L'actu de la campagne à Nantes
Sur les 19 adjoints thématiques et les 6 adjoints de quartiers (5 autres seront nommés ultérieurement afin de couvrir les 11 quartiers de Nantes), le PS, majoritaire, truste 15 postes.
Les Verts, deuxième force politique de la nouvelle majorité, passent de 3 à 4 adjoints, le PC n'en conserve que 2, et 3 élus « sans étiquette » intègrent la nouvelle équipe.
Des fidèles et des promus
Malgré le départ de plusieurs anciens, élus depuis 1989, Jean-Marc Ayrault conserve auprès de lui plusieurs de ses fidèles, aux premiers rangs desquels Patrick Rimbert, Marie-Françoise Clergeau, Alain Robert, Michelle Meunier et Bernard Bolzer, déjà adjoints dans l'équipe sortante, mais aussi les communistes Raymond Lannuzel et Delphine Bouffenie, et les Verts Catherine Choquet, Jean-Philippe Magnen, Ronan Dantec et Pascale Chiron, qui tous « montent en grade ».
Autre promu : Jean-Louis Jossic, qui succède à Yannick Guin au poste très exposé d'adjoint à la culture.
Ce dernier, tout en redevant simple conseiller municipal, est chargé d'un dossier stratégique : l'enseignement supérieur et la recherche.
La relève à pied d'oeuvre
Parmi les nouveaux venus, à noter l'arrivée de Pascal Bolo, un conseiller du maire qui sort de l'ombre pour succéder à Albert Mahé au poste stratégique d'adjoint aux finances.
Autres arrivées remarquées : Ali Rebouh, l'un des fondateurs du collectif du 30-11, créé au lendemain des émeutes de novembre 2005 dans les quartiers, qui prend en charge la vie associative ; Johanna Rolland, la benjamine de l'assemblée, qui se voit confier l'éducation et la jeunesse ; Stéphane Junique (patrimoine et archéologie) et Karine Daniel (relations internationales).
Autant de « petits nouveaux » qui incarnent la relève, et qu'il faudra suivre de près dans les six ans qui viennent.
Philippe Corbou (avec X.B.)

Comme prévu, ce premier tour des municipales 2008 n'a pas
bouleversé la donne politique dans l'agglomération nantaise, où la gauche
conforte ses positions.
Les défaites cinglantes des deux ex-adjoints de Jean-Marc Ayrault, Dominique
Raimbourg à Saint-Sébastien et François de Rugy à Orvault, ont
certes un peu gâché la fête, dimanche soir. Mais ces deux échecs notables mis à
part, ce premier tour des municipales a globalement souri une nouvelle fois à la
gauche sur le territoire de la communauté urbaine.
On ne reviendra pas sur la victoire sans appel de Jean-Marc Ayrault à
Nantes, qui lui permet d'asseoir un peu plus sa position de « patron » de
l'agglomération. Comme lui, tous les poids lourds socialistes de Nantes
Métropole ont été réélus facilement, dès le premier tour : Gilles Retière à
Rezé, Jean-Pierre Fougerat à Couëron, Charles Gautier à
Saint-Herblain, Christian Couturier aux Sorinières ou encoreJean-François Retière à Mauves.
Relève assurée
Même chose dans les communes gérées par la gauche et dont les maires sortants
ne se représentaient pas : partout, leurs successeurs désignés l'ont emporté
haut la main. C'est le cas de Valérie Demangeau au Pellerin, de Pascal
Pras à Saint-Jean-de-Boiseau et de Fabrice Roussel à La
Chapelle-sur-Erdre, trois nouveaux venus qui incarnent la relève.
Arrivés aux commandes de leurs communes respectives en cours de mandat, à la
faveur d'élections anticipées, Michèle Gressus à Bouguenais, Liliane
Plantive à La Montagne,Jean-Yves Le Drenn à Indre et
Bernard Aunette à Sainte-Luce ont, eux aussi, été confirmés dans leurs
postes dès le premier tour. À Brains et à Saint-Léger-les-Vignes,
les maires PS sortants, Jean-Pierre Legendre et Jacques Gillaizeau, sont
également réélus.
Bouaye repasse à gauche
À Bouaye, la sortante centriste Marie-France Burgaud, qui ne l'avait
emporté que de cinq voix en 2001, a cette fois été largement battue par le
socialiste Jacques Garreau. Enfin, à Saint-Aignan-de-Grandlieu, le
centre-gauche Jean-Claude Lemasson, étrille littéralement (avec plus de 73 % des
suffrages) son adversaire Yann Repic, dauphin désigné du maire sortant divers
droite Jean-Pierre Guilbaud, qui ne se représentait pas.
Au total, dix-sept des vingt-quatre communes de Nantes Métropole vont donc
être gérées par la gauche à l'issue de ces municipales.
La droite conserve ses bastions
Sans surprise, l'UMP Laurent Dejoie a facilement été réélu dans son fief de
Vertou. Victoire facile, également, du centre droit Joseph Parpaillon à
Orvault, du « sans étiquette » Joël Guerriau (ex-UDF, ex-UMP) à
Saint-Sébastien et du sortant Claude Guillet, successeur de Gisèle
Gautier, à Carquefou, malgré la présence d'une deuxième liste de
droite.
À Basse-Goulaine, le successeur de Serge Poignant, Alain Vey, en
ballottage très favorable, devra en revanche patienter jusqu'à dimanche pour
retrouver son siège. La droite devrait aussi conserver Sautron,où
Marie-Cécile Gessant, ex-première adjointe du maire sortant Claude Brétécher, a
largement distancé son dauphin désigné, Alain Besso, et le socialiste Dominique
Gautier. Incertitude en revanche à Thouaré, où le duel du second tour
s'annonce très serré entre le sortant Pierre Aillet, soutenu par l'UMP, et le
socialiste Bernard Chesneau.
Xavier Boussion

Une victoire claire, nette et sans bavure. En l'emportant
dès le premier tour avec 55,7 % des suffrages, Jean-Marc Ayrault a une nouvelle
fois mis tout le monde d'accord.
Malgré la présence de sept listes en compétition, une profusion qui rendait
plausible l'hypothèse d'une (ré)élection en deux tours, le maire PS sortant, qui
partait archifavori, s'est imposé aussi facilement que lors des précédents
scrutins.
Il s'offre même le luxe d'améliorer son score par rapport à 2001 (54,94 %),
en réunissant sur son nom plus de 55 000 voix et en distançant sa principale
rivale, Sophie Jozan, de près de 26 000 voix. Le tout sur fond de participation
en hausse sensible : plus de 55 %, contre 51 % il y a 7 ans.
Pas le moindre signe d'usure, donc, pour celui qui tient fermement les rênes
de la sixième ville de France depuis 1989, et qui devient ainsi le premier maire
de Nantes, depuis Ferdinand Favre (1832-1848 puis 1852-1866), à décrocher un
quatrième mandat. Au passage, Jean-Marc Ayrault obtient un élu de plus et repart
pour six ans à la tête d'une équipe de cinquante-deux adjoints et conseillers
municipaux.
L'UMP à l'étiage
Désignée par l'UMP pour partir à l'assaut de la « forteresse Ayrault »,
Sophie Jozan, malgré une campagne honorable, n'a pas réussi à faire mieux que
ses prédécesseurs. À quelques dizaines de voix près, elle frôle tout juste la
barre des 30 %. En 2001, Jean-Luc Harousseau avait fait quatre points de mieux,
avec il est vrai deux listes de moins en présence.
La candidate de la droite nantaise, qui obtient dix élus, n'a pas réussi à
mobiliser au-delà de son électorat traditionnel. Elle a sans nul doute pâti d'un
contexte national plutôt favorable à la gauche, mais aussi de la présence de la
liste MoDem, emmenée par Benoît Blineau, qui a davantage mordu à droite qu'à
gauche.
Les espoirs déçus du MoDem
Fort du score obtenu par François Bayrou à Nantes lors de la dernière
présidentielle (21 %), Benoît Blineau pensait être en mesure de jouer les
trouble-fête de ces municipales 2008. Voire même de se maintenir au deuxième
tour s'il franchissait la barre des 10 %. Ses espoirs ont été déçus : avec tout
juste 6,5 % des suffrages et deux élus au conseil municipal, le MoDem ne peut
prétendre peser véritablement dans le paysage politique nantais.
L'extrême-gauche perd son élue
Seule représentante de l'extrême-gauche au conseil municipal depuis 2001,
Hélène Defrance a perdu son siège hier. La porte-parole de Lutte ouvrière, qui
obtient tout juste 1,5 % des voix, paie là le prix de son refus de faire liste
commune avec la LCR et les indépendantistes bretons d'Emgann.
Avec un peu plus de 3,7 % des suffrages, Thierry Fourage et ses colistiers de
« Nantes, à gauche toute ! » s'en tirent un peu mieux. Mais ils ne réussissent
pas à atteindre la barre des 5 %. Avec les 890 voix recueillies par la liste
conduite par Jean-Pierre Bréus (Parti des travailleurs), l'extrême-gauche,
partie en ordre dispersée, ne réunit qu'à peine plus de 6 % des suffrages.
La liste « Culture (S) à Nantes » ne pouvait guère espérer faire mieux que de
la figuration. Avec ses 1 789 voix, l'objectif est atteint.
Xavier Boussion

Pourquoi avoir choisi de nous recevoir devant le stade
Marcel-Saupin ?
J'ai choisi un quartier qui est le symbole de la métamorphose de la ville.
Saupin, une histoire à laquelle les Nantais sont attachés et je n'ai pas envie
de l'effacer. J'ai eu l'idée en visitant Amsterdam. Comment réussir la modernité
de la ville sans en effacer sa mémoire ? On pouvait construire tout en gardant
le stade.
On est à deux pas de la grande gare du XXIe siècle qui est au
coeur de l'intermodalité des transports. C'est aussi la dynamique EuroNantes
avec le mail qui transforme le quartier. Ce sera également l'arrivée de la
future ligne 5 de tram qui traversera l'île de Nantes. Il y a d'un côté la
rénovation d'un quartier d'habitat social et de l'autre, l'île de Nantes où on
va faire un quartier d'ambitions pour tous. Ce lieu est porteur de sens et
surtout, pour la ville, porteur d'avenir.
Comment définiriez-vous Nantes en une phrase ?
Difficile (soupirs). C'est une ville d'estuaire tournée vers le grand large
et qui est un grand rassemblement d'énergie et de talent qu'il faut continuer à
mettre en mouvement.
Quels sont vos passions et loisirs hors politique ?
Préserver en permanence un espace privé et familial. J'aime également marcher
en ville, le long des cours d'eau, au bord de l'océan. Sans oublier la lecture :
j'ai toujours trois bouquins de front, une biographie, un roman et un
policier.
« Une certaine réserve »
Quels sont vos points forts et vos points faibles ?
Ma volonté, ma détermination et mon énergie. Et dans les fonctions de maire,
l'ambition pour Nantes, être capable de faire travailler en équipe les gens,
avec la qualité d'être attentif et à l'écoute. Mon point faible, c'est une
réserve que certains qualifient de distance et d'autres de marque de respect et
de sérieux.
N'avez-vous pas parfois envie de faire autre chose ?
La politique, au sens d'exercer un mandat ou une responsabilité, n'est pas
une vocation à vie mais l'engagement, si. Je ne me vois pas arrêter tout.
J'aurais pu être syndicaliste, responsable associatif. Je ne me vois pas
autrement que citoyen actif.
C'est peut-être votre quatrième mandat à Nantes, votre sixième dans l'agglo.
N'y a-t-il pas une certaine usure ? Comment continuer d'avoir envie ?
Je suis candidat car tout ce qui a été entrepris là doit être consolidé. J'ai
un rôle important à jouer dans cette nouvelle étape. Et j'ai la même passion de
la ville. Si je n'avais plus envie, plus de désir, cela ne marcherait pas. Tout
n'est pas achevé à Nantes.
Le Jean-Marc Ayrault de 27 ans à Saint-Herblain et celui de 58 ans à Nantes
sont-ils les mêmes ? Qu'y a-t-il de changé ?
Beaucoup d'expérience et une plus grande sérénité mais toujours la même
passion, la même ambition pour que la politique ne soit pas que des mots.
J'exige et je m'impose la politique par la preuve.
« Pas aussi longtemps que Ferdinand Favre »
Est-ce votre dernier mandat ?
C'est difficile d'être candidat pour un mandat de six ans et de dire que
c'est le dernier.
Je ne suivrai pas l'exemple de Ferdinand Favre, je rassure les Nantais
(NDLR : il est resté maire de Nantes jusqu'à 86 ans, de 1832 à 1848 puis de 1852
à 1865).
Vous avez parlé de relève générationnelle ? Au plan politique ou dans
d'autres secteurs ?
Tout le monde y est confronté, le chef d'entreprise comme le milieu
associatif. C'est la même chose au niveau économique, social, culturel et
intellectuel.
La question de la préparation de l'avenir, des nouvelles équipes se pose à
toute la société. Et puis ses seniors qui vont partir ont un rôle actif à jouer
dans la société.
