Le club des bords de l'herbe
jeudi 31 décembre 2009
- FC Nantes
Jonathan Huet rebouche les derniers trous laissés par les joueurs sur le terrain numéro 1. Photo Ch.G.
Grâce à Jonathan Huet, les Canaris disposent d'un nid douillet à l'année. Dialogue avec leur jardinier.
Pour faire un club de football, prenez une bonne fourchette de (bons) joueurs, saupoudrez avec un entraîneur, ajouter une pincée de ballons et mijotez le tout dans de belles installations. Pour cette ultime étape, prière d'être particulièrement attentif à la pelouse. Pas trop grasse ni trop sèche, arrosée mais pas inondée, tondue sans en faire un green de golf. L'alchimiste de tous ces ajustements s'appelle Jonathan Huet, lui-même assisté de Pascal Robin. Les deux hommes appartiennent à la société vendéenne Sporting Sol et bichonnent au quotidien les 7 hectares d'espace des 14 sur lesquels s'étend site de la Jonelière. Les quatre terrains en herbe, deux pour les pros et le reste pour les jeunes, ajoutés aux trois surfaces synthétiques, exigent une délicatesse de tous les instants. « Il faut remettre tout en état après les entraînements car les tacles, par exemple, font des trous », confie Jonathan. Et quand c'est vraiment trop abîmé, comme c'est le cas dans les zones des deux buts du terrain numéro 2 en contrebas, alors on sème quelques graines avant de recouvrir par une bâche. « C'est une couverture P30 qui réchauffe la pelouse, indique le jardinier en montrant l'endroit. Cela permet de gagner jusqu'à 4°C. »
En hiver, attention au gel !
Évidemment, le travail varie selon les saisons. L'hiver, l'ennemi juré reste le gel. Pour lutter contre, « il n'y a rien à faire », explique Jonathan. Tout juste répand-on un peu de sable pour absorber le surplus d'humidité. Le mot d'ordre, dans ces conditions, est d'éviter de trop piétiner le gazon. Autant dire que l'absence des Canaris, trêve oblige, tombe donc à pic. Dès le retour des beaux jours, au printemps, on taille le pré et on nourrit la terre avec des engrais.
« Ce sont des granulés écologiques qu'on disperse et qui servent aussi à éviter les maladies, traduit Jonathan. Sinon on passe la tondeuse, et on remet de la gomme sur les synthétiques. »
Si tout cet entretien assure la longévité des terrains, encore faut-il qu'il n'y ait aucun défaut de fabrication ! À ce titre, le terrain numéro 1 (qui jouxte le bâtiment administratif) pourtant refait il y a cinq ans environ, accuse déjà des signes de fatigue.
Un sacré problème quand on sait qu'une aire de jeu digne de ce nom peut servir au moins un quart de siècle !
Charles Guyard