« Ça va nous faire drôle »
mercredi 16 décembre 2009
- FC Nantes
Ajacciens de 2007 à 2009, Bernard Ginès (à gauche) et Stéphane Darbion se font un plaisir de rendre visite à leur précédent club.
Ajacciens il y a encore 6 mois, Stéphane Darbion et Bernard Ginès, milieu de terrain et préparateur physique du FC Nantes, évoquent l'AC Ajaccio et la Corse. Discussion avant le match de vendredi.
Quelles images gardez-vous d'Ajaccio ?
Bernard Ginès : « Malheureusement, la première qui vient à l'esprit, c'est le décès du président (Moretti). C'est lui qui a fait monter le club de PH à la L2. Il le tenait. Il y a ces matches où il a fallu se retrousser les manches pour sauver sa peau à deux reprises. »
Stéphane Darbion : « C'est sûr, la disparition du président m'a marqué. Il m'a fait venir. Par la suite, on a vu qu'on était un groupe solidaire. Quant à la qualité de vie, on savoure. Il y a de très jolis coins à visiter. Hors plage, on trouve des trous dans des cours d'eau pour se baigner. »
B.G. : « Sinon, le souvenir, c'est les spécialités locales : charcuteries, fromages... Tu arrives, le mec veut te faire plaisir, il te file du saucisson, du jambon... Une fois que tu es adopté, ils ont le coeur sur la main. »
Que faut-il faire, justement, pour être adopté par les Corses ?
B.G. : « Rien ! Tu restes tel quel et voilà... Il y a deux Corses en fait : le Sud et la Haute-Corse. Avec des mentalités distinctes. »
S.D. : « En restant soi-même, les gens sont très accueillants. Je n'ai jamais eu le moindre souci. »
Parlons football. En fait, vous n'avez jamais lâché l'ACA vu que vous le suivez dans la région...
S.D. : « C'est vrai, on les a vus jouer à Vannes et Angers. Ça nous fait plaisir de retrouver les anciens collègues. Toujours des bons moments. »
B.G. : « Le fait d'avoir connu des moments difficiles, avec des matches à l'arrache, forcément, ça marque. Quelque chose ne s'efface pas. C'est comme ça. »
Quelles sont ses forces et ses faiblesses ?
S.D. : « C'est dur de juger. Ç'a l'air assez costaud cette saison. C'est une des meilleures défenses (4e). Le contexte à Ajaccio est toujours un peu particulier. Faudra être costaud dans les têtes et les duels. »
Qu'allez-vous éprouver en atterrissant, vendredi matin, sur l'île de Beauté ?
S.D. : « Que du bonheur et du plaisir ! »
B.G. : « Moi, ça va me permettre de revoir le soleil avec plaisir (rires) ! L'aéroport étant en bord de mer, avec la montagne proche, c'est assez particulier. »
Qui êtes-vous content de revoir ?
S.D. : « Tout le monde, même si j'ai plus d'affinités avec les Perreira, Fournier - ça chambre mais ils aimeraient bien être à ma place ! -, Debès, Guerriero, Rivière et toute la clique. »
B.G. : « Pour moi, c'est pareil. Même si j'aime bien Thierry (Debès), le plus ancien. On a apprécié des gens du club, des supporters. On va voir comment ils vont nous accueillir (sourire). »
Votre présence va peut-être les calmer un peu...
B.G. : « Je ne sais pas. Ce qui compte, c'est qu'avant et après, ça se passe bien. Pour ce qui est du match, on sait que ça va être la guerre. Comme tous ceux en L2. »
Comment sentez-vous ce rendez-vous ?
B.G. : « On va le jouer pour le gagner, tout simplement. Ensuite, on retrouvera les amis, les collègues. Y'aura peut-être des bières ! C'est peut-être eux qui vont nous aider à monter en L1, hein ! Car ils vont recevoir des équipes bien classées. Je sais déjà que Le Havre ne gagnera pas au match retour (sourire). Ils ont eu des petits soucis... »
Il parait que la pelouse est dans un sale état...
S.D. : « Elle risque d'être difficile et légèrement bosselée. »
B.G. : « Avec Francis, ils ont le meilleur jardinier de L2 (rires) ! Il arrive quand même à l'entretenir. Elle a 30 ans. »
S.D. : « Plus globalement, vu leurs moyens, ils se débrouillent bien. Il y a deux terrains d'entraînement et le stade est en train de s'agrandir. Ça prend un peu de temps mais ils vont y arriver. »
Quel effet de retrouver le stade François-Coty ?
B.G. : « Avec Steph', déjà, on va essayer de ne pas se tromper de vestiaire. On a l'habitude de tourner à droite en rentrant... Sur le banc aussi, ça va nous faire drôle d'être chez les visiteurs, de faire l'échauffement à l'opposé. On va voir la chose de l'autre côté. »
Si quelqu'un « aboie » derrière votre banc...
B.G. : « Je lui dirai de la fermer (rires). Ils vont crier sur les Nantais mais pas sur nous. »
Cela peut-il partir « en vrille » ?
B.G. : « On a eu quelques petites séries pas mal, notamment un Ajaccio-Angers. C'est parti de provocations de Ben Khalfallah. Ils avaient été bien reçus au retour (sourire)... »
Après-demain, ça devrait être calme...
S.D. : « Ce sera un combat. Après, ça dépend comment ça se passera (sourire)... »
B.G. : « S'il y a des tartes qui partent, j'espère qu'on ne sera pas là pour les prendre, c'est tout (rires) ! »
Recueilli par Jean-Yves Queignec