« Nous allons gagner 1-0 ! »
vendredi 20 novembre 2009
- FC Nantes
Raymond Cosquéric (au centre) croit aux chances du club détenu par Jacques Piriou (à gauche) et entraîné par Nicolas Cloarec. Christian Rose
Le président délégué de l'US Concarneau en est persuadé : sa formation peut enquiquiner dimanche le FC Nantes.
Monsieur Cosquéric a quelque chose de Louis Nicollin, les dérives en moins... Le verbe haut, le ton cordial mais ferme : l'homme n'hésite pas à vous renvoyer, amicalement, dans les cordes. Entretien très particulier mais réjouissant avec un président délégué - Jacques Piriou détient les clés -, prêt à en découdre.
Est-ce que vous sentez un petit engouement autour de ce match ou non ?
Raymond Cosquéric : « Un petit peu, mais on aura une idée plus précise lorsqu'on remettra les billets en vente. Aujourd'hui, on en est à 2 300 sur 4 500. Il y aura du monde, même si hélas, nous allons devoir jouer un dimanche à 15 heures, au moment où la plupart de nos voisins disputeront la Coupe de Bretagne. »
Votre club est devenu leader du groupe H de CFA 2. Songez-vous à la montée ?
« Absolument pas ! Le but, en début de saison, était de se maintenir : je m'y tiens. »
Mais cela doit vous titiller...
« Oh, écoutez, un championnat est très long. Inévitablement, un « coup de mou » interviendra un jour, car nous n'avons pas un effectif pléthorique. Mais, pour l'instant, les résultats vont au-delà de mes espérances. Un mec, en juin dernier, m'aurait dit qu'on serait bientôt en tête, je pense que je lui aurais foutu une bonne claque, en lui demandant d'arrêter de se foutre de moi (sic) ! »
OK... Quelle est, selon vous, la principale qualité de votre équipe ? On vante beaucoup sa défense...
« Oui, puisqu'on n'a pris que quatre buts après dix journées. Mais on a aussi un très bon milieu de terrain et une belle attaque. »
Vous êtes en train de dresser le portrait du club parfait !
« Disons qu'on a tous les ingrédients pour faire une bonne saison. Mais on est à la merci de cartons, de blessures. Notre équipe est très jeune. La moyenne d'âge est de 21 ans environ. »
Quel a été votre premier sentiment lorsque Nantes est sorti du chapeau ?
« J'étais très heureux ! Même si, avec le recul, on peut penser que c'est un peu tôt pour affronter une telle formation. Cela dit, nous aurions pu tomber sur une DRS, chez elle, et nous « ramasser » (sic). C'est donc un bon tirage. Sportivement, nous n'avons rien à perdre. »
Vous croyez donc en vos chances ?
« Bien sûr ! (Presque vexé) Vous me posez une question, si vous me le permettez, aussi « sotte que grenue », comme dirait l'autre. Si je n'y crois pas, autant déclarer forfait tout de suite ! »
Vu comme ça, vous avez raison... Mais quand on vous dit « FC Nantes » : que vous vient-il spontanément à l'esprit ?
« Moi qui vais bientôt avoir soixante balais, je peux vous dire que ça représente quelque chose ! Quand j'étais jeune, je prenais ma bagnole et j'allais à Nantes voir le match ! Bon, c'est sûr, qu'aujourd'hui, on peut regretter qu'il ne soit plus en Division 1. Enfin Ligue 1, pour parler moderne. »
Certains redoutent votre stade Kérampéru...
« C'est une petite enceinte, sympa. Mais ce n'est plus l'ancien... À l'époque, on peut dire qu'il y avait des chauvins ! Cela dit, cette saison, avec un recrutement beaucoup plus local, on retrouve l'ambiance d'antan. Bernard Blanchet ne vous dira pas le contraire. N'est-ce pas ? (L'ancien Canari, devenu recruteur, est allé superviser Concarneau, samedi dernier contre Dives) »
Pouvez-vous nous dire un mot sur Serge Le Dizet, votre précédent entraîneur ?
« C'est l'ancien président (François Ollivier, démissionnaire en juin) qui l'avait fait venir. Lui, à la fin de la saison, a décidé de partir, malgré notre proposition... Par solidarité, je pense, avec l'ancienne direction. Mais, attention, je n'ai aucune animosité vis-à-vis de Serge, c'est un grand professionnel...
« (Silence) Bon, même si, c'est vrai que financièrement, il nous coûtait, pour un club de CFA 2, relativement cher. Il faut être honnête ! »
En conclusion, pouvez-vous nous délivrer votre pronostic pour... ?
« (Il coupe) Nous allons gagner 1-0 ! »
Dans le temps réglementaire ?
« Attendez ! Je ne vais pas vous dire que Nantes va nous foutre 3-0 (sic) ! »
Bien sûr que non ! Mais vous auriez pu parler de prolongation, de tirs au but...
« Non, non, non ! Pas question ! Même si, dans mes pronostics, je me goure souvent ! »
Recueilli par Etienne Kiss
Concarneau (CFA 2) - FC Nantes, dimanche à 15 heures