Les Canaris en questions
dimanche 04 mai 2008
- FC Nantes
Mamadou Bagayoko, pris ici dans la tenaille picarde, tenta de sonner la charge en deuxième mi-temps. En vain malgré un but inscrit sur penalty. Photo
Pierre Minier/Ouest Médias
Pour avoir raté leur début de match à Amiens (1-2), les Canaris, déjà en vacances, ont du même coup dit adieu au titre de champion de L2. Retour sur une sombre soirée.
Quelle était l'ambiance, côté nantais, à la Licorne ?
Étrange. Les dirigeants de la Maison jaune ont passé beaucoup de temps, avant-match, à discuter dans le couloir menant au vestiaire. De quoi ont-ils parlé ? Sans conteste de la saison prochaine et des éléments restant à recruter. Et il y a du boulot !
Quant aux joueurs, certains, notamment au moment de la photo d'équipe juste avant le coup d'envoi, plaisantèrent. Pour le début de match que l'on sait... Après la rencontre, du fait d'un décollage « rapide » de Beauvais, les Canaris, dont certains se posent des questions sur leur avenir, s'envolèrent subitement, évitant soigneusement caméras et micros...
Qui est ressorti du lot ?
Pratiquement personne. Une nouvelle fois, Tony Heurtebis a fait son match, sortant deux ballons brûlants (2e et 66e). Le gardien nantais, délaissé par sa défense sur l'ouverture du score, provoqua certes le penalty en question mais il n'a absolument rien à se reprocher.
Sur le fil du rasoir, la défense centrale (Guillon-Poulard) fit ce qu'elle peut face aux remuants Buengo-Fiorèse.
Mamadou Bagayoko, pour sa part, tenta bien de sonner la charge après le repos - il transforma le penalty qu'il provoqua, pour sa dixième réalisation de la saison - mais le Malien fut trop esseulé.
Les entraîneurs sont-ils satisfaits de leur prolongation de contrat ?
Rien n'est moins sûr. Certes, ils poursuivent l'aventure en Ligue 1 et sont couverts, quoi qu'il arrive, durant une saison mais Michel Der Zakarian et Baptiste Gentili auraient préféré, et de loin, un contrat plus long (deux ou trois ans par exemple). À l'arrivée, ils ont dû se plier aux conditions présidentielles (lire nos éditions d'hier).
« On repart sur un an, a éludé « MDZ » lorsqu'on l'interrogeait plus précisément sur ses desiderata. On va essayer de réaliser du bon travail. » Plus que jamais, une épée de Damoclès plane au-dessus de la tête des deux techniciens nantais.
Si l'arrivée d'un manager général n'est pas abandonnée, Waldemar Kita reste évasif sur son identité. « J'ai le profil. Il faut que l'on innove. Mais je ne ferai pas pour faire. »
Les Canaris joueront-ils le jeu jusqu'au bout ?
À voir. En Picardie, les Jaune et Vert n'y étaient pas. « Il y a eu un relâchement que je ne qualifierais pas de logique mais explicable avec la montée », assène, amer, Michel Der Zakarian.
« En première mi-temps, on n'a pas joué, fulmine Loïc Guillon. Ce n'est pas normal. » Yoann Poulard appuie. « Ce n'est facile de rester dedans quand l'objectif est atteint. Si on ne veut pas galérer (sur les deux derniers matches), il faudra élever notre niveau de concentration. »
Lundi prochain, les inconditionnels de la Beaujoire, parés pour la fête, n'apprécieraient pas une telle absence. « On doit retenir la leçon, prévient Guillaume Moullec. Il faudra prendre la venue de Guingamp au sérieux pour faire plaisir à notre public. »
Jean-Yves Queignec