Le « système Ayrault » qui cumule mairie, CUN, SEM et autres satellites,
existe-t-il ? Y a-t-il des contre-pouvoirs ?
Des contre-pouvoirs, on en a construit et on va en construire d'autres. La
règle du jeu sera toute nouvelle. Je récuse la notion de système mais je
revendique la méthode. Je suis un maire fédérateur de tous les projets nantais.
Je dois voir loin, anticiper et agir près. Je suis aussi animateur d'une équipe,
je sais faire confiance. Cela nécessite un rôle d'arbitrage, une autorité. Je
n'ai pas peur de dire que je suis un patron. Mais je parle avec tout le
monde.
Certains évoquent un groupe d'une cinquantaine de collaborateurs (cabinet,
ville, communauté urbaine, groupe PS) travaillant pour vous et une garde
rapprochée qui, à Nantes, contrôle et verrouille, empêche les autres élus
d'exister. Vrai ou faux ?
Je récuse totalement cette critique car si c'était le cas, on n'aurait pas
obtenu autant de résultats. La ville ne se serait pas métamorphosée à ce point
si tout était verrouillé par un petit groupe de gens. En revanche, qu'il y ait
une équipe de confiance, oui. J'essaye de m'entourer de collaborateurs qui sont
loyaux, fidèles et qui sont la garantie que la structure fonctionne.
« J'aimerais aller plus vite »
Le cumul des mandats que dénonçait Ségolène Royal est-il une bonne chose ?
Comment être disponible, prendre du recul ?
Je suis deux jours à Paris et cinq jours à Nantes. Et quand je suis à Paris,
je m'occupe de certains dossiers nantais. Évidemment c'est lourd et viendra
peut-être le jour où cette possibilité de cumuler les mandats n'existera plus.
J'assume pleinement cette réalité. Mais ce n'est pas au détriment de Nantes,
bien au contraire.
Être super-favori est-il un avantage ou un risque ?
Ça peut démobiliser l'électorat. Une campagne électorale, c'est un devoir, un
rendez-vous citoyen, un respect des gens. Nantes est à une nouvelle étape de son
histoire, il ne faut prendre aucun risque de retour en arrière. C'est un nouveau
contrat, pas un chèque en blanc que je veux passer avec les Nantais. Ma campagne
a un enjeu : donner toutes ses chances à Nantes et aux Nantais. La mobilisation
doit donc importante.
Pensez-vous qu'il y aura un ou deux tours ? Vous imaginez-vous battu ?
J'ai confiance dans le bon sens et le choix des Nantais. Je crois qu'ils ont
envie que ce qui a été entrepris se consolide. Premier ou deuxième tour, c'est
le choix des électeurs, je le respecterai.
Après trois mandats à Nantes, de quoi êtes-vous le plus fier ? Y a-t-il eu
des ratés ?
D'avoir remis la ville en mouvement et d'avoir fédéré les forces pour les
faire travailler ensemble, y compris lorsqu'elles n'étaient pas de mon bord.
C'est la clé de la réussite. La belle endormie s'est réveillée. Pas de raté,
non, mais une insatisfaction. J'aimerais aller plus vite. Le temps n'est pas le
même pour tous. Je ne veux pas d'une ville à deux vitesses.
Comment jugez-vous Sophie Jozan et Benoît Blineau ?
Je les respecte car se présenter c'est un engagement. Je sais ce que ça
représente. Mais je remarque que je suis le seul à faire campagne dans les
quartiers populaires et le centre-ville.
Êtes-vous satisfait de cette campagne ? Les temps forts, les regrets ?
Je retiens le meeting du 11 février à la Cité des congrès. Certains ont dit,
là Jean-Marc Ayrault, il a fendu l'armure. J'ai donné à fond tout ce que j'avais
en moi. Ensuite, ce sont les contacts avec tous les Nantais, à l'image de samedi
dernier où j'ai fait huit heures pour huit quartiers. C'est un souvenir
inoubliable. Mon seul regret, c'est de ne pas avoir vu tous les Nantais.
Vous êtes élu, quelle est votre première décision ?
Organiser dans les trois mois une conférence sur la question de l'accès à
l'emploi. Mettre en place l'école de la deuxième chance, mais aussi la réussite
éducative et scolaire dans toutes les écoles.
Propos recueillis par Philippe Corbou
Défi considérable
« Je suis à Nantes parce que je suis chez moi et que je n'imagine
pas qu'il puisse y avoir un combat politique où je n'apporte pas mon soutien.
Nantes, c'est un défi politique considérable que Sophie Jozan a décidé très
courageusement de relever, avec beaucoup de professionnalisme, de rigueur et de
coeur. Face à la forteresse municipale, départementale et régionale elle incarne
un vent nouveau, un vent de liberté. Les combats doivent être d'abord conduits
avant d'être gagnés. Nantes n'est pas à gauche pour l'éternité, d'ailleurs
l'éternité en politique, cela n'existe pas ! » a affirmé
François Fillon.
Bleu
Écharpe bleue pour Sophie Jozan et tous ses colistiers, jeunes en tee-shirts
blancs, Marseillaise entonnée à la fin du meeting, un public visiblement adepte
du ton Fillon, le rassemblement de tous les ténors de l'UMP de Loire-Atlantique,
tous les ingrédients étaient réunis pour faire de ce dernier et seul véritable
meeting de campagne un rendez-vous réussi, là même où il y a un peu plus d'une
dizaine de jours, Jean-Marc Ayrault avait tenu le sien.
Cible : Jean-Marc Ayrault
François Fillon mobilisé pour « la défense de la valeur de
l'intérêt nationale et la victoire de l'intérêt général » n'a pas
épargné un Jean-Marc Ayrault qu'il juge « vindicatif et peu imaginatif
à Paris » et contraint à « un pragmatisme politique à
Nantes », soulignant « qu'à Nantes la fiscalité locale
n'est pas sans reproche » et qu'à « la Région le budget
consacré à la communication représente le double du budget
environnement ». Et d'ajouter : « La Ville de Nantes n'a
aucune chance de devenir une capitale européenne sans croissance et sans
compétitivité de la France, et la France ne peut exister que si elle n'a pas de
grandes métropoles qui rayonnent sur l'Europe tout
entière ! ».
« Sans mollir »
Jean-Luc Harrousseau, chef de file de l'opposition à la Région et ancien
candidat à la mairie de Nantes en 2001 avec Sophie Jozan pour colistière, est
apparu comme le lien entre le Premier ministre et la candidate. « Nous
sommes fiers de notre Premier ministre. Mais aussi de ce qu'il a engagé
lorsqu'il en était président, pour faire de la région des Pays de la Loire, une
région dynamique et innovante » ajoutant « Nous nous
battons pour contraindre Jean-Marc Ayrault à un deuxième tour » après
que Sophie Jozan a lancé : « Soyons courageux et passons en force à
travers les zones de turbulences, sans mollir ! ».
Eric Cabanas
Pourquoi avoir choisile stade de Procé pour nous recevoir ?
Je le trouve magnifique. C'est un des plus beaux stades de France. Il est inclus dans le parc de Procé et permet de bien se détendre vis-à-vis de la vie trépidante de la ville. C'est aussi un lieu associatif qui appartient à la municipalité. Pour tout jeune Nantais, c'est très important de pouvoir accéder à ce type de lieux, tant en culture qu'en sport. Car je ne veux pas faire de distinguo entre les deux. C'est un lieu d'épanouissement totalement différent du contexte scolaire, une véritable école de vie. C'est là que je suis arrivé à 13 ans. J'ai pu y apprendre la conscience politique.
Comment définiriez-vous Nantes en une phrase ?
Nantes est une ville d'eau, même si on l'oublie souvent.
Quels sont vos passion set loisirs hors politique ?
Le sport en premier lieu, mais aussi les voyages. C'est pourquoi je travaille beaucoup pour avoir l'occasion de voyager avec ma famille.
Quels sont vos points forts et vos points faibles ?
Mon point faible, c'est certainement de manquer un peu de rigueur. Mais je ne suis pas quelqu'un de torturé. Je suis ouvert, j'aime bien la vie.
Qu'est-ce qui vous a amené à la politique et depuis quand ?
J'ai commencé en politique il y a 15 ans, en 1993, à partir de mon club d'athlétisme. C'est parce que je me suis rendu compte que pour être plus efficace, il fallait mieux travailler de l'intérieur.
« Je me bat pour des valeurs »
Est-ce compatible avec votre vie de familleet votre vie professionnelle,notamment en campagne ?
J'ai toujours fait énormément de choses, en dehors de mon travail, en particulier du sport. Mais cela n'a jamais nuit à ma vie de famille, ni à mes relations avec mes amis qui sont très importantes à mes yeux. Il n'y a donc pas de changement.
Acceptez-vous que l'on dise que vous avez peu de chance d'être élu ? Qu'est-ce qui vous anime dès lors ?
Moi j'ai toujours été habitué à être dans un parti minoritaire. Depuis quinze ans que je fais les élections, je n'ai jamais gagné (rires). Je suis habitué. J'avais misé sur Balladur puis François Bayrou. Au niveau des législatives, c'est pareil. Cela ne me traumatise pas. Mais je veux défendre les valeurs qui sont les miennes, à la fois libérales et sociales, européennes. Et avec le MoDem, on a, en plus, tout un volet qui concerne le développement durable, l'écologie. Ce sont des piliers auxquels je tiens et je me bats pour ces valeurs.
Cette campagne aura-t-elle changé quelque chose pour vous ?
Je pense que oui, mais on est un peu trop dedans actuellement. Il faudra faire le bilan. Cela a été passionnant, ne serait-ce que par l'équipe qu'il y a eue. Cela changera certainement quelque chose, mais c'est trop tôt pour l'analyser maintenant.
« Pas d'allianceau deuxième tour »
Vous vous voyez au 2e tour ?
Oui, on se voit au 2e tour. Les sondages sont à 9 %, mais je crois vraiment qu'on va passer la barre des 10 %. Et on sera au 2e tour, car on s'y maintiendra. On y croit sincèrement et on met tout en oeuvre pour y être.
Vous pensez que vos électeurs viendront de gauche ou de droite ?
Sur le plan stratégique, quand Jean-Marc Ayrault est à Nantes, il joue un peu la carte du centre, Sophie Jozan veut aussi jouer la carte du centre. Nous, on voit plus la carte de l'avenir. C'est raisonner différemment pour apprendre à s'en sortir. Car à l'allure où on va, il n'y aura pas de XXIIe siècle. On veut arrêter de raisonner comme dans les années 70. Et je donnerais comme exemple l'aéroport, qui a été prévu en 1970 pour accueillir le Concorde, alors qu'on sait très bien que dans 20 ans il n'y aura plus de pétrole. Ce n'est plus l'avenir. C'est très symbolique, mais cela montre bien la différence. Jozan et Ayrault sont d'accord, nous, on prend des décisions qui sont importantes, qui ne sont peut-être pas facile à faire comprendre au public, mais on est là pour ça.
Vous étiez dans l'opposition avec Sophie Jozan. Qu'est-ce qui vous différencied'elle aujourd'hui ?
Elle est sarkozyste. Elle l'a dit. Elle est en admiration devant Sarkozy. Nous, on est très sceptique sur le personnage depuis le départ. Chaque jour, on a la preuve finalement qu'il n'est peut-être pas le bon président pour sortir la France de ses problèmes.
Pourriez-vous faire alliance avec la liste Jean-Marc Ayrault s'il vousle proposait, comme cela s'esquisse à Paris ?
Actuellement non. On en a reparlé de façon très franche avec les colistiers, et ce n'est pas le souhait de la grande majorité. Le souhait est de faire un deuxième tour en étant autonome.
« Je suis pour une opposition constructive »
Si vous n'êtes pas élu, quel opposant à Jean-Marc Ayrault ou Sophie Jozan serez-vous ?
J'ai toujours été partisan d'une opposition constructive, et c'est ce que j'ai essayé de faire dans le dernier mandat. Quand on regarde mes interventions, c'était pour proposer quelque chose, comme une piscine olympique, la gratuité de stationnement pour les handicapés. Je veux que Nantes se porte mieux. Et je travaille toujours dans cet état d'esprit.
Comment jugez-vousSophie Jozan et Jean-Marc Ayrault ?
Ils se ressemblent. Je les trouve un peu tristes tous les deux, et plus leur campagne avance, plus on se rend compte qu'on a à faire à deux mêmes tempéraments. Ils ont tous les deux un certain manque de convivialité. On ne va pas leur taper dans le dos par exemple. Ce sont des gens de valeurs, très respectables. Mais finalement, c'est assez drôle, car à tous les points de vue, ils ont pas mal de points communs au niveau du caractère. Ils n'ont pas assez le regard tourné vers l'avenir. C'est ce que je leur reprocherais.
Êtes-vous satisfait de cette campagne ? Des temps forts, des regrets ?
