Les cyniques avanceront que sa traversée du désert est loin d'être achevée. Deux ans après son débarquement en grande pompe dans la cité des ducs, auréolé d'un aguichant Mondial allemand, Christian Wilhelmsson s'en va rejoindre l'Arabie Saoudite et son intense championnat où milliardaires (joueurs et émirs) se côtoient.
Dans les pas de Ba...
Quelle belle perspective, il est vrai, que d'évoluer en plein « cagnard » dans des stades gigantesques (70 000 en ce qui le concerne) mais dénué du moindre supporter. Que de disputer la Coupe du Prince Faisal... Ou, plus modestement, de suivre les pas d'Ibrahim Ba, Christopher Wreh, Patrick Suffo et consorts. Autant d'éléments prometteurs ayant définitivement enseveli leur carrière sous le soleil des pétrodollars.
Car, soyons clairs, comment justifier le choix de se rendre au Moyen-Orient autrement que par la perspective (parfaitement louable) de s'assurer une confortable retraite.
L'ennui là-dedans est que le Suédois n'a que 28 ans. Et qu'en prendre pour quatre ans ferme revient à se faire hara-kiri. Quoi qu'on puisse penser de lui, n'a-t-il pas réussi six bons mois avec l'AS Roma (Italie) entre janvier et mai 2007 - Idem, enfin presque, à La Corogne (Espagne) en début d'année...
Alors pourquoi s'enterrer dès maintenant, en prenant l'immense risque de se voir privé à jamais d'une sélection avec laquelle il est souvent brillant. Cela s'appelle du gâchis, à l'image de son passage en terre nantaise (13 matches, aucun but). Tant pis.
De l'argent dans les caisses
Au moins dans l'affaire, la Maison jaune aura réussi à en réaliser une petite. Non seulement, le FCN s'est « débarrassé » d'un mirobolant salaire (100 000 € nets, doublez pour le brut), mais, sensationnel exploit, il a de surcroît réussi à récupérer une partie de son périlleux investissement.
Acheté 3 millions d'euros à Anderlecht (Belgique) lors de l'intersaison 2006, « Chippen » a été vendu 1,5 M € à Al Hilal Riyad et non 3,5 M, comme annoncé un temps. « Hein - ! s'exclame Claude Robin. Mais vous êtes fous ! Comment voulez-vous croire que le club saoudien (onze fois champion, excusez du peu, N.D.L.R) puisse se permettre de débourser cette somme pour un tel transfert - Nous ne souhaitons pas communiquer le montant, seulement, croyez-moi, ce n'est pas même pas la moitié. »
Qu'importe, du reste. Les supporters ne retiendront, eux, que la faillite de celui censé faire leur bonheur. Avec son départ, précédé de ceux de Stojkovic, Boukhari et Saïdou, c'est un nouveau pan de l'ère Roussillon - N'Doram qui disparaît. Ne demeure que Cubilier. A priori plus pour longtemps.
Etienne Kiss