« Aujourd'hui, c'est le foot business »
vendredi 16 octobre 2009
- FC Nantes
Devenu vice-président, Carlo Molinari n'en reste pas moins toujours très accaparé par son club de toujours. Photo Ouest Médias
Carlo Molinari, président de Metz de 1967 à juin dernier (et actuel vice-président, âgé de 76 ans), regrette les années passées.
Comment ça va ?
« Pas trop mal. Sur le plan sportif, on n'est pas trop bien. Il faut qu'on retrouve une efficacité offensive. Ma santé ? Ça va. Mon secret pour être en forme : vivre probablement dans un milieu de sportif (rires). Sinon, excepté quelques excès, pour le reste, « on » est très sérieux. »
Comment occupez-vous vos journées ?
« Je vis toujours avec mon club dans la mesure où mon président, Bernard Serin, n'est là qu'une fois et demie par semaine. Je suis donc au quotidien au club avec notre directeur général. On essaie de faire fonctionner la machine comme elle a toujours fonctionné. »
Devenir vice-président, c'était votre souhait ?
« En effet. Il y a deux ans, j'ai cédé la majorité de mes parts à mon vice-président (Serin). L'an passé, j'ai trouvé bien que ce soit lui qui prenne les rênes. Même s'il n'en voulait pas trop car il n'est pas beaucoup disponible. Être un peu en retrait, ça me fait du bien. C'est très bien comme ça. »
Évoquons Nantes.Avez-vous des souvenirs marquants contre le FCN ?
« Forcément parce que, durant un bon moment, on a été les deux clubs les plus présents en L1. Nantes est monté en 1963, nous en 67. Quand on est descendu, on totalisait 37 saisons d'affilée (en L1). Maintenant, comme dans la vie, tout est remis en question. Là, on a des moments plus difficiles. »
Des confrontations directes, avez-vous des images en tête ?
« Bien sûr. Avec les coupes, sur 35 ans, on doit avoisiner les 80 oppositions. Nantes, ça me rappelle énormément de souvenirs car on a récupéré quelques joueurs... L'un de mes premiers transferts, justement, ce fut Gilbert Le Chénadec. On a eu Hugo Curioni aussi (Claude Simonet, vice-président, m'avait beaucoup aidé puisque M. Fonteneau n'était pas chaud), Sadek Boukhalfa... À l'inverse, certains de nos joueurs sont venus chez vous, comme Vincent Bracigliano. »
Vous qui avez traversé les décennies, quel était le meilleur président du FCN ?
« C'est difficile à dire. Nantes, en général, a eu de bons présidents. Moi, je suis marqué par les deux premiers : Jean Clerfeuille et M. Fonteneau. Qui est resté une quinzaine d'années (1969-1986, ndlr). C'était vraiment quelqu'un de fair-play. Il venait nous féliciter dans le vestiaire après-match quel que soit le résultat. »
Si vous aviez pu enrôler trois Canaris, qui auriez-vous choisi ?
« Déjà, on avait pris un des bons avec Gilbert Le Chénadec. Si j'avais pu associer Budzynski, j'aurais fait la charnière de l'équipe de France. Après, on ne peut pas oublier Henri Michel. À un moment, un garçon nous rendait un peu fou : Angel Marcos. Il était top. La génération 95 ? Elle plaisait à tout le monde. Personne n'était insensible au jeu des Nantais. Ç'a toujours été un excellent club. »
Présider Nantes, ça vous aurait plu ?
« Déjà, il aurait fallu que je quitte ma Lorraine natale. Ça m'aurait posé problème (sourire). Mais pourquoi pas ? C'étaient des gens de bonne compagnie. »
En quelques mots, comment voyez-vous l'évolution du football ?
« C'est complètement différent. Aujourd'hui, c'est le foot business. Tout a changé (mentalités, joueurs...). Ça n'a plus rien à voir. « On » s'adapte en essayant de ne pas être trop dépassé. Désormais, on est toujours à 1 000 à l'heure. À l'époque, on avait encore la chance de pouvoir s'accorder quelque temps pour faire plus ample connaissance. »
Comment jugez-vousle parcours de votre adversaire ces dernières années ?
« Un peu similaire au nôtre. Il paraît difficile d'être toujours au top. Là, on souffre un peu. Mais comme c'est prouvé, la roue tourne. Espérons qu'elle va tourner dans le bon sens. »
Vous voyez les Canaris remonter en fin de saison ?
« En tout cas, ils ont le potentiel pour. J'espère qu'on fera partie des trois. »
Ultime question :la mort vous fait-elle peur ?
« Pas du tout. Je n'y pense pas. Ce n'est pas pour demain (rires). »
Recueilli par Jean-Yves Queignec