Je n'ai aucun regret. Quoiqu'il arrive, on ferait la même chose. Jamais, je n'aurais imaginé qu'il y ait pu avoir autant de mobilisation. Cela n'a été que des bonnes surprises avec une équipe très dynamique et des gens de très haut niveau et efficaces. Il y a eu beaucoup de temps forts, car on repose sur le bénévolat. Ainsi, la venue de Corinne Lepage, quelqu'un qui a apporté un plus au Mouvement démocrate. Il fallait changer de nom. L'UDF s'est transformé en MoDem, car un pilier écologique manquait. Les discours de Corinne Lepage ont été très constructifs et très positifs.
Vous êtes élu, quelle est votre première décision ?
C'est d'aller voir Jean-Louis Borloo pour arrêter cette histoire de Notre-Dame des Landes. On est en train de faire une bêtise à 3 milliards d'euros. On va ruiner les Nantais pour le plaisir de ruiner les Nantais pour quelques spéculateurs. Plus on étudie le dossier, plus on trouve cela ahurissant. On va changer un outil de travail de place pour 3 milliards. Et cela ne va rien rapporter de plus, sinon que des ennuis. Il faut regarder qui a acheté des terrains autour de Notre-Dame des Landes. Finalement, on revoit toujours les mêmes personnes. Il faut arrêter ces raisonnements un peu idiots. Jean-Marc Ayrault et Sophie Jozan ne veulent plus de banques en centre-ville, moi non plus d'ailleurs. Mais qui va s'en mettre plein les poches. L'État n'a pas d'argent, François Fillon a dit qu'on était en faillite, que les caisses sont vides. Il va donc falloir emprunter. Et ce sont les banques qui vont encore gagner des millions. Il faut donc changer de raisonnement et c'est ce qu'on a envie de faire.
Propos recueillis par Philippe Corbou
Pourquoi avoir choisi la pointe de
l’île de Nantes pour nous recevoir ?
Parce que je pense que ce site est beau, emblématique et
qu’il manque quelque chose. Le maire sortant a décidé qu’on n’avait
pas le droit de construire à la
proue. Alors que pour moi, la proue, c’est le symbole
de l’ouverture de Nantes sur le monde, sur le domaine maritime. Donc
j’aime ce lieu.
Comment définiriez-vous Nantes en une
phrase ?
Nantes mérite mieux.
Quels sont vos passions et loisirs hors
politique ?
Écouter de la musique classique et lire. J’aime bien
la littérature américaine.
Quels sont vos points forts et vos points
faibles ?
Des points faibles, bien sûr j’en ai plein. Mes points
forts, c’est que j’ai beaucoup de convictions, que je suis
énergique et que je travaille. Mais je n’ai pas toujours assez confiance
en moi et je suis trop perfectionniste.
Qu’est-ce qui vous a amenée à la
politique ?
Je suis entrée en politique en 2001 pour la dernière
élection municipale. Je me suis toujours intéressé à la politique et j’ai
beaucoup de convictions. Et c’était l’occasion de rentrer dans le
champ politique. Cette campagne m’intéressait. J’avais des
convictions avant tout européennes, et étant membre de l’UDF à ce moment-là,
je trouvais que c’était important d’avoir un leader qui avait les
mêmes idées que moi.
« J’ai une famille qui me soutient »
Est-ce compatible avec votre vie de
famille ? Notamment en campagne ?
C’est tout à fait compatible car j’ai une
famille qui me soutient beaucoup et qui est pour moi une source d’énergie
dans l’action que je mène.
Avez-vous analysé les causes des défaites
successives d’Élisabeth Hubert, de Daniel Augereau et de Jean-Luc
Harrouseau ? Qu’est-ce qui vous différencie d’eux, de leurs
projets, de leurs campagnes ?
J’ai évidemment analysé les résultats des élections
précédentes. Moi c’est moi, eux c’est eux (sourires) et je pense
qu’aujourd’hui, ce qui est important c’est d’avoir un
projet qui est porté par une équipe très diversifiée et très ouverte
puisqu’on va jusqu’à la gauche moderne. Pour moi, c’est
extrêmement important d’avoir bien ouvert. Et, en plus, on a un vrai
projet, tout à fait crédible parce qu’au fur et à mesure des mandats du
maire sortant, on voit bien qu’il y a un déficit, par exemple sur ce
projet de l’île de Nantes, mais aussi sur d’autres aspects à la
fois urbanistiques et économiques sur la ville.
Quelle chance vous donnez-vous d’être
élue ?
Je me donne toujours toutes les chances d’être élue au
début, car je crois que cela ne sert à rien de rentrer dans une campagne en se
disant qu’on a aucune chance.
Pourquoi ce positionnement au centre droit, votre programme
parfois assez proche de celui de Jean-Marc Ayrault, dont vous dites qu’il
vous « pique » vos idées ?
Mon positionnement au centre droit, c’est la réalité. Je suis issue
de l’UDF. Donc il y a 18 mois, on aurait dit que j’étais au centre.
Donc je suis au centre droit. Je suis rentré à l’UMP par des convictions
qui sont d’abord européennes. C’est ma famille le centre droit. Ma
liste est ouverte bien plus largement sur le centre puisqu’on va
jusqu’à la gauche moderne avec des gens sans étiquette. Mon
positionnement, c’est le centre droit. Je le revendique absolument et
personne ne peut le contester.
Je fais partie de l’équipe municipale
d’opposition et j’ai fait dès le début de ma campagne un certain
nombre de propositions qu’on n’a pas vu figurer dans les
déclarations de Jean-Marc Ayrault et pour lesquelles on n’a pas, non
plus, voté pour l’année 2008. Par exemple, on savait qu’il y avait
un lycée international qui était projeté, mais il n’y avait pas eu de
projet de cité internationale. Ça a été piqué. C’est la même chose,
curieusement et très tardivement, sur la cité de l’innovation. Même dans
les mesures officielles sorties sur le programme, on n’en a jamais parlé.
Sur les crèches d’entreprises, si c’était vraiment un projet,
pourquoi, en janvier, quand on a voté le budget 2008, ce n’est pas prévu
à Nantes. Ce sont bien des idées qui ont été piquées, je ne peux pas dire autre
chose. Maintenant que le programme soit proche, il ne s’agit pas du tout
de cela. Il s’agit probablement, et c’est de notre responsabilité,
d’avoir détecté les préoccupations majeures des Nantais, avec des
solutions qui restent tout à fait différentes et sur des thèmes qui sont
évidemment des thèmes de préoccupation.
Comprenez-vous la réserve, pour ne pas dire
plus, de la droite nantaise traditionnelle incarnée par A. du Roscoat ?
Comment, pardon ? (rires) Il y a forcément au moins une
personne qui est réservée sur mon programme. Qu’il y ait une personne, un
Nantais qui soit réservé, je peux le comprendre.
« Je n’ai pas de regrets »
Qu’est-ce qui vous différencie de
Jean-Marc Ayrault au plan politique ?
Je n’ai pas du tout des convictions de membre du Parti
socialiste. Moi je crois qu’aujourd’hui, il est grand temps
d’avancer, de façon très énergique, sur des réformes qui ne sont pas du
tout les solutions prônées par le Parti socialiste. Cela nous différencie sur
les modes de faire de la politique aussi bien au national qu’au local,
sur l’ouverture aux initiatives économiques, contre la municipalisation,
au sens public du terme, qui est forcément la meilleure réponse. Moi je ne suis
pas pour des réponses qui sont toujours globales et figées, en étant passée par
des marchés publics. Je pense qu’il faut des offres diversifiées avec des
déclinaisons très multiformes.
Beaucoup, notamment la presse nationale (la
une de Libération du 26 février : « A quel tour ? »),
font de la réélection de Jean-Marc Ayrault une formalité, l’enjeu étant
de savoir s’il y aura un second tour. Cela vous agace ?
Non, cela me stimule.
Benoît Blineau était avec vous dans
l’opposition à Jean-Marc Ayrault. Qu’est-ce qui vous différencie de
lui aujourd’hui ?
C’est qu’il est au MoDem.
Pourriez-vous faire alliance avec lui entre
les deux tours ?
On verra le soir du premier tour.
Comment jugez-vous les hommes Ayrault et
Blineau ?
Je ne juge pas les hommes. Je juge les projets, les idées.
Mais je n’ai pas de jugement à porter sur les hommes, du point de vue des
personnes. Ce qui m’intéresse, ce sont les offres politiques des
candidats.
Êtes-vous satisfait de la campagne ?
Temps forts, regrets ?
L’heure n’est pas à la satisfaction, mais au
travail. On doit continuer à être énergiques et mobilisés complètement
jusqu’à la fin. La
campagne officielle vient de commencer. Ce n’est pas le moment de se
demander si l’on est satisfait. On doit continuer à mobiliser au maximum.
Il y a eu des temps forts, avec la visite de Patrick Devedjian. Mais les
réunions de quartiers le sont également. Les temps forts, c’est quand on
rencontre les gens, qu’on arrive à leur écoute à comprendre les
préoccupations. Je n’ai pas de regrets, j’ai des projections. Je
vois plus vers l’avenir que sur le passé.
Si vous êtes élue, quelles sont vos
premières décisions ?
Mettre en place un grand plan pour les gardes
d’enfants au niveau communautaire, remettre en place un vrai audit sur la
sécurité et remettre à plat les finances publiques.
Propos recueillis
par Philippe Corbou
Vous m'auriez parlé du marché, pourquoi pas. Mais les
municipales... ». Au Vieux-Doulon, sous un soleil radieux, Germaine
accepte volontiers de parler de choses et d'autres. Mais les élections...
« Il en faut bien pour choisir nos élus, mais ça ne nous intéresse pas
plus que ça » comme dit son mari Roger.
Ce désintérêt pour les élections locales n'est pas cantonné à Doulon, ce
quartier Est nantais, annexé par la Cité des ducs il y a un siècle cette année.
« Manque de suspense »
On peut entendre le même son de cloche à Bellevue, quartier Ouest caractérisé
par une forte concentration de logements sociaux : « Il faut bien des
politiques sinon c'est la pagaille » concède Annie-André. Mais pour
elle, les élections, « c'est comme mettre une pièce neuve dans un
vêtement usé... ».
Ceux qui se disent intéressés par les prochaines municipales ne sont pas
forcément pressés d'arrêter leur choix. « Je vais regarder ça
attentivement, mais plus tard » annonce Jacques en regrettant
« le manque de suspense à Nantes ». Ce « manque de
suspense », quelques-uns s'en accommodent, à l'image de Paul :
« J'espère que ça ne bougera pas ».
« Trop de listes »
Pierre est lui conscient de l'importance des municipales : « Ça
influence notre vie au quotidien avec les transports, la
culture... ». Il pense qu'il y a trop de listes, mais il en
« connaît une », et « ça [lui]
suffit ».
Trop de listes, c'est aussi l'avis de Jean-Luc, qui pense faire son choix au
dernier moment. En général, il vote à gauche. Mais, avec cinq listes de gauche
pour le scrutin nantais, « c'est trop ». Sept listes au
total, « ça fait beaucoup. C'est vrai. Mais c'est bien normal. Dans
une grande ville comme Nantes, il y a forcément une grande quantité de
propositions ».
« Pour être maire, il faut être fou ! »
Et puis, il y a ceux que la campagne agace. « Dès que l'on va quelque part
on nous saute dessus pour nous donner des tracts... Y en a marre !
s'exclame Yvon. Mais il ira quand même voter « même si on n'est
pas toujours écoutés ». Yvette, en revanche, ne se donnera même pas
la peine de se rendre au bureau de vote : « La politique, ça ne sert à rien,
surtout à nos âges. Et puis notre retraite n'augmente pas ».
Quant à Claude, retraité lui aussi, « pour être maire il faut être
fou », dit-il, en évoquant les responsabilités de la fonction. La campagne
électorale, ressemble plus, selon lui, « à une campagne publicitaire.
L'essentiel pour eux est d'assurer leur place ». Malgré ce scepticisme
apparent, il ira quand même voter dimanche. Et si l'on en croit Jeanine, cela
lui donne une légitimité pour râler : « Parce que si on ne vote pas,
on n'a rien à dire ! ».
Audrey Montilly et Antoine Garnier
À Nantes, les candidats n'ont pas le droit de dépenser plus
de 250 752 € pour le seul premier tour, plafond fixé par la loi. Seul Jean-Marc
Ayrault (200 000 €) s'en approche, sachant que l'État ne remboursera pas plus de
la moitié du plafond fixé, soit 125 000 €. Et seules les listes qui atteindront
la barre des 5 % de bulletins exprimés pourront être remboursées de leurs
frais.
Pauvre Culture (S)
Les petites listes ont, naturellement,
les budgets les plus étriqués. « Le minimum obligatoire »
pour Pierre Combarnous et sa liste Culture (S) à Nantes. Chaque colistier s'est
« engagé à apporter une centaine d'euros. Le reste est complété par
des dons de mécènes » explique M. Mouch. Car il faut imprimer les
bulletins de vote (425 528), les professions de foi (203 093) et les affiches
(162 grandes et 162 petites) obligatoires. « Le but est de
s'autofinancer » détaille le chef de file de Culture (S). Jean-Pierre
Bréus (Parti des travailleurs) part sur la même base, chaque sympathisant
apportant son obole.
