Le casse-tête de la défense
lundi 21 décembre 2009
- FC Nantes
Mareval, ici aux prises avec l'Arlésien Psaume, et ses partenaires de la défense connaissent une saison difficile. Photo Ouest Médias.
S'ils veulent monter, les Canaris, dotés de la 18e arrière-garde, se doivent de serrer les boulons.
Le constat est terrible. En 18 journées (on vous fait fi du 4-0 essuyé à Troyes en coupe de la Ligue ainsi que du 3-0 enregistré à Concarneau en coupe de France !), le FC Nantes a encaissé la bagatelle de 25 buts. Soit davantage que les trois actuels relégables (Strasbourg et Bastia, 24 ; Istres 23). Ce qui lui octroie une moyenne calamiteuse de 1,39 buts par match. À ce rythme-là, d'ici la mi-mai, Lubos Kamenar aura été cherché 53 fois le ballon au fond de ses filets. Énorme ! À titre comparatif, l'équipe chère à Michel Der Zakarian avait retrouvé la L1 en 2008 avec 34 buts pris. « C'est LE souci majeur » résume Jean-Marc Furlan, ancien défenseur de son état.
Chez le premier non-relégable, avant-hier soir, son escouade, imperméable à seulement trois reprises depuis cet été (Istres, Laval et Arles-Avignon), a encore cédé à deux reprises. « On débute cette rencontre avec une défense qui n'a jamais joué ensemble, explique le successeur de Rohr, bien enquiquiné par ce secteur défaillant. Tall, Shereni, Pierre, Jarjat, cela ne doit pas exister. C'est antinomique avec une montée. Pour finir dans les trois premiers, il faut une défense stable. »
Ce qui n'est pas le cas pour le moment. Jusqu'ici, l'octuple champion de France a en effet utilisé huit défenseurs pour douze défenses différentes (1).
Inouï ! Impossible, de ce fait, de dégager un mur infranchissable, rompu aux automatismes.
Tout comme aucun patron ne se détache vraiment du quatuor défensif aligné, Florian Jarjat - baladé, il est vrai, à tous les postes - ayant baissé de pied depuis sa cote fêlée à Dijon (23 oct.). Ajoutez-y une fâcheuse tendance aux égarements et aux oublis sur coup de pied arrêtés et vous obtenez les explications d'un mal pour le moins récurrent. Et inquiétant. Un mal rédhibitoire pour espérer retrouver la L1 (2).
« À moins de gagner tous nos matches 3-2, 4-3 ou 5-4, sourit JMF, descendu avec Troyes en 2007 en raison de l'instabilité chronique de son arrière-garde. Avant d'ajouter plus sérieusement : « Si on regarde les statistiques, il est compliqué de monter avec la 18e défense. » Comment faire, dès lors, pour stopper l'hémorragie ? Il n'y a pas 36 solutions : fermer les vannes, tout simplement ! Et vite ! « Bien défendre, c'est l'affaire de tous » ont déjà clamé, cette saison, ceux que l'on montre du doigt. Guère verni, l'ancien technicien strasbourgeois doit faire demain sans Pierre, Shereni et Sambou, tous sur le flanc. Du coup, il va peut-être lancer, pour la première fois, le jeune et prometteur Aristote Lusinga.
Preuve, enfin, que ledit secteur de jeu inquiète, les dirigeants nantais veulent recruter deux éléments dans cette seule ligne (lire par ailleurs). C'est dire. À la veille de recevoir le SCO, les Canaris peuvent tout de même se consoler : Angers ne possède que la 15e attaque...
Jean-Yves Queignec
(1) La défense la plus utilisée est la suivante : Jarjat, Pierre, Sambou, Mareval. En 5 journées, elle a encaissé 8 buts. Deux défenses (Tall, Pierre, Sambou, Jarjat et Tall, Pierre, Jarjat, Mareval), alignées une seule fois, sont restées imperméables.
(2) Sur les dix dernières années, en L2, la meilleure défense est toujours montée. La deuxième en faisant de même à huit reprises. Guingamp (2000) et Troyes (2005), respectivement 10e et 15e du classement des arrière-gardes, font office d'exception.