Un avenir en pointillé
jeudi 24 décembre 2009
- FC Nantes
Furlan, mardi soir : « On a l'impression que les gars n'ont jamais joué ensemble, qu'ils ne se connaissent pas, c'est hallucinant ». Photo Ouest Médias.
Battu par Angers mardi, le FC Nantes (7e) a très sérieusement hypothéqué ses chances de remonter en L1.
La Jonelière, le 4 décembre dernier : « Si on ne relève pas les challenges, on ne fait pas ce métier. Et Nantes, ça ne se refuse pas. »
Un peu plus de deux semaines plus tard, Jean-Marc Furlan a eu tout le temps de mesurer l'ampleur du « challenge ». L'ancien coach strasbourgeois, qui se disait « étonné » au soir d'une - pourquoi ne pas le dire ? - encourageante victoire face à Arles-Avignon (1-0), s'est rendu compte, à Ajaccio vendredi puis face à Angers mardi, que le mal était encore plus profond que redouté et, donc, le chantier « énorme, gigantesque. On a l'impression que les gars n'ont jamais joué ensemble, qu'ils ne se connaissent pas. C'est hallucinant ».
Les raisons ? Multiples : un recrutement raté (seuls Darbion, Jarjat et Ba sont à la hauteur des attentes) pour un groupe bâti en dépit du bon sens (Gernot Rohr déplorait, en son temps, l'absence de joueurs de couloir), un vestiaire qui ne vit pas si bien qu'on veut nous le faire croire, des blessures - liées notamment à une condition physique précaire - qui empêchent le coach (Rohr avant Furlan) de pouvoir aligner deux fois de suite la même équipe...
Résultat : à mi-championnat, personne ne miserait un euro sur une remontée du FC Nantes en Ligue 1 en mai prochain. Même si Jean-Marc Furlan, qui au passage s'affranchit de plus en plus de la tutelle présidentielle (De Freitas capitaine, Darcheville deux fois remplaçant et Alonzo préféré à Kamenar) veut encore y croire : « Reprenez les championnats précédents, il y a ceux qui pensaient monter qui ne sont pas montés, moi le premier (avec Strasbourg, ndlr), et d'autres qui étaient « morts » à cette époque-là et qui sont montés. Tant que c'est mathématiquement possible... »
Le problème, que nous évoquions déjà dans nos éditions d'hier, c'est qu'il faut remonter à l'exercice 2001-2002 pour voir une équipe - l'OGC Nice en l'occurrence - accéder à l'étage supérieur après avoir viré à mi-championnat avec 27 points seulement (comme le FCN aujourd'hui). Une vraie exception !
« Avec le foot, tout est possible, insiste Jean-Marc Furlan. C'est pour cette raison qu'il est si populaire. Compte tenu de l'investissement - réel - des joueurs, le brouillard peut se dissiper. Mais il va falloir de la patience. »
À défaut de patience, qualité dont le milieu du football est fort peu doté, le FC Nantes pourrait bien être à nouveau tenté de jouer au jeu du chamboule-tout. Sous-entendu, le mercato a toutes les chances d'être agité sur les bords de l'Erdre. Au risque d'une fuite en avant aux conséquences économiques désastreuses au cas où le club ne monterait pas. Une question de survie, tout simplement !
« On peut engager des joueurs, c'est vrai, tempère le technicien nantais. Les dirigeants sont prêts à faire de gros efforts. Mais, à la limite, ce n'est même pas le problème. L'effectif tel qu'il est actuellement pourrait monter en L1. Pour cela, il faut le faire travailler, reprendre confiance. »
N'est-il pas déjà trop tard ?
Jérôme Le Garrec