Thierry Fourage et son équipe bénéficient de l'aide
de la LCR qui fournit bulletins de vote, professions de foi et affiches
officielles, une dépense estimée à 9 500 €.
Sans oublier le petit coup
de pouce d'Emgann. L'équipe nantaise ne prévoit donc pas plus de 3 000 € de
dépenses. Hélène Defrance a prévu 1 000 € en plus du kit officiel pris en charge
par Lutte ouvrière au niveau national.
Elle devrait donc dépenser 9 000
€. Et les militants et sympathisants sont invités à rembourser les 1 000
€.
Le recours à l'emprunt
Chez les trois principales listes, on va
du simple au double avec 100 000 € pour le MoDem, 125 000 pour l'UMP et 200 000
pour l'équipe sortante. Le recours à l'emprunt est généralisé. Les deux tiers du
budget ont été empruntés par les cinquante premiers colistiers chez Jean-Marc
Ayrault. Au MoDem, tous les colistiers, selon leurs possibilités, se sont portés
caution (de 200 à plusieurs milliers d'euros) pour un emprunt à 100 %. Le
phénomène est identique pour l'équipe Jozan.
Les dons sont, en revanche,
assez faibles, même si des chèques allant de 5 à 300 € sont régulièrement reçus
aux permanences des différents candidats. Et certains profitent aussi des
réunions et des marchés pour organiser des collectes.
Enquête Philippe
Corbou
Indéboulonnable. À l'approche de ces municipales 2 008,
c'est le qualificatif qui revient le plus souvent à propos de Jean-Marc Ayrault.
Élu et réélu dès le premier tour depuis 1989, le député-maire PS de Nantes qui,
à 58 ans, brigue un quatrième mandat à la tête de la sixième ville de France,
est donné archifavori. Mais pour la première fois, il pourrait être contraint de
disputer un second tour.
Si cela se produisait, ses adversaires ne manqueraient pas d'y voir le
premier signe d'usure d'un maire en poste depuis 19 ans. Et d'un candidat qui a
commis quelques maladresses en début de campagne : l'affaire des « opposants
notoires », habilement montée en épingle par les intéressés ; l'éviction d'Yvon
Chotard, l'un de ses vieux compagnons de route qui, vexé, est aussitôt passé
dans le camp de Sophie Jozan ; ou encore la gestion hasardeuse du dossier des
fouilles archéologiques sur l'îlot Lambert, qui a donné lieu à toute une
polémique.
Profusion de listes
Mais l'hypothèse d'un scrutin à deux tours, battue en brèche par un récent
sondage du quotidien gratuit 20 minutes qui donne Jean-Marc Ayrault réélu
dès le premier tour avec 54 % des suffrages, tient surtout à la présence de sept
listes en compétition. Un record à Nantes : elles n'étaient que cinq en 2001,
trois en 1995, et cinq en 1989.
À l'extrême-gauche, trois listes vont se disputer le vote contestataire :
celle de la LCR, alliée aux indépendantistes bretons d'Emgann ; celle de Lutte
ouvrière emmenée par Hélène Defrance, conseillère municipale sortante, et la
liste anti-Union européenne du Parti des travailleurs. La liste Culture (S) à
Nantes, emmenée par le slameur Pierre Combarnous, pourrait grappiller des voix
dans le milieu culturel nantais « indépendant », qui conteste le trop grand
poids accordé par la mairie aux grosses structures et aux grandes
manifestations, au détriment des petites.
La droite derrière Jozan
Reste que les deux seuls candidats en mesure d'inquiéter Jean-Marc Ayrault et
sa liste de rassemblement de gauche (PS, Verts, PC, PRG, MRC, Alternatifs, UDB
et « sans étiquette ») se situent à sa droite. Désignée par l'UMP pour affronter
le maire sortant, Sophie Jozan, 51 ans, conseillère municipale sortante, sait
que la partie s'annonce très rude. Le sondage de 20 minutes ne la crédite
que de 30 % des suffrages au premier tour. Mais cette sarkozyste convaincue, qui
se définit elle-même comme « combative et travailleuse »,
aime à rappeler qu'elle a déjà réussi à mettre son adversaire socialiste en
ballottage aux dernières législatives.
Son objectif : faire mieux que ses prédécesseurs, Jean-Luc Harousseau en
2001, Élizabeth Hubert en 1995 et Daniel Augereau en 1989, et s'installer
durablement à la tête de la droite nantaise, dont les divisions ont pour partie
contribué à la longévité du maire sortant.
Les espoirs du MoDem
À la tête d'une liste MoDem, Benoît Blineau, 45 ans, également conseiller
municipal sortant, mise sur le score obtenu par François Bayrou à Nantes à la
présidentielle (21 %) pour espérer faire un bon résultat. Ses colistiers, pour
la plupart novices en politique, ont pour eux leur jeunesse et leur
enthousiasme. Sans complexe, la liste MoDem pourrait mordre à la fois à droite
et à gauche, et être en mesure de jouer les trouble-fête au second tour. Benoît
Blineau à déjà fait savoir que s'il dépassait la barre des 10 %, il se
maintiendrait.
Dernière inconnue de ce scrutin : la participation. En 2001, un électeur
nantais sur deux, seulement, s'était rendu aux urnes.
Xavier Boussion

Les Nantais payent-ils trop d'impôts locaux ? Oui, répond chaque année
l'opposition à l'occasion du vote du budget. Début février, Céline Barré,
conseillère municipale, n° 5 sur la liste de Sophie Jozan, est une nouvelle fois
montée au créneau pour dénoncer
« une pression fiscale
particulièrement élevée à Nantes ». Un constat qui, selon elle, vaut
aussi bien pour la taxe d'habitation que pour les taxes sur le foncier bâti et
non bâti :
« Nantes fait partie des villes les plus pénalisantes pour
les propriétaires. »
En face, l'équipe du maire sortant fait valoir que, lors de ce mandat, elle a
tenu son engagement de ne pas augmenter les taux d'imposition plus que
l'inflation. En 2008 comme en 2007, ils sont même restés stables. Chiffre à
l'appui, l'adjoint aux finances, Albert Mahé, souligne que le taux de la taxe
d'habitation à Nantes (21,96 %) reste « l'un des moins élevés par
rapport aux autres villes centres de communautés urbaines ». Nantes
arrive ainsi en sixième position derrière Lille, Marseille, Strasbourg, Brest et
Bordeaux pour son taux de TH.
Plus 17 % depuis 2001
Dans un dossier consacré aux grandes villes, le quotidien économique Les
Échos indique pour sa part que le montant moyen de la taxe d'habitation payé
par un ménage nantais en 2007 était de 970 €. Un chiffre en augmentation de
17,1 % depuis 2001, et qui place Nantes au 5e rang national, derrière
Nîmes, Bordeaux, Besançon et Montpellier.
Reste que 44 % seulement des ménages nantais acquittent la taxe d'habitation
en totalité. Plus de 15 % sont totalement dégrevés (RMistes, veuves ou âgées de
plus de 60 ans, invalides, handicapés...), et 40 % bénéficient de dégrèvements
partiels en raison de leurs faibles revenus. À cela s'ajoutent les abattements
pour charge de famille qui coûteront en 2008 à la Ville 1,7 million d'euros.
Des besoins croissants
Première ressource de la Ville, la fiscalité des ménages représente 42 % de
ses recettes de fonctionnement. Cette année, les trois taxes (habitation,
foncier bâti et non bâti) lui rapporteront 154 millions d'euros. Tout juste de
quoi couvrir les salaires des quelque 4 000 agents municipaux dont le travail
est indispensable pour répondre aux besoins toujours croissants de la
population, dans tous les domaines.
Xavier Boussion

C'est désormais un accessoire indispensable à une élection,
« un outil-clé de la communication ». Pour la première
fois, Internet s'invite réellement dans la bataille des Municipales.
« En 2001, on en était aux balbutiements », remarque-t-on
dans les QG des candidats. Aujourd'hui, impossible d'être absent du web. En plus
de leur site de campagne, les candidats les mieux dotés ont leur blog, alliant
pour réflexions personnelles, articles de presse, présentation de programmes,
photos et vidéos.
Moderato cantabile
Des forums
qui permettent souvent, l'air de rien, de téléguider quelques « scuds » à
l'adresse des adversaires. A contrario, les opposants se plaisent parfois à
« noyauter » les sites rivaux, en les bombardant de messages critiques.
D'où un impérieux travail de surveillance. Chaque candidat doit vérifier
qu'aucun propos diffamatoire ou contre-vérité n'écorne son image sur la toile.
Mais aussi s'assurer qu'un modérateur « censure » certaines attaques au vitriol
de ses partisans visant les autres candidats.
Campagne de bonne
tenue
Hormis deux alertes Wikipédia qui ont fait bondir la
gauche (lire par ailleurs), la campagne internet est de bon aloi. « Je
ne tape pas Sophie Jozan trois fois par jour pour contrôler les propos véhiculés
sur elle », indique Marie-Laure Le Pommelec, directrice de campagne
de la candidate UMP à Nantes. Mais franchement, on ne rencontre pas de
souci. » La cellule de veille Internet, composée de trois personnes,
se mobilise surtout « sur la recherche de sujets permettant de faire
vivre le site et de susciter l'intérêt des
visiteurs ».
Valse des étiquettes
Même
constat au MoDem : « On se balade sur les sites. Franchement, on n'a
pas à se plaindre, on échappe à tous les bruits de caniveau : Benoît
Blineau n'est pas attaqué », rapporte Patrice Bolo, responsable de la
communication externe, avant d'ajouter : « Les seuls coups bas que
l'on tente de nous porter, c'est de nous étiqueter de droite ou de
gauche. »
Question étiquette, justement, les candidats la
jouent plutôt profil bas : ni Jean-Marc Ayrault, ni Sophie Jozan, ni Benoît
Blineau ne mettent en avant le logo de leur parti sur la page d'accueil de leur
site. Pas assez visuel ?
Yan Gauchard

Selon une étude récente, en Loire-Atlantique, les trois priorités des personnes âgées sont le maintien à domicile, les hébergements en institutions et la lutte contre l'isolement. L'entrée en retraite est déterminante. Comment organiser son temps libre ? Éviter les sentiments d'ennui ou d'inutilité ? À Nantes, l'Office des retraités et des personnes âgées organise des discussions mensuelles pour « partir du bon pied » : voir ses proches, familles ou amis, sortir, voyager, pratiquer des activités de loisirs, être bénévole. L'important ? S'adresser aux bons interlocuteurs au bon moment.
Des services abondants
Caractéristique nantaise, beaucoup de seniors (35 %) vivent seuls, chez eux. Ce qui le permet ? Plus d'équipements que la moyenne : des commerces de proximité, une offre de soins abondante (près de 14 médecins pour 10 000 habitants, hôpitaux, cliniques) et des services comme la téléassistance, qui compte près de 1 900 abonnés à Nantes, le portage des repas ou les visites à domicile assurées par le comité local d'information et de coordination gérontologique Nantes Entour'âge.
Manque de places
Restent les hébergements. Nantes compte près de 3 800 places, dont 1 900 en établissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), les maisons de retraite médicalisées, et 600 dans les foyers logements (dont 500 gérées par la Ville). Nantes dispose également de trois domiciles collectifs et d'un domicile services dans des immeubles avec d'autres locataires (six sont prévus), et enfin de « logements bleus » adaptés aux personnes âgées. Créer de nouveaux Ehpad se heurte à des financements d'État pour les postes de soignants, qui n'arrivent pas toujours.
Enfin, on estime qu'il y a à Nantes entre 3 500 et 4 500 personnes souffrant d'Alzheimer ou de maladies apparentées. En hébergement, les places sont disséminées dans les Ehpad. Et en accueil de jour, il devrait y avoir une trentaine de places d'ici fin 2008. D'ici là, le Relais d'automne aura fermé tandis que vient de s'ouvrir le pavillon Madeleine Julien, créé par la maison de retraite Saint-Joseph, dont les responsables aimeraient que d'autres prennent le relais, en créant de nouvelles places.
Frédéric Testu

Le constat émane de Jean-François Gendron, le président de la Chambre de commerce et d'industrie : « L'agglomération nantaise attire des sièges régionaux mais peu de sièges internationaux. C'est l'un des axes de développement à travailler ». C'est clair : Nantes peut faire encore mieux en matière de dynamisme économique. Mais elle possède déjà une attractivité indéniable.
En 2003, dans son classement des 180 agglomérations européennes, la Datar situait Nantes au 54e rang, en constatant qu'il s'agissait de la seule métropole du Grand Ouest à avoir un rayonnement potentiellement européen. Depuis, le tissu économique s'est encore densifié. Les chiffres en attestent : l'agence Nantes Métropole Développement a accompagné l'an dernier 77 nouveaux projets d'entreprise, avec 1 200 emplois escomptés sur trois ans.
Les services en tête
Aujourd'hui, l'agglomération nantaise concentre la moitié des entreprises et les deux tiers des effectifs salariés de Loire-Atlantique. La métropole est devenue une place forte de l'informatique, avec des entreprises comme Capgemini et Accenture Technology. « La concentration est importante dans le secteur des services et du commerce, où elle rassemble respectivement 75 % et 63 % des effectifs de la Loire-Atlantique, constate Jean-François Gendron. Mais elle est moindre dans l'industrie (44 %) ».
