourd'hui, ne vaut que par la performance. Si on le fait juste pour montrer que l'on est capable de le faire, ça ne sert à rien. L'effet de surprise est passé. » Ironie du sort : les gadgets à l'effigie du coin-coin se vendent comme des petits pains dans les boutiques d'Estuaire.
2. La maison de Lavau
C'était le deuxième gros bouillon d'Estuaire 2007. La Maison sur la Loire de Jean-Luc Courcoult a coulé. Sitôt le naufrage connu, les organisateurs ont promis que l'oeuvre serait sur pied dès 2009. Las. Il faudra attendre 2011, si tout va bien. Une action en justice est engagée contre le bureau d'études en charge du projet. « Je ne souhaite pas remonter la maison avant le procès, déclare Jean Blaise. On sait désormais qu'il faut poser la maison sur des pieux. C'était au bureau d'études de nous avertir qu'en posant la maison directement sur la vase, elle finirait par verser. »
3. Station météo différée
On attend toujours les néons de François Morellet sur l'immeuble des Mutuelles de Loire-Atlantique, néons épousant la couleur du temps. Cette installation-phare devait illuminer l'édition 2009 dès juin. Pas de chance : le projet a pris du retard à l'allumage. « Ce n'est pas de notre fait, assure Jean Blaise. Il y a eu un problème d'appel d'offres dans l'opération de rénovation du bâtiment des Mutuelles. » L'indicateur météo sera achevé début 2010.
4. Muscadet sabré
Le public ne verra pas la couleur du Muscadet ensablé. L'oeuvre de François Delagnes devait avoir droit de cité à Frossay. Elle a été déprogrammée après un article de Presse Océan, révélant que l'artiste était soupçonné d'avoir recouru au travail au noir.
5. Hyber en berne
Autre installation qui a fait flop : les Bateaux-arbres de Fabrice Hyber à Cordemais. L'oeuvre, censée devenir une « véritable forêt flottante » d'ici 2011, a été discrètement escamotée du paysage dès 2007.
« L'oeuvre ne peut pas tenir sur la Loire, explique Jean Blaise. Mais on ne l'a pas abandonnée pour autant. On espère la remettre en place bientôt. Pourquoi pas du côté du canal Saint-Félix... »
Yan Gauchard