Royal de Luxe à Berlin (septembre 2009)
Vos photos des géants (juin 2009)
Les géants à Saint-Nazaire (juin 2009)
Les géants à Nantes (juin 2009)
Les Cauchemars de Toni Travolta (octobre 2008)
La révolte des mannequins (février 2008)
1 Vive l’art
D’abord, il y a les œuvres. Au fil de l’estuaire, seul un grincheux serait incapable de dégoter quelques coups de cœur. Les uns fondent devant la Volière musicale conçue par Céleste Boursier-Mougenot, place du Bouffay, à Nantes ; les autres craquent pour le Jardin étoilé du Japonais Kinya Maruyama. Qu’importe les goûts. « L’objectif premier d’Estuaire, c’est de rendre l’art contemporain accessible au plus grand nombre » rappelle Jean Blaise, créateur de la biennale. Sur ce point, force est de constater que le pari est réussi. Car les visiteurs sont au rendez-vous. « Même ceux qui détestent certaines œuvres sont ravis, note Jean Blaise. Les gens savent que ce qui est proposé va les surprendre, les troubler ou même les provoquer. »
2 La découverte d’un site unique
C’est l’un des succès incontestables d’Estuaire et ce, depuis sa création. La biennale « révèle un territoire à des milliers de gens ». Combien d’habitants de Loire-Atlantique ignoraient jusqu’alors les charmes du canal de la Martinière ou de Lavau-sur-Loire ? Grâce à Estuaire, chacun (re) découvre « son » patrimoine et « son » estuaire. Et saisit du même coup la richesse et la fragilité de cet environnement extraordinaire.
3 Retour sur investissement
Estuaire ou la folie des grandeurs ? C’est le cri de guerre des détracteurs de la biennale. « Faux, rétorque Jean Blaise. Sur les 7,8 millions d’euros que coûte la manifestation, 5 millions retournent directement à l’économie locale via les bureaux d’études sollicités sur les projets, les entreprises qui fabriquent les œuvres, ou l’emploi d’une centaine de médiateurs sur les sites. L’argent ne s’évapore pas, au contraire, il est réinjecté dans l’économie. Et la majorité des fonds va à des œuvres pérennes. »
4 La belle audace
En ces temps de crise, Estuaire a le mérite d’apporter du rêve et de l’utopie au pays de Jules Verne. Le pari est ambitieux et prometteur. À l’horizon 2011, Estuaire offrira un véritable parcours artistique, riche d’une vingtaine d’œuvres pérennes. L’art contemporain trop sérieux, voire rébarbatif ? La biennale tord le cou à cette image d’Épinal, multipliant à l’envi les pauses gourmandes et ludiques. Même des concours de pétanque, estampillés avec le logo « Estuaire », fleurissent sur l’île de Nantes. Pas snob pour deux sous, Estuaire.
Yan Gauchard