Près de 23 000 chômeurs
Avec plus de 41 000 salariés, le secteur industriel reste pourtant un pilier, avec des locomotives comme Airbus.
La diversité du tissu économique et la présence de pôles d'excellence (composite, biotechnologie, biologie...) figurent parmi les principaux atouts de Nantes. Et l'avenir s'annonce prometteur avec l'émergence de projets comme le quartier d'affaires EuroNantes, près de la gare.
Malgré ce dynamisme, quelques points noirs subsistent. Le principal : le chômage, malgré un taux (7,1 %) inférieur à la moyenne nationale. En un an, le nombre de demandeurs d'emploi a chuté d'environ 13 % sur le bassin de Nantes. Mais ils sont 22 800 à pointer actuellement à l'ANPE. Les habitants des quartiers sensibles sont les plus touchés. « Pourtant, la baisse enregistrée l'année dernière concerne surtout les publics les plus en difficultés, constate Jean-Loup Geny, le directeur délégué de l'ANPE : - 24 % chez les chômeurs longue durée de moins de 26 ans, - 18 % dans le quartier Malakoff, - 16 % à Bellevue... ».
Denis Bourdeau
Secrétaire général de l’UMP, Patrick Devedjian était à Nantes, hier, pour apporter son soutien à Sophie Jozan, tête de liste UMP aux municipales. « Sophie est un très beau symbole, le signe du renouvellement dans cette ville et ce département qui n’ont pas vocation à demeurer pour l’éternité sous la domination de la gauche ».
Une ville « assoupie »
Selon le patron de l’UMP, qui a annoncé que François Fillon viendrait lui aussi à Nantes, à une date qui reste à fixer, Sophie Jozan « est appelée à jouer un grand rôle dans l’avenir, quoi qu’il arrive. Je souhaite qu’elle prenne des responsabilités nationales au sein de notre parti ».
Arrivé en fin de matinée, Patrick Devedjian a effectué un tour de la cité des Ducs avec la candidate, avant d’animer un meeting, en soirée, à l’hôtel de l’horticulture.
« Nantes, sixième ville de France, n’est pas mise en valeur. Je la trouve assoupie. Les quais de la Loire sont dans l’état des quais de la Gironde à Bordeaux il y a 30 ans. Et j’ai le sentiment d’une industrie en plein déclin ».
Jean-Marc Ayrault est donné archi-favori pour ce scrutin ? « En politique, rien n’est joué d’avance. Sophie Jozan a pour elle d’être plus disponible pour sa ville que Jean-Marc Ayrault.
Aujourd’hui, les gens veulent des maires à temps plein. Or, du fait de ses responsabilités nationales, le maire actuel passe beaucoup de temps à Paris ».
Tour de piste
Qu’on se le dise, donc : « Sophie Jozan n’est pas là pour faire un petit tour de piste. C’est une femme courageuse et intelligente, sur laquelle l’UMP compte bien s’appuyer pour conduire un profond renouvellement dans ce département », a lancé Patrick Devedjian.
Quant à la stratégie à adopter pour les municipales à Nantes entre les deux tours, notamment vis-à-vis du MoDem, « c’est à elle de la définir. Je lui fais entièrement confiance, rien ne sera décidé depuis Paris ».
X.B.

Presse Océan a interrogé les candidats aux élections municipales à Nantes sur les grands thèmes de la campagne. La question du jour porte sur les moyens à mettre en oeuvre dans le domaine de la petite enfance. Dès la grossesse, les parents s'interrogent : où faire garder l'enfant ? En crèche, pour le socialiser ? Ou chez une assistante maternelle, qui se substitue à la mère ? À Nantes, sur dix enfants de moins de trois ans, quatre vont en famille (avec un des deux parents ou des grands-parents le plus souvent), un à l'école (dès deux ans), deux chez une assistante maternelle et trois en crèche.
Si la ville informe des noms d'assistantes maternelles indépendantes, elle s'occupe surtout des crèches. Par rapport au nombre de naissances de 2001, 300 enfants de plus sont nés. La ville a créé 430 places en crèche depuis 2001, au lieu des 300 prévues. Moyenne actuelle : 28 places pour 100 enfants (moyenne française 11 pour 100).
La crèche à la carte
Lors du dernier contrat enfance passé par la ville, les crèches se sont transformées en établissements multi-accueils comprenant la halte-garderie (2 900 places).
Et depuis l'an dernier, changement majeur à l'initiative de la Caisse d'allocations familiales, le forfait n'est plus à la journée mais à l'heure.
La ville fait signer un contrat aux parents : l'enfant peut être gardé à la journée ou plusieurs jours par semaine.
Le service s'adapte à la flexibilité des emplois du temps, permettant notamment la recherche d'emploi.
Horaires décalés
Toujours pour répondre à la demande, Nantes, comme Saint-Nazaire, expérimente depuis dix-huit mois la garde des enfants à domicile pour parents travaillant en horaires décalés, tôt le matin, tard le soir, ou le week-end.
Les enfants sont gardés par des salariés de l'Association d'aide à domicile pour tous (ADT 44).
Selon le quotient familial, le service peut revenir à 1 ou 2 € de l'heure.
Solution développée avec le Conseil général, qui veut l'étendre en Loire-Atlantique.
Les enfants handicapés accueillis
Pour les enfants handicapés ou malades, un plan d'action a été validé en 2005 : 80 % des établissements d'accueil collectif pour les 0 à 6 ans disposent de places pour enfants handicapés. Les 3 à 6 ans peuvent intégrer la Maison des Poupies et les 0 à 6 ans le Jardin des Poupies. Par ailleurs, il existe trois établissements crèches bilingues à Nantes : deux en anglais et un en allemand.
1 830 enfants accueillis chez des assistantes maternelles indépendantes. Lesquelles peuvent s'appuyer sur l'un des six relais assistantes maternelles (RAM) de Nantes : on y aide les parents dans les démarches administratives et les assistantes maternelles sur leur statut et en leur proposant des formations. Enfin il y a sept accueils parents-enfants, lieux conviviaux où les parents rencontrent des professionnels. Ainsi que trois lieux passerelles pour l'intégration à l'école maternelle, où les enfants découvrent la vie de groupe.
Frédéric Testu

D'abord, ce préambule : si l'on en croit le bilan « sécurité 2007 », il fait
plutôt bon vivre dans le département. Crimes et délits sont en net recul pour la
sixième année consécutive. En 2007, 71 200 faits ont été constatés par les
policiers et gendarmes de Loire-Atlantique contre 74 400 en 2006, soit une
diminution de 4,3 %.
« Le taux de criminalité dans le département
place la Loire-Atlantique au 22e rang national alors
qu'en terme de population, elle se situe au 12e
rang », souligne Bernard Hagelsteen, préfet de région.
La délinquance de voie publique (vols avec violence, vol à la roulotte, vol
de véhicules) a pris une bonne claque (- 6,3 %). Mais les dégradations ont
sérieusement augmenté (+ 6,6 %). Outre les cambriolages, le nombre de véhicules
incendiés aplus pour la police également progressé (834 en 2007 contre 816
l'année précédente).
Dans ces conditions, rien de surprenant à ce que le débat sur la
vidéosurveillance ressurgisse. Le préfet, Bernard Hagelsteen, qui parle de
« vidéoprotection », l'a dit en début d'année : il souhaite
que la police soit reliée au réseau de vidéosurveillance des transports publics
de la ville d'ici la fin de l'année.
L'exemple de St-Herblain
Surtout, Bernard Hagelsteen rêve que Nantes prenne exemple sur Saint-Herblain
et se dote de caméras reliées au commissariat central. « C'est un bon
outil pour lutter contre les vols ou les incendies de véhicules »,
estime Bernard Hagelsteen. Lequel ne manque pas de rappeler que « le
ministère de l'Intérieur propose d'ores et déjà de financer le raccordement du
système de vidéosurveillance au poste de police ».
La police est favorable au projet. À défaut de statistiques claires mettant
en évidence l'élucidation de faits grâce à la vidéosurveillance, on cite
quelques flagrants délits opérés à Saint-Herblain. Des jeunes interpellés alors
qu'ils confectionnaient des cocktails incendiaires. D'autres surpris en train de
commettre des dégradations. « La résolution d'affaires grâce à la
vidéosurveillance reste modeste, indique Yves Monard, directeur
départemental de la sécurité publique. Mais c'est un outil utile aux
policiers. Un vrai plus. »
Le dispositif ne permettra pas d'enrayer pour autant l'autre point noir du
bilan « sécurité 2007 », à savoir les atteintes volontaires à l'intégrité
physique (6 561 faits contre 6 175 en 2006). Délits qui interviennent souvent
dans le cercle privé, sur fond de consommation excessive d'alcool.
Yan Gauchard

À l'heure où le prix du baril de pétrole flambe et l'environnement devient
une question vitale, les transports en commun se transforment en un chantier
majeur du prochain mandat municipal. Trois lignes de tramway, une ligne de
busway, une offre kilométrique qui a augmenté de 13,5 % en six ans, une
amélioration des lignes propres de bus, le bilan nantais des transports en
commun s'avère plutôt satisfaisant. Surtout si on le compare à d'autres villes
de taille sensiblement équivalentes, puisque Nantes se situe largement au-dessus
de ses concurrentes.
Pourtant, avec la flambée des prix du baril de pétrole et après le Grenelle
de l'environnement, le problème des transports va s'avérer crucial dans les
prochains mois. Certains projets comme la liaison des lignes 1 et 2 du tramway,
la liaison Nantes - Châteaubriant en « tram-train » et l'achat de nouvelles
rames sont lancés, mais il reste encore beaucoup de travail à effectuer.
Les dangers de la saturation et de la concentricité
Les grandes orientations de demain auront une influence directe sur les modes
de déplacements des prochaines années. Il faut d'abord se méfier d'un réseau
trop concentrique de transports et essayer de développer un maillage
périphérique du réseau qui désengorgerait le centre de Nantes et, en particulier
l'arrêt Commerce. Et les liaisons entre les communes périphériques relèvent
souvent du chemin de croix.
Se pose aussi la question des capacités futures du réseau à absorber le flux
important de voyageurs supplémentaires qui est envisagé par la Semitan (5 % par
an). Le Busway semble déjà victime de son succès et les heures de pointe dans le
tram sont à éviter.
Un réseau ferré sous exploité
Mais le principal progrès à faire reste au niveau du réseau ferré, qui est
encore largement sous exploité alors que le trafic suburbain ne cesse de
progresser. La ligne Nantes - Vertou est victime de son succès et il faut
envisager une extension vers Clisson. L'aménagement des deux accès à la gare
reste sommaire, au nord comme au sud. Que dire de celle de Chantenay ou du Grand
Blottereau...
Les aménagements favorisant la multimodalité n'en sont encore qu'au stade
embryonnaire et une gare dédiée au trafic suburbain à Baco, permettrait l'accès
direct au centre-ville et à toutes ses correspondances.
Les manques
Enfin, la ligne 5 (Baco - Gare - Île de Nantes - Chantenay - Université), la
desserte de l'Île de Nantes (Jean-Marc Ayrault a promis un tramway), l'axe
Guist'hau - Dervallières, l'aménagement du pôle d'échange gare sud et la ligne
express Thouaré - Sainte-Luce - Gare sud par la prairie de Mauves sont toujours
au point mort.
Philippe Corbou

Avec des candidats sur 19 des 24 communes de Nantes
Métropole, dont beaucoup en positions éligibles, les communistes de
Loire-Atlantique ne veulent pas être laissés pour compte. Ils se sont réunis,
hier à Nantes, pour exposer leur démarche et leurs propositions.
Yann Vince, le président du groupe communiste, estime que « la communauté
urbaine est un territoire pertinent en terme de compétence. C'est aussi un
endroit où il y a un réel enjeu de démocratie. Et il faut y faire des choix
clairement ancrés à gauche. »
Cinq axes de travail
Dans un contexte qu'ils estiment défavorable, avec le désengagement de
l'État, « en matière de transport par exemple », les communistes estiment
qu'il faut une réelle représentation d'élus du PC.
Après avoir participé activement aux actions entreprises par la communauté
urbaine, les communistes insistent sur cinq axes de travail pour le prochain
mandat.
