Alex Dupont : « Aller au bout »

jeudi 04 février 2010

- FC Nantes

  • Arrivé en mai dernier dans le Finistère, l'entraîneur de Brest fait profil bas à la veille de recroiser la route des Canaris.

    Quel effet d'être au sommet de la L2 ?

    « Tout d'abord, c'est bien d'avoir vite assuré le premier de nos objectifs, à savoir le maintien. On est dans les trois premiers. On va essayer d'y rester le plus longtemps possible et d'aller au bout. »

    Avec neuf points d'avance sur le quatrième, vous devez commencer à penser sérieusement à la L1, non ?

    « Oh oui mais... Vu de l'extérieur, on pourrait penser que lorsque le Stade Brestois se présente sur le terrain, il va l'emporter. Ce n'est pas la réalité. Je ne veux pas que ce décalage s'installe dans les têtes. »

    Quel est le secret de votre réussite ?

    « Aujourd'hui, c'est une (bonne) équipe qui tient la route, avec des mecs bien. On a trouvé l'amalgame entre quelques joueurs cadres et des jeunes qui ont plein de choses à prouver. On se donne aussi les moyens - il faut y croire - de réussir, au travers de la rigueur, la discipline. Maintenant, chacun a son rôle au club : le président préside, l'entraîneur entraîne et les joueurs jouent. »

    Vous y êtes pour quelque chose...

    « Ben, comme tout le monde au sein du club ! Du jardinier à l'entraîneur, on tend vers un même objectif. Il fait bon travailler au Stade Brestois. C'est vrai, on travaille mieux quand on gagne. Quelle est ma place exactement ? Je n'en sais rien. J'ai défini un cadre dans lequel les joueurs peuvent évoluer, je dirais, librement. Mais qui équivaut néanmoins à pas mal de responsabilités. »

    À titre personnel, le fait que vous retrouviez la lumière, ça doit vous faire plaisir ?

    « Oh, ça, c'est seulement flatteur pour mon ego. J'ai une fierté : en 25 ans, je n'ai pas connu un jour de chômage. Tout simplement. Ce n'est pas d'avoir gagné la coupe de la Ligue avec Gueugnon (2000) ou d'avoir qualifié Sedan pour la coupe de l'UEFA (2001)... Après, je suis allé à l'étranger dans des challenges qui étaient vraiment hyper intéressants, que ce soit avec les espoirs du Qatar ou des Émirats Arabes Unis. C'était certainement moins médiatique mais j'ai pris autant de plaisir, si ce n'est plus. »

    Ressentez-vous l'attente de toute une région privée de football de haut niveau depuis des années ?

    « C'est clair. C'était un objectif, à savoir qu'il y ait une communion entre le public et son équipe. C'est à moitié réussi. Il n'empêche : il se passe incontestablement quelque chose. Et, évidemment, le classement fait que ça donne des idées. »

    Évoquons Nantes. À distance, quels sentiments éprouvez-vous à la vue de leur parcours ?

    « C'est une lapalissade : ils espéraient mieux. Il y a beaucoup de joueurs, ce n'est jamais facile de faire prendre la mayonnaise. Tout le monde est déçu : les joueurs, le staff, le public. À Nantes, on attend que l'équipe joue un rôle intéressant. Pas autre chose. »

    Vous gardez un mauvais souvenir du match aller...

    « Ah, oui (rires) ! Mais pas au niveau de la manière. C'était le début de saison, notre jeu se mettait en place. On avait à coeur de se faire respecter à domicile. Sur ce coup-là, Nantes avait été très efficace. On avait reçu une leçon de réalisme. »

    Demain, vous avez une revanche à prendre ?

    « Oh, il n'y a pas de revanche à prendre ! C'est un autre match. Dans un autre contexte. Ce ne sera pas la principale source de motivation. »

    À quel genre de scénario vous attendez-vous ?

    « Il faudra être solide, notamment défensivement. Après, on a, je pense, des armes offensives pour les mettre, parfois, en difficulté. Maintenant, il n'est jamais facile de s'imposer à Nantes. »

    D'un côté, vous êtes en plein boum, de l'autre, Nantes nage en plein doute. Cela peut-il jouer ?

    « Non. Ça reste un match de football. Chaque match a sa vérité. »

    Par le passé, les déplacements à la Beaujoire vous réussissaient-ils ?

    « Non, pas du tout (rires) ! Avec Sedan, Cédric Mionnet s'est bousillé le genou (17 mars 2001). On perd 4-2, je crois (4-1 en réalité, ndlr). Un super match mais le résultat n'était pas bon. Avec Gueugnon, en Coupe de France, on s'était fait éliminer aux penalties (5-3 après un 0-0). L'année où Nantes remporte la Coupe de France d'ailleurs (2000). »

    Question subsidiaire : cela vous plairait-il, un jour, d'entraîner le FC Nantes ?

    (sourire) « La question ne se pose pas. Je n'y ai pas pensé une seconde... »

    Recueilli par Jean-Yves Queignec

     
     
     

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