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Le Pôle régional des musiques actuelles organise douze ateliers et une conférence les 17 et 18 juin.
Ville, communauté de communes, pays, Département et Région autour d'une même table. Tous unis pour conserver un festival sur un territoire. Le tableau est rare. Assez pour être souligné par Chloé Le Bail, vice-présidente des Pays de la Loire.
Hier à Clisson, la benjamine du Conseil régional n'a pas manqué la première réunion du comité de pilotage mis sur pied pour défendre l'avenir du Hellfest à Clisson. Comme promis devant son conseil municipal (Presse Océan du 27 mars), Jean-Pierre Coudrais a pris les rênes de ce groupe de travail. Avec, comme objectif, « la co-construction d'un festival dans sa dimension culturelle, économique et sociale ».
Réponse en fin d'année
En clair, les élus locaux ont la « volonté politique » de garder le Hellfest à Clisson et d'en faire un « véritable projet de territoire ». Première mission : trouver un terrain de repli au festival, obligé de plier bagages en 2012 en prévision de l'implantation d'un lycée au val de Moine.
Les organisateurs ont émis l'idée de transférer la manifestation de l'autre côté de la rocade, entre la discothèque le Looksor et la zone du Fief du parc à Gétigné. « Réaliste », selon Jean-Yves Templier, le président de la communauté de communes.
Reste notamment à trouver un terrain d'entente avec les propriétaires et exploitants des parcelles visées. Un rôle attribué à un comité de médiation en phase de construction. « Nous mandaterons, pour le 4 juin, un cabinet d'experts pour étudier toutes les faisabilités techniques et juridiques, annonce Jean-Pierre Coudrais. Nous devrions ainsi être en mesure de dire si, oui ou non, il existe une possibilité de conserver le Hellfest à la fin de l'année 2010. »
Projet de territoire
Entre-temps, le comité de pilotage et les organisateurs se retrouveront pour définir le projet culturel du Hellfest. « Le festival ne doit plus être un Ovni artistique mais au contraire se rattacher à une démarche globale de territoire », plaide le maire de Clisson. En ligne de mire : la mise en place de synergies avec les pratiques musicales plus classiques du vignoble nantais mais aussi le développement des retombées économiques du festival. « C'est aujourd'hui vrai pour les restaurateurs, hébergeurs et transporteurs. Pourquoi ne pas l'étendre à d'autres domaines : organisation de spectacle, nouvelles technologies, son... » Avant toute chose, élus et organisateurs devront s'entendre sur une jauge (« Il y aura des limites : à 40 000 festivaliers par jour, Clisson étouffe »), la sécurité, l'environnement... Des éléments indispensables au « vivre ensemble ». « Le festival doit se développer de manière pérenne dans le respect du territoire et de ses habitants », note Aymar Rivallin, en charge de la culture au Pays du Vignoble nantais.
Lutter contre les extrémismes
« Il ne faut pas faire du Hellfest un gettho renfermé sur lui-même, martèlent les élus. Sa réussite tient aussi à sa proximité avec la ville. » Ce qui n'est pas sans poser de problèmes. Des hébergements temporaires pourraient ainsi être offerts aux « riverains en souffrance » le temps des concerts. Surtout, les élus promettent une « extrême vigilance » quant à d'éventuels dérapages extrémistes marginaux. « Nous sommes sur le terrain de la liberté, pas de l'interdit. Mais la diversité esthétique comporte aussi un aspect éthique. C'est un engagement moral partagé par les élus et l'organisation. » En ouverture du Hellfest, la question sera au coeur d'un débat organisé par le Pôle régional des musiques actuelles. Pour que « la raison l'emporte sur la passion ».
Rémi Certain
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