Emploi
« Il faut une attitude plus offensive et poursuivre les efforts de
diversification. Il faudrait aussi un outil capable de mesurer l'efficience du
dispositif d'insertion. »
Logement
« La dotation de Nantes Métropole doit être modulée en fonction des
logements sociaux. Il n'est pas logique que Vertou (4 % de logements
sociaux) touche la même chose que Saint-Herblain (19 %). N'oublions pas,
non plus les réserves foncières destinées aux logements sociaux. »
Transports
« Il faut aller au bout des projets comme la ligne Train-Tram vers
Châteaubriant. Sur l'Île de Nantes, il faut prévoir deux franchissements de la
Loire à l'est. Enfin, on souhaite une extension en site propre, en
complémentarité de l'offre existante. Nous sommes également pour une politique
de tarifs attractifs du financement des transports. »
Aménagement du territoire
« Il faut un maillage du territoire qui se conjugue avec des services de
proximité et des possibilités de mobilité. Nous sommes de fervents défenseurs de
Notre-Dame-des-Landes, qui offre de réelles perspectives d'évolution pour tout
le Grand Ouest. Enfin, la population doit être plus associée au niveau des
schémas des cohérences territoriales. »
Environnement
« C'est un axe fort sur lequel nous comptons intervenir, car il va de pair
avec le développement économique et industriel. L'énergie doit être maîtrisée,
mais tous les coûts ne doivent pas revenir sur les habitants. »
Enfin, les communistes veulent défendre des offres publiques comme sur l'eau
et les déchets. « Cela a ainsi abouti à une diminution sensible du prix de
l'eau par exemple. »
Philippe Corbou
Seules les communes de Carquefou, Mauves, Brains, Saint-Jean de Boiseau et
Sautron n'ont pas de représentativité communiste.

Jean-Luc Cadio, le vice-président de la CCI de Nantes, en charge du commerce,
l'affirme :
« Le centre-ville doit être la plus grande galerie
commerciale à ciel ouvert, avec des magasins qu'on ne trouve pas en périphérie
de la ville. Nantes y parvient plutôt bien. »
Cette vitalité n'est pas liée uniquement au dynamisme des onze zones
commerciales de l'agglomération (6 480 établissements au total).
« L'année dernière, le niveau général d'activité du centre-ville a
progressé de 4,5 % », constate-t-il. Cette hausse moyenne du
chiffre d'affaires dissimule quelques disparités. Elle a surtout profité au
secteur alimentaire et au secteur de l'équipement de la personne, y compris en
dehors des périodes de soldes. Les secteurs de l'équipement de la maison et
celui de la culture et des loisirs ont connu une croissance plus modérée. Enfin,
l'activité des cafés-restaurants a stagné, à l'exception de la restauration
rapide.
Rééquilibrage entre le centre et la périphérie
Les événements culturels comme l'Éléphant de l'Île de Nantes ou la
réouverture du château des Ducs de Bretagne ne sont pas étrangers à cette
progression générale, qualifiée « d'encourageante » par
Jean-Luc Cadio. L'ouverture du parking Cathédrale, l'arrivée du Busway et
l'installation de nouveaux magasins comme Flamant ont aussi contribué à donner
un relief positif au commerce de l'hypercentre.
Le futur projet commercial de 3 000 m2, passage Pommeraye et rue
Santeuil, l'implantation de nouvelles enseignes dans l'immeuble des Galeries
Lafayette, rue du Calvaire, la création du nouveau pôle de 12 000 m2
à Neptune à l'horizon 2010 et l'ouverture d'un palace d'ici trois ans dans
l'ancien palais de justice sont autant de projets susceptibles de booster le
commerce à moyen terme.
Néanmoins, la part des surfaces commerciales en centre-ville (18 %) est
inférieure à celles d'autres grandes métropoles où elle atteint 20, voire 25 %.
Une charte d'orientation tend à gommer ce déséquilibre avec la périphérie. Elle
permet d'orienter les décisions de la commission départementale d'équipement
commercial. « L'année dernière,
12 854 m2
de surfaces supplémentaires ont été accordées, dont 62 % en centre-ville
ou à proximité immédiate », souligne Jean-Luc Cadio, favorable à la
création d'un espace commercial au coeur de la ville, avec des parkings
souterrains. « Cela contribuerait à rééquilibrer le commerce entre le
centre et la périphérie. »
Denis Bourdeau

Ah, la circulation à Nantes ! Sempiternel sujet de discussion dans les cafés
et les commerces du centre :
« Ça bouchonne tout le temps ! Les
gens ne viennent plus en ville ». Sujet hypersensible, donc.
Tous les Nantais gardent encore en mémoire le grand embouteillage qui avait
paralysé le centre-ville pendant plusieurs heures, un soir d'hiver, il y a
quelques années. On l'a encore vu récemment : à chaque coupure du périphérique
pour cause d'inondation ou de fermeture du pont de Cheviré, Nantes frôle
l'engorgement. Et chaque matin, des centaines d'automobilistes pestent contre
les ralentissements aux différentes entrées de la ville, notamment au sud.
Accros à la voiture
Voté en 2000, le plan de déplacement urbain (PDU) de l'agglomération nantaise
a retenu comme hypothèse un nombre quotidien de déplacements supérieur à
2,5 millions à l'horizon 2010. Et s'est fixé pour objectif de tendre vers
l'équilibre entre la voiture et les autres modes de transport : bus, tramway,
deux-roues et marche à pied. Mais malgré l'extension du réseau Tan (près de
110 millions de voyages en 2007), la part de l'automobile dans les déplacements
n'a pas diminué ces dernières années, et reste proche de 60 %. Soutenus par la
communauté urbaine, les plans de mobilité, qui visent à développer l'usage de
modes de transport alternatifs pour les trajets domicile-travail, peinent à
séduire les entreprises (à ce jour elles sont 153 à avoir signé ce plan
représenant un potentiel de 55 511 salariés). Et il faudra attendre la mise en
service des Bicloos, fin avril, pour savoir si ces vélos en libre-service
connaîtront le même succès que les Vélib'parisiens.
Les mentalités évoluent
Tout n'est pas noir pour autant. Le nouveau circuit « Coeur de ville », qui
avait suscité une levée de boucliers lors de sa mise en service, à l'automne
2006, ne fait plus guère parler de lui. Certains n'y verront que de la
résignation. D'autres, le signe que les mentalités sont en train d'évoluer
doucement. Un chose est sûre : personne, aujourd'hui, n'imagine revenir en
arrière et recréer des pénétrantes déversant leurs flots de voitures jusqu'au
coeur de la cité, comme dans les années 70. L'idée d'un centre-ville réservé aux
piétons et aux deux-roues ne heurte plus aujourd'hui que quelques indécrottables
« pro-bagnole ». Mais même eux devront s'y faire : un jour prochain, il leur
faudra réapprendre à marcher ou à pédaler pour gagner le centre de Nantes...
Xavier Boussion

Construit-on assez de logements à Nantes ? Non, a estimé récemment le Club
immobilier Nantes Atlantique (Cina), qui regroupe 170 professionnels du secteur.
Effets trompeurs
À en croire ces derniers, le lancement des nouvelles ZAC Bottière-Chénaie et
Saint-Joseph de Porterie, la transformation de l'Île de Nantes (7 000 logements
à construire sur 20 ans), le projet Tripode et les innombrables chantiers en
cours à travers la ville seraient trompeurs. « On a l'impression que
l'on construit beaucoup. En réalité, on construit moins aujourd'hui que dans les
années 90, où on était sur un rythme de 4 100 logements par an sur
l'agglo », souligne Loïc Cantin, le président du Cina.
Selon les pros de l'immobilier, malgré une volonté affichée de
« reconstruire la ville sur elle-même », comme le préconise
la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU) votée en 2000, « rien
n'a été fait depuis 7 ans dans l'agglomération nantaise pour freiner l'étalement
urbain ».
4 000 logements par an
Ce jugement a fait bondir les élus de Nantes Métropole qui soulignent que,
depuis 2001, 20 000 logements ont été construits dans l'agglomération.
« Sur les trois dernières années, on est sur un rythme de 3 400
à 4 600 mises en chantier », explique Gilles Retière,
vice-président de la communauté urbaine, en charge de l'habitat. En 2007, près
de 6 000 permis de construire ont été délivrés et plus de 4 000 logements mis en
chantier, dont la moitié sur Nantes.
Des chiffres conformes aux objectifs du Programme local de l'habitat (PLH)
voté en 2004 par la communauté urbaine. Programme qui prévoit la construction de
3 900 logements par an, dont 900 logements sociaux, pour moitié sur Nantes et
pour l'autre dans l'agglomération.
Flambée des prix
Mais la mise sur le marché de ces milliers de logements neufs n'a pas suffi à
enrayer la flambée des prix de l'immobilier à Nantes : + 10 à 15 % par an, en
moyenne, depuis dix ans. Conséquence : les ménages aux revenus modestes quittent
progressivement le centre-ville pour s'installer en deuxième et même en
troisième couronne, jusqu'à 30 ou 40 km de Nantes. « En 1989, l'aire
urbaine de Nantes englobait 82 communes. Aujourd'hui, on en est à 110 ou
120 », déplore Loïc Cantin.
Coup de pouce
Pour aider ces ménages modestes à rester intra-muros, Nantes Métropole a
lancé en 2006 son propre prêt à taux zéro (PTZ) qui vient compléter celui de
l'État. Depuis sa mise en place, près de 1 500 ménages en ont bénéficié, pour un
montant moyen de 26 000 €. Un coup de pouce indispensable, aujourd'hui, pour
pouvoir acheter à Nantes.
Xavier Boussion
UN ENSEMBLE DE CITOYENS
« Culture (S) à Nantes », n'est ni un parti
politique, ni un syndicat, ni un ensemble de citoyens, un groupe
corporatiste, mais un ensemble de citoyens se retrouvant autour des
problématiques actuelles liées à la culture », affirme la tête
de liste Pierre Combarnous qui a su rassembler soixante-quatre colistiers autour
d'un combat, pour « les cultures ».
Ne dites pas à Pierre Combarnous qu'il s'agit d'une liste défendant la
corporation des patrons de bars et des artistes.
On trouve aussi bien des employés, des commerçants, des chômeurs,
enseignants, avocat, employés qu'artiste peintre, musiciens, ou intermittent...
avec une moyenne d'âge avoisinant les 37 ans, de 23 à 53 ans.
GARDER LES LIEUX ALTERNATIFS
« Nous voulons être le poil à gratter » lance
Marion Cadiou, n° 2 de la liste. « Il y a un vrai problème de
représentativité. Il faut obliger les gens dont c'est la responsabilité à les
assumer ! Nous voulons alerter un certain nombre de politiques du
fait qu'il ne faut pas abandonner le segment culturel constitué par les petits
lieux. Il est très compliqué pour les institutionnels d'être à l'avant-garde des
nouveaux courants. Ceux-ci ne peuvent exister que dans les lieux alternatifs et
par définition ceux-ci ne doivent pas être institutionnels. Notre démarche est
citoyenne » explique Franck Bougiez n° 3 sur la liste.
ENJEUX CULTURELS
« La Liste Culture (S) à Nantes a été créée pour faire prendre
conscience à nos élus des enjeux liés aux politiques culturelles. Elle
n'a pas pour but de répondre à toutes les questions, sur toutes les
politiques de la Ville. Cependant il apparaît évident que les questions ayant
trait à la culture sont bien plus vastes que le seul champ
culturel » ajoute Pierre Combarnous qui compte mobiliser ceux qui
« ne votaient plus, votaient blanc ou sans convictions »
afin de faire de Nantes, « une ville de résistance, une véritable
capitale culturelle capable de s'opposer à la dynamique liberticide à
laquelle tout le monde, dans ce pays, semble s'être
résigné ».
DÉMOCRATIE REPRÉSENTATIVE
La liste Culture (S) à Nantes défend la démocratie représentative :
« Si la démocratie participative est vouée à l'échec, c'est parce
qu'elle a pour seul but de masquer l'échec de la démocratie
représentative. C'est cette crise de représentativité qu'il faut régler,
pas la démocratie ».
Tour à tour, tous les autres candidats ont réagi à la
proposition du MoDem. Les listes d'extrême-gauche y sont bien sûr favorables.
« Depuis toujours », souligne Hélène Defrance, élue
sortante, qui emmène la liste Lutte ouvrière :
« C'est la seule
solution pour développer les transports publics à Nantes ». Même
credo pour Thierry Fourage (LCR), qui estime qu'une simple réduction du prix du
ticket
« ne serait qu'une mesurette ».
« Pas sérieux »
Sophie Jozan est opposée à la gratuité qui, selon elle, aboutirait
« à creuser les déficits publics » pour financer les
investissements nécessaires à l'extension du réseau. La candidate UMP s'est en
revanche engagée à « aller vers une baisse progressive de 30 %
sur 6 ans » des titres de transports de la Tan.
Jean-Marc Ayrault estime pour sa part que la proposition de Benoît Blineau
n'est « pas sérieuse » et qu'elle « signerait la
paralysie de l'offre de transport à Nantes ». Le candidat du PS
estime que le manque à gagner sur la vente des titres de transport
représenterait « l'équivalent de 12 km de tramway sur 6
ans » (*).
La pub : 2 % du budget de la Tan
Pour financer la gratuité, le candidat du MoDem propose d'installer des
panneaux publicitaires à l'intérieur des bus et des trams, comme dans le métro
parisien, et d'augmenter le prix du stationnement en centre-ville.
Mais pourrait-t-on effectivement financer la gratuité des transports grâce à
la pub et aux parcmètres ? En 2006, le budget de fonctionnement de la Tan était
de 108,4 millions d'euros. La vente des titres de transport lui a donc rapporté
un peu plus de 34,6 millions. Nantes Métropole lui a versé une subvention de
69 millions. La Tan n'a engrangé que 2,4 millions d'euros grâce à la pub sur les
bus et les trams.
