Quel effet d'être le premier buteur du tout nouveau stade Marcel-Saupin ? « Heureusement, il y a le penalty
(rires) ! On en avait discuté avec Ronnie
(Rodelin) : si la faute était sur moi, c'est lui qui frappait, sinon on inversait. On a tous vu l'action... Je le tire, je le marque. »
Au-delà de ce but « historique », comment vous êtes-vous senti ? « Fatigué. En première période, j'ai plutôt géré mes efforts pour ne pas me mettre dans le rouge. Ensuite, j'ai joué 85 minutes, ce qui n'était pas prévu au départ. Après, je suis allé dans la cage. Ça m'a soulagé. Je me suis un peu reposé
(sourire). »
C'est vite dit car vous sortez un joli coup franc...« Pfff, ce n'est pas le coup franc qui m'a le plus inquiété. Sur le coup, j'ai essayé de me mettre dans la tête de l'attaquant. Car cette situation m'est déjà arrivée, il y a trois ans face à Troyes (1-1), contre un joueur devenu gardien
(Yamissi, ndlr). Je savais alors qu'il fallait juste cadrer. C'est pourquoi, je me suis dis :
« Là, il ne va pas essayer de la mettre au premier poteau (sur sa droite)
mais bien de mon côté. » Elle vient sur moi, je la sors... »
Avez-vous déjà évolué dans le but ?« Oui, une fois. En 13 ans, je crois. J'avais même mis une passe décisive sur un dégagement de 80 mètres du droit !
(rires) »
Vous avez des aptitudes manuelles, on va dire...
(ironique) « Ouais, c'est ça, j'ai failli me casser le ventre en plongeant ! J'ai failli cacher le ballon dans mes intestins
(sic) ! Heureusement, je n'ai pas pris de but. »
Qui a décidé que vous terminiez le match à ce poste ? « On m'a demandé d'en parler avec les joueurs. J'ai dit :
« Je ne vais pas pénaliser l'équipe parce que je suis cuit sachant qu'il fallait encore courir. » Je suis donc allé dans le but. Cissoko voulait également y aller mais je préférais ne pas casser la défense qui marchait plutôt bien. »
Que vous a dit Erwin Zelazny (le gardien n° 2), posté derrière vous ? « C'est lui qui a fait le mur, déjà
(sourire) ! Il n'arrêtait pas de me crier :
« droite, gauche, avance, recule... » J'étais à l'écoute. Il m'a encouragé. Il m'a bien fait « ch... » aussi
(rires). À un moment, je lui ai répliqué :
« Arrête, laisse-moi me concentrer sur mon truc. » Non, c'était super sympa. Il m'a bien guidé. »
Sous les yeux de Gernot Rohr, on suppose que vous aviez à coeur de marquer des points...(chambreur) « Oh, moi, le prochain match, je veux jouer titulaire
(rires) ! Non, je rigole. Que le coach était là ou non, pour moi, c'était avant tout un test. Pour savoir si je suis vraiment bien revenu. J'ai tenu 85 minutes, c'est plutôt bon signe même si, là, j'ai envie de me coucher illico. Mais, bon, ça fait du bien d'être fatigué après un match. »
Combien de temps vous laissez-vous avant de retrouver l'équipe fanion ? (il élude) « Quatre jours avant de la retrouver à l'entraînement. Car je vais demander au coach de me laisser jusqu'à mercredi
(rires)... »
Quel effet de retrouver Marcel-Saupin dans sa nouvelle configuration ? « Ah, ça fait bizarre ! Notamment avec le mur, là-bas
(il le montre, ndlr), qui date de la Révolution de chez nous et parsemé de trous (cf. balles)
(rires)... C'est quelque chose de nouveau. Mais, en même temps, c'est assez sympa car la tribune est digne d'un stade de L2. Quant à la pelouse, elle est un peu bizarre. Elle accroche... »
Enfin, que vous inspire la sortie sur blessure de Tony Heurtebis ?
« Ça m'a fait mal au coeur. Je suis allé le voir. Il a cravaché pour revenir après tous ses pépins. Je sais que, mentalement, c'est dur. Il m'a fait part des moments difficiles qu'il a traversés. Ce succès, au goût amer, il est pour lui. »
Recueilli par Jean-Yves Queignec