Djamel Abdoun, William Vainqueur, Ibrahim Tall, Mathias Coureur, Ténéma N'Diaye, Loïc Négo et Ismaël Keita ont un point commun. Musulmans, ils viennent, depuis samedi, de débuter le ramadan.
« C'est une période importante »,déclare Mathias Coureur, qui sent une solidarité plus marquée qu'à l'accoutumée avec ses complices. « C'est un mois de sacrifice. Un mois où l'on essaie d'éviter tout pêché. On essaie d'avoir le comportement du prophète. » « Ça fait partie des cinq piliers (avec la profession de foi, la prière, l'aumône et le pèlerinage à la Mecque) de l'Islam » corrobore Ibrahim Tall, qui observe ce rite depuis l'âge de 12 ans. « Ce n'est pas facile. » Pour preuve, les repas qu'il faut prendre avant l'aube et après le coucher du soleil. « Le matin, il faut bien manger », explique le latéral droit nantais. « Pour avoir des forces et ne pas être en hypoglycémie aux entraînements. Là, je me force à avaler des céréales, des féculents, des fruits. Il faut aussi bien boire. Le docteur nous a prescrit des vitamines. Ça nous aide à tenir. » Sûrement pas de trop vu la longueur des journées, à cette période de l'année. « Au bout de 2-3 jours, on prend l'habitude », assure-t-il. « Après, ça roule tout seul. » « C'est plus dans la tête que ça se passe » admet Coureur. N'Diaye est moins catégorique. « Vers 17-18h, c'est le plus dur. On ressent la fatigue. Surtout quand il fait chaud. C'est surtout l'eau qui fait défaut. » Du coup, le repas du soir, vous vous en doutez, est vivement attendu. « Ce n'est pas parce que l'on n'a rien mangé durant la journée qu'il faut faire n'importe quoi. Il faut rester dans une ligne de conduite (Tall). »
Très souvent, les intéressés prennent alors deux repas. Un léger suivi, vers 23 h, d'un plus copieux.
« En fait, je bois plus (2 litres) », note Coureur. « Après, je ne mange pas trop. D'ailleurs, je suis « rempli » très vite. » En cette période de restriction (*), les Canaris, ménagés l'après-midi en cas de deuxième séance, ont un brin de chance. Le temps est frais et la période n'est pas chargée en matches.
Titulaire dimanche dernier en CFA2, Mathias Coureur reconnaît : « J'étais un peu cuit en deuxième mi-temps. C'était dur. » En tout cas, Gernot Rohr va demander le maximum à ses hommes, lundi soir à Brest. « Il faut s'adapter »,estime l'entraîneur. « Quand il y a des voyages (plus de 83 km, ndlr), ils peuvent faire des exceptions. Ça ne devrait pas poser de problème, enfin, j'espère ! » En d'autres termes, Tall et N'Diaye mangeront normalement le jour du match. « Pour se rattraper », clame le duo, « on décalera la fin du ramadan (21 sept.) d'une journée. » Dans le Finistère, Djamel Abdoun, lui, respectera à la lettre le jeûne en question, lequel a pour but d'enseigner la patience, la modestie et la spiritualité. « Ensuite », conclut Rohr, « on a la chance qu'il n'y ait pas de matches avant le 14 (Strasbourg). »
Jean-Yves Queignec
(*) L'avis de Philippe Daguillon (kiné) : « Les joueurs changent de rythme alimentaire, d'hydratation. Cela a des répercussions sur tout. Il y a plein de risques de blessures musculaires, de fatigue... On fait attention. On les aide à augmenter la ration de glucides, pour pallier la déperdition de sels minéraux. »