Quant au stationnement payant, il permet à la Ville d'encaisser chaque année
entre 5 et 6 millions d'euros.
Financé par les impôts ?
En mettant bout à bout le produit de la pub et du stationnement payant, on
arrive donc à un peu plus de 8 millions d'euros. Très insuffisant pour compenser
le manque à gagner qu'entraînerait l'abandon des recettes de la vente des
tickets Tan. Mais Benoît Blineau met en parallèle ces 34,6 millions d'euros et
le budget de Nantes Métropole, qui frôle le milliard. Sous-entendu : la
collectivité a les moyens de payer.
« Rien n'est gratuit, aime à rappeler Charles Gautier, le maire
de Saint-Herblain, vice-président de Nantes Métropole. Au bout
du compte, il y a toujours quelqu'un qui paye ». Et si ce ne sont
plus les usagers des transports, ce seront forcément les contribuables...
Xavier Boussion
(*) Un km de tramway coûte entre 15 et 30 millions d'euros, en fonction des infrastructures
La tête de liste UMP aux Municipales a présenté hier ses
propositions en matière de transports et de déplacements à Nantes. Revue de
détail.
Tramway.- Dénonçant « le flou » qui entoure le
projet de ligne 5 du tramway (de Chantenay à la gare SNCF via l'Île de Nantes),
Sophie Jozan se dit plutôt favorable à une ligne de BusWay, moins cher et
offrant « plus de souplesse » que le tram. La candidate
plaide aussi pour le prolongement de la ligne 1 ou de la ligne 3 jusqu'au CHU
Nord, à Saint-Herblain.
Bus.- Pour Sophie Jozan, l'actuel réseau, « trop
concentrique », doit être revu en certains points posant problème
(allée Baco, rue Pitre-Chevalier, rue de Gigant). La ligne 5, entre les Facultés
et Chantenay via la « petite ceinture », doit selon elle être « remise
à l'étude ».
Navettes fluviales.- Sophie Jozan propose la création d'une desserte
par Navibus le long de la Loire, entre Chantenay et la Cité des congrès, et
autour de l'Île de Nantes.
Tarifs Tan.- Opposée à la gratuité, la candidate s'engage, si elle est
élue, à « aller vers une baisse progressive de 30 % sur 6
ans » de l'ensemble des titres de transports de la Tan. Le prix du
ticket à l'unité (1,30 € actuellement) passerait ainsi à 0,80 €.
Taxis.- Sophie Jozan souhaite aller « vers une augmentation
progressive du nombre de taxis à Nantes » et étendre leur zone
d'activité à toute l'agglomération, « et non plus seulement à la
commune ».
Vélos.- N° 5 sur la liste Jozan, Céline Barré prône l'extension des
futurs Bicloos nantais (vélos en libre-service) aux communes périphériques, la
création d'un « vrai réseau de pistes cyclables sécurisées en site
propre » et l'élaboration d'un « code de la
rue » pour un meilleur partage de la voirie.
Parkings.- N° 2 sur la liste Jozan, Julien Bainvel veut
« limiter au maximum la présence des voitures en
centre-ville ». Il propose la création de nouveaux parkings à
l'extérieur, de « parkings silos végétalisés » dans le
centre de Nantes, et la « mutualisation des parkings
d'entreprise », utilisés le jour par des salariés et la nuit par des
particuliers.
Circuit coeur.- « Il faut revoir le nouveau circuit coeur de
ville, conçu de façon totalement dogmatique et qui ne fonctionne
pas ».
Pollution.- Afin de réduire la pollution en ville, Sophie Jozan
proposera une prime aux taxis pour l'achat de véhicules hybrides et le
renouvellement du parc automobile de la Ville. Les véhicules propres paieront
demi-tarif dans les parkings du centre.
Carbone.- Si elle est élue, Sophie Jozan mettra en place un dispositif
de « compensation carbone ». Chaque déplacement d'élu ou
d'employé municipal fera l'objet d'une compensation financière reversée à des
associations écologistes.
Recueilli par Xavier Boussion
Jean-Marc Ayrault a réussi hier un exercice qui va au-delà
du style. En rassemblant autour de lui et autour d'un projet commun tous les
candidats de la majorité communautaire de gauche en pleine campagne municipale,
il fixe la ligne de mire proposée aux électeurs. En partant du principe qu'il
« n'y a pas de gouvernance de la communauté urbaine sans collaboration
étroite entre les communes » mais que
« chacun est candidat dans sa
commune », Jean-Marc Ayrault place toutes les propositions dans leur
dimension métropolitaine.
« C'est une force d'agglomération et non l'addition de politiques
communales. Nous sommes les seuls à pouvoir le faire ! », résume
Gilles Retière, maire sortant de Rezé. Réunis dès le 17 décembre dernier, tous
les candidats ont planché à ce projet commun. Ainsi logiquement, beaucoup des
propositions de Jean-Marc Ayrault comme candidat à la mairie de Nantes se
retrouvent dans « les cinquante mesures phares pour la métropole ».
Ouverture internationale
Création d'un conseil de développement économique à l'international. Mise en
place d'un conseil consultatif de la coopération décentralisée. Création d'un
conseil d'analyse stratégique pour éclairer les élus de l'agglomération à la
définition et à la mise en oeuvre des orientations économiques, sociales et
environnementales. Réalisation d'une cité et d'un lycée international. Étude
pour la création d'un pôle international de commerce équitable.
Recherche et innovation
Développement à la Chantrerie d'un pôle d'excellence dédié aux technologies
de l'information et de communication, création d'un pôle d'excellence européen
consacré aux industries culturelles et créatives.
Rives de Loire
La Loire et son estuaire sont au coeur de la démarche : poursuite du
réaménagement des rives et des quais, développement du Navibus avec une liaison
régulière gare maritime, Trentemoult, Bouguenais, Indre Couëron, Le
Pellerin.
Piscine olympique
Elle serait implantée à Rezé et accessible par le tram. Des aides pourraient
être accordées aux communes pour la création de piscines de proximité.
Document complet sur le site www.nantesetplus.fr
Eric Cabanas
La salle 800 n'était pas assez grande. La mobilisation a fonctionné pour accompagner Jean-Marc Ayrault dans son rendez-vous public. Pas d'invités d'envergure nationale pour ce seul grand meeting avant le 9 mars, le patron de Nantes & plus a choisi de privilégier ceux et celles qui l'accompagnent dans sa démarche.
« Nous sommes entre nous ce soir », lance l'animateur sollicité pour l'occasion devant une assistance rassemblant aussi bien des
« anciens » de la première heure, que des jeunes militants arborant un tee-shirt rose au nom de leur champion, des habitués, des aficionados, le staff de collaborateurs, mais également des Nantais curieux de découvrir le programme et l'équipe. Au premier rang Brigitte Ayrault côtoie les adjoints qui ne repartiront pas : Albert Mahé, Jean-Marie Pousseur, Henri Duclos...
« Nous avons un bilan crédible. Nous avons réalisé la majorité des 150 engagements que nous avions annoncé en 2001. Les 200 engagements de 2008, nous avons à coeur de les tenir », promet l'adjointe et député Marie-Françoise Clergeau qui repart pour un mandat.
« Union pour aller plus loin »
Trois minutes sont laissées au chanteur compositeur Albert Magister pour qu'il dise son amour pour Nantes, défende les cafés concerts et s'adresse au maire sortant : « Votre poignée de main est franche et sûre... Non, non ce n'est pas du lèche-bottes blues... »
Clips vidéos pour permettre aux représentants du PRG, PCF, MRC, Alternatifs, des Verts, de mettre en avant l'union : pour « aller plus loin » et « organiser un contre pouvoir local à une politique nationale injuste », comme le déclare la socialiste Michelle Meunier.
Louise Robin, historienne d'art est invitée à monter sur scène pour défendre l'art et le patrimoine de la ville.
« Enfin cette campagne ! »
Dernier témoin : Alain Chénard, ancien député-maire socialiste de Nantes, père du tramway nantais très applaudi dans une performance politico-comique : « On est entre nous... La droite sous Chauty elle se chicaillait quand elle était au pouvoir, maintenant elle n'attend pas, ils se chicaillent avant, regardez Annick du Roscoat qui ne soutient pas Sophie Jozan... »
21h 30. Jean-Marc Ayrault prend la parole... « Enfin, cette campagne ! Je l'attends avec impatience. Merci d'être là tous ensemble... L'enjeu c'est l'avenir de Nantes. Rien n'est jamais acquis, c'est pour cela que j'appelle à la mobilisation. Je n'ai pas envie que Nantes devienne la belle au bois dormant ».
Eric Cabanas
L'extrême gauche devrait compter trois listes aux
municipales. La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) alliée aux Bretons
d'Emgann a présenté la sienne il y a une semaine. Samedi c'était au tour de
Lutte ouvrière (LO). Le Parti des travailleurs devrait suivre dans les prochains
jours.
« Sonner l'alerte »
Brièvement envisagée, une liste commune LCR-LO n'a pu être constituée,
« du fait essentiellement du refus de la LCR que je sois tête de
liste », explique clairement Hélène Defrance. Argument pour se
prévaloir de ce leadership : elle était la seule élue d'extrême gauche au
conseil municipal.
Cette dispersion va rendre l'élection d'un membre d'extrême gauche très
incertaine en mars prochain. C'est pourtant avec cet objectif que Lutte ouvrière
entend « porter la voix et les intérêts du monde du travail ».
Dans les entreprises, dans les quartiers ou au conseil municipal les candidats
LO veulent « sonner l'alerte contre les mauvais
coups ».
Quarante-quatre ans : c'est la moyenne d'âge des membres de liste.
Enseignants, agents des services publics et retraités y sont nombreux. Hélène
Defrance s'en explique : « Quand on est précaire, chômeur ou salarié
de grande surface, il est difficile de s'afficher Lutte ouvrière ; le
flicage patronat, ça existe ».
Transports gratuits...
Sur le plan du programme Lutte ouvrière souligne « l'urgente
nécessité de construire des logements accessibles aux revenus modestes ».
« Il en manque 20 000 à Nantes et au rythme actuel il faudra 20
ans pour résorber la demande ! », estime Hélène Defrance.
Elle prône également la gratuité des transports publics. Comment financer la
mesure ? « L'État doit payer mais aussi les entreprises qui profitent
de ces transports comme les grandes surfaces ».
Au niveau de l'économie, Lutte ouvrière reste sur des bases connues :
« Il faut mettre les grands groupes sous le contrôle des salariés et
de la population ». Et en attendant, exercer un contrôle strict sur
les aides ou exonérations dont bénéficient les entreprises.
...cours du soir aussi
Santé, éducation : là doit porter l'investissement public : « Il faut
cesser toute subvention aux écoles privées et remettre les études gratuites le
soir pour les enfants des quartiers défavorisés ».
Enfin Lutte ouvrière veut que la population soit davantage associée aux
décisions municipales, y compris avec recours au referendum, et ne se contente
pas des actuels conseils consultatifs de quartiers « qui ne sont que
coquilles vides et instruments de propagande ».
Jean-Philippe Lucas
(avec Frédéric Testu)
DÉVELOPPEMENT
Création, avec la Région, d'une cité internationale et d'un lycée
international.
Dépôt d'un dossier de candidature en vue de l'inscription de Nantes et de
l'estuaire de la Loire au patrimoine mondial de l'Unesco (comme Bordeaux).
Construction d'une nouvelle gare SNCF.
ÉCONOMIE
Favoriser le retour ou l'accès à l'emploi durable pour 8 000 personnes en six
ans.
Ouverture d'une antenne de la Maison de l'emploi en centre-ville.
Création d'une école de la deuxième chance pour les jeunes sans diplôme.
COMMERCE
Signature d'une nouvelle charte d'urbanisme commerciale avec la CCI.
Rénovation des pôles commerciaux de quartiers (Clos-Toreau, Boissière,
Bottière, Malakoff...).
Créations de nouvelles surfaces commerciales (Neptune, Pommeraye, îlot
Lambert...)
URBANISME
Poursuite de l'aménagement de l'espace public du centre-ville : quai de la
Fosse, place Graslin, partie haute de la rue du Calvaire, rue Franklin...
Lancement d'une étude sur le secteur de l'ancien palais de justice.
Aménagement de l'espace devant l'hôtel de Ville avec construction d'un
nouveau parking-silo.
ENVIRONNEMENT
Mise en service de 4 ha de panneaux solaires et extension du réseau de
chaleur sur l'île de Nantes.
Création d'un parc urbain « parcours nantais de la biodiversité » de
Chantenay à Mauves en passant par Malakoff.
TRANSPORTS
Connexion des lignes 1 et 2 de tramway et lancement d'une étude sur une ligne
de tram est-ouest traversant l'île de Nantes.
Création d'un « pass mobilité » donnant accès au réseau Tan, aux parkings et
au Bicloo.
LOGEMENT
Construction de 2 000 logements par an dont 400 logements sociaux.
