Au fil d’un entretien, près du kiosque à musique de la Cité des congrès, Félibien, le guide des mystères de Loire-Atlantique, nous parle de Frédéric Chopin (1810-1849), en cette dernière Folle Journée.
Et si l’on parlait d’amour ?
« Bonne idée ! Sa muse, que dis-je, celle pour laquelle il a tant écrit, n’était autre que la baronne Dudevant, Aurore Dupin. »
Euh… ?
« George Sand, pardi, sans le « s », attention à la faute. Ils s’aimèrent d’amour et de mondanités et vécurent ensemble de 1836 à 1847.
Sachez que Frédéric Chopin meurt deux ans après, en 1849, à l’âge de 39 ans.
Déjà que sa condition physique n’était pas des plus bonnes, elle se dégradera après un séjour à Majorque en Espagne.
L’amoureux y écrira son cycle des 24 préludes. »
Il vivait où avec George Sand ?
« Le couple séjourne à Nohant, une sublime résidence, qui, soit dit en passant vaut aujourd’hui le détour, près de La Châtre dans le Berry. Ils y sont à l’année d’avril à octobre.
Là, Frédéric Chopin compose énormément, il écrira la Polonaise héroïque, la 4e Ballade, la Barcarolle. On sait que George Sand aimait bien materner Frédéric Chopin. »
Comment ça ?
« Hé bien, elle deviendra, après le statut d’amante, un peu sa mère protectrice. Un ouvrage, « Pauline Viardot » de Patrice Barbier (1), dont je vous conseille la lecture, nous en dit un plus.
Elle utilisait même des adjectifs moqueurs mais gentils du style « Chip Chip » ou « Chopino », on lui doit même le terme de « cauchemar chopinesque ». »
C’est mignon, mais pourquoi se séparer ?
« Ah, l’amour, toujours l’amour qui vient et qui s’en va, la passion n’est plus là, une dispute de trop et puis la séparation après neuf ans de vie commune. George Sand avait 34 ans et Frédéric Chopin, 28, quand ils se sont connus. La rupture intervient après que Chopin ait prit partie pour Solange Sand, la fille de George. Ils ne se reverront qu’une fois en 1848 mais, hélas, pas l’année suivante, celle de la mort du pianiste. »
A-t-il eu d’autres amours ?
« Trois de connus : Konstancja Gadkowska, une chanteuse lyrique polonaise dont il était fasciné, on dirait accro aujourd’hui, mais à laquelle il n’osa jamais déclarer sa flamme.
Il a écrit ceci à propos d’elle : « Mes yeux ont surpris son regard. Alors je m’élançai dans la rue et il me fallut un quart d’heure pour revenir à moi. Je suis parfois si fou que c’est effrayant. » La seconde aura pour nom Delfina Potocka, une comtesse de 25 ans. Il jouait du piano tandis qu’elle chantait en lui faisant tourner la tête. Il eut une aventure plutôt brève mais intense, celle-ci étant mariée.
Elle sera là quelques instants avant sa mort. Et puis, il aima Maria Wodziska. Il lui demanda même sa main. Les circonstances de la vie firent qu’elle dût s’éloigner. Ils s’écrivirent mais l’amour s’éteignit petit à petit. George Sand n’allait pas tarder à entrer dans sa vie. »
Stéphane Pajot
(1) Pauline Viardot (Grasset) par Patrick Barbier.
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mercredi 23 mai
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