Suppression de l'habitat insalubre.
Mise en place d'une charte de sauvegarde du petit patrimoine remarquable.
TRANQUILLITÉ
Renforcement des médiateurs de rue et dans les équipements publics.
Élaboration d'une « charte de la qualité de vie nocturne ».
SPORT
Construction d'un stade d'athlétisme en lien avec l'Université.
Rénovation du palais des sports de Beaulieu.
Création d'un « chèque sport » pour permettre l'adhésion à un club sportif de
tous les enfants et adolescents.
CULTURE
Création d'un grand musée d'art à Nantes par extension et rénovation du musée
des Beaux-Arts.
Construction d'un équipement de création et de diffusion pour les arts
émergents.
Création d'un « pass famille » pour favoriser l'accès à la culture.
PETITE ENFANCE
Création de 150 nouvelles places de crèche.
Mise en place d'un guichet unique pour toutes les modes de garde.
JEUNESSE
Création d'un parcours de loisirs pour les ados et d'un « pass découverte »
donnant gratuitement accès aux loisirs (piscine, musée, spectacles,
tram...).
PERSONNES ÂGÉES
Construction de 1 000 « logements bleus » adaptés aux personnes âgées à
mobilité réduite.
Création d'une « Maison Alzheimer » pour les aidants et les familles.
ACTION SOCIALE
Mise en place d'un micro-crédit social pour lutter contre l'exclusion
financière et bancaire.
Augmentation du nombre de places en hébergement d'urgence.
Doublement des capacités d'accueil des SDF vieillissants.
Le programme complet est consultable sur le site
www.nantesetplus.fr
Bilbao a son musée Guggenheim, Sydney son opéra, Québec son Musée de la
civilisation. Si Sophie Jozan est élue maire en mars prochain, Nantes aura aussi
son
« geste architectural fort ». Celui qui, selon la
candidate de la droite nantaise, manque cruellement à la cité des Ducs pour
asseoir sa notoriété au niveau international.
Baptisé « Port Liberté », ce monument construit à la pointe de l'île de
Nantes, « en figure de proue vers la mer », sera
« un lieu culturel d'exposition, de rencontres, porteur du passé et
projeté vers le futur », précise Sophie Jozan.
Le projet fera l'objet d'une « large concertation » et
sera même soumis à un référendum d'initiative locale, promet la candidate.
« L'idée, ce n'est pas d'imposer un projet tout ficelé, comme le fait
Jean-Marc Ayrault, mais au contraire de faire appel à l'imaginaire des
Nantais », souligne Paul Poirier, architecte, n° 12 sur la liste
Jozan.
Un port de plaisance
Projet phare du mandat, « Port Liberté » sera aussi « le porteur
d'un complexe universitaire et de recherche et d'une Cité de
l'innovation ».
Son coût ? « Plus cher que le Mémorial de l'esclavage et moins que
la Cité des congrès », se contente d'indiquer Yvon Chotard.
L'ex-adjoint de Jean-Marc Ayrault, passé à « l'ennemie », est aujourd'hui un
farouche détracteur des Machines de l'île : « Des manèges sans rapport
avec ce qui a fait l'histoire de Nantes et qui n'ont aucune chance de devenir
rentables un jour ».
Dans son projet pour l'île, Sophie Jozan prévoit aussi la création d'un port
de plaisance. Une plaisance « si maltraitée aujourd'hui »
et qui, selon elle, mérite un meilleur accueil à Nantes.
X.B.
Benoît Blineau, tête de la liste MoDem à Nantes a choisi le Lieu Unique pour présenter avec ses colistiers Marie-Annick Main, André-Hubert Mesnard et David Le Borgne, les chapitres culture et sport de son programme municipal avec en toile de fond un appel « à plus de démocratie locale ».
Referendum et conseils municipaux décentralisés
« L’absence de démocratie locale est relevée par toutes les listes face à Jean-Marc Ayrault », note Benoît Blineau qui propose l’instauration de référendums d’initiatives citoyennes, à l’échelon des quartiers et de la ville, « lorsqu’au moins 20 % des habitants le demandent ». Le MoDem propose aussi de délocaliser les conseils municipaux dans les quartiers. « Très peu de Nantais assistent aux conseils municipaux pourtant ouverts au public. Il faut que les gens ne soient plus des pions mais s’impliquent dans la démarche municipale », précise Benoît Blineau. Le candidat propose également l’organisation « d’ateliers de quartiers permettant la confrontation des élus ou d’experts des services de la Ville avec les habitants des quartiers ».
Côté culture Marie-Annick Main, animatrice de la commission au sein du MoDem de Nantes, dénonce : « À Nantes on est dans le divertissement et les loisirs. On a perdu le sens des réalités et le sens de la vraie culture».
Place aux créateurs locaux
Elle souhaite « redonner leurs places aux créateurs locaux (face à des politiques spectacles destinée à faire de Nantes une vitrine), dans les projets d’envergure nationale et internationale » et propose de leur mettre à disposition « des points d’expositions dans toute la ville ».
Même démarche vis-à-vis du théâtre : « L’offre doit être plus diversifiée. À côté de la grosse machinerie des événements de rue, le vivier des petits théâtres et des compagnies locales mérite d’être plus soutenu ». Le MoDem regrette par ailleurs « l’absence à Nantes de Théâtre national susceptible d’attirer les grands metteurs en scène et les artistes de renom ».
Marie-Annick Main propose également une « vraie politique en faveur de la lecture dans les quartiers » et la création d’un prix littéraire jeunesse d’envergure nationale.
Patrimoine : les habitants associés à l’inventaire
Le MoDem promet un audit afin d’évaluer les besoins mais il souhaite là encore associer les habitants dans la préservation du patrimoine de proximité. « Ce patrimoine est menacé par des opérations d’urbanisme plus ou moins ponctuelles, décidées souverainement en dehors de toute concertation », note André-Hubert Mesnard qui précise : « Nous nous engageons à associer la population à l’inventaire et à la mise en évidence de ces richesses et de ces repères de proximité, ce qui n’est pas du tout le cas actuellement. »
Aide au bénévolat sportif
Benoît Blineau propose une aide financière à la formation de 300 € pour les jeunes de 16 à 20 ans engagés dans le bénévolat sportif. Il note l’absence de piscine olympique et de stade d’athlétisme couvert « promis par Jean-Marc Ayrault en 1989, 1995 et 2001 ».
Pour plus de détails : www.nantesdemocrate2008.com
Thierry Fourage, tête de la liste « Nantes, à gauche toute ! », pour une « gauche anticapitaliste, féministe, écologiste et internationaliste », emmenée par la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Emgann (gauche bretonne sous l'intitulé Breizhistance), des militants syndicalistes et associatifs, compte bien prendre toute sa place dans les élections municipales nantaises. Et avec les deux autres listes « À gauche toute ! », présente à Saint-Herblain et en préparation à Rezé, c'est une dynamique au niveau communautaire qui est envisagée.
La plus jeune des listes à Nantes
Avec 36 ans de moyenne d'âge, c'est la plus jeune des listes en présence pour l'instant à Nantes. Vingt-cinq ont moins de trente ans et plusieurs ont tout juste 18 ans. La plus âgée, Ginette Pigeon, a 74 ans. « C'est une liste ouverte, avec des hommes et des femmes engagés dans des combats syndicaux et associatifs », explique Thierry Fourage, 40 ans, secrétaire administratif, militant de la LCR.
Le parti d'Olivier Besancenot a effectivement joué l'ouverture puisque sur les soixante-cinq membres de la liste, dix-sept sont militants LCR. Quatre sont de Breizhistance. Six candidats sont chômeurs, douze étudiants, d'autres sont syndicalistes, comme le n° 3 Philippe Lafrance à la CGT chez France Télécom. Parmi les nombreux militants associatifs, plusieurs se déclarent pro Palestiniens.
« Une liste à l'image de la population nantaise »
On trouve également des ouvriers, employés, retraités, enseignants, intérimaires, comédien, un ingénieur, une doctorante, un médecin, un artisan menuisier et un avocat retraité, ancien bâtonnier du barreau de Nantes, en la personne de l'ex-socialiste Michel Taupier, 69 ans.
« C'est une liste à l'image de la population nantaise, une liste de non-professionnels de la politique et qui n'entendent pas le devenir », souligne Thierry Fourage. À son programme - sur lequel nous reviendrons -, la lutte contre la droite et l'extrême droite et une indépendance réaffirmée vis-à-vis du Parti socialiste, qui « reproduit au plan local, avec ses alliés, tous les errements et les renoncements de l'ex-gauche plurielle ».
« La situation catastrophique du logement »
« Nous n'entretenons pas la moindre illusion sur la politique de Jean-Marc Ayrault », précise Thierry Fourage qui évoque « la situation catastrophique du logement sur l'agglomération », préconise la gratuité des transports en commun, une culture de proximité contre une culture de « vitrines de communication », une démocratie qui « associe réellement la population aux choix » et une rotation des élus pendant leur mandat.
Éric Cabanas
(Avec Ph. C)
C'est un chef d'entreprise, Yann Rolland, UMP, ancien président de l'École de design de Nantes et ancien vice-président de la CCI de Nantes en charge de l'aéroport, qui a présenté hier les dix axes du programme de développement économique du projet municipal de la liste de Sophie Jozan.
Remarqué pour avoir développé l'actionnariat des salariés dans son entreprise, à hauteur de 13 % du capital, créé 350 emplois depuis dix ans et mis en place des crèches interentreprises, ce Nantais de 54 ans veut redonner à Nantes « classée 54e ville européenne pour son dynamisme économique » un « véritable projet ». Dix propositions concrètes visent d'une part à favoriser l'environnement des petites et moyennes entreprises d'une part et améliorer les conditions de l'emploi d'autre part.
Cité de l'innovation
L'équipe de Sophie Jozan propose la création d'une cité de l'innovation et du développement durable qui abritera à la fois un lieu d'exposition grand public sur l'évolution des produits d'entreprises nantaises et sur les recherches récentes, un lieu d'exposition professionnelle permettant la mise en évidence de tous les aspects d'un matériau, des ateliers de recherches et laboratoires, des centres de formation et une pépinière d'entreprises.
« Il s'agit de favoriser l'enracinement des sièges sociaux à Nantes. Ceci s'accompagne d'une politique de prospection volontariste en région parisienne et dans les pays émergents investisseurs comme l'Inde et la Chine », indique Yann Rolland. Cela passe par l'amélioration des infrastructures au service de la mobilité (aéroport de Notre-Dame-des-Landes, gare TGV, taxis).
Guichet unique pour les commerces
Sophie Jozan veut aussi : promouvoir les pôles de compétitivité et faire émerger un ou deux pôles au niveau mondial, favoriser l'accès aux emplois non pourvus (coordination des actions...).
Pour lutter contre le chômage dans les quartiers, elle propose un suivi personnel des lycéens par un système de tutorat et une banque de stages, comme le propose Fadela Amara.
Elle veut également favoriser la qualité de l'emploi, par l'amélioration des conditions de circulation, la gestion des heures d'embauche, des services à la personne.
Augmentation du nombre de parkings
Yann Rolland évoque également comme proposition la création d'un guichet unique pour le commerce en centre-ville, regroupant la Ville, la CCI et les associations de commerçants (prospection et accompagnement de projets d'implantation...).
Parmi les propositions les plus spectaculaire au coeur de la ville on retiendra la création d'un centre commercial place de la Petite-Hollande avec parkings souterrains et maintien d'un espace pour le marché côté Feydeau.
En parallèle, l'équipe de Sophie Jozan prévoit l'augmentation du nombre de parkings en périphérie et des petits parkings près du coeur de Nantes. Elle préconise enfin de revoir le système de collecte des déchets des commerces de bouche dans le centre-ville.
Le détail des propositions économiques de la liste de Sophie Jozan sur www.sophiejozan.com
Les réunions se suivent et « Culture (S) à Nantes » attend toujours de réunir les 65 noms pour présenter une liste aux prochaines municipales. Les « trublions » de la culture nantaise, qui revendiquent une liste citoyenne et non corporatiste, veulent rebondir sur les propositions de Jean-Marc Ayrault.
« La mairie a fait un communiqué de presse. Il faut lui montrer qu'il y a une autre voie à inventer. Il faut proposer autre chose et ne surtout pas continuer à appliquer ce qui est déjà en marche », explique Frédéric « Didi » Bonnet, l'une des chevilles ouvrières de ce mouvement.
« Quand on n'a pas d'argent, c'est plus compliqué »
« Nous n'avons pas vocation à nous exprimer sur toute la politique de la ville, poursuit Pierre Combarnous, alias M. Mouch, le leader du groupe. On se cantonne au domaine culturel uniquement. Mais nous ne voulons pas seulement être l'allumette qui mettra le feu. Notre mobilisation a fait réagir la municipalité. Et on espère continuer pour, pourquoi pas, s'exprimer dans des commissions consultatives aux côtés de la CGT ou de Bars-Bars par exemple ».
En attendant, le futur (?) mouvement essaye de boucler sa campagne financièrement. Et là aussi, il y a un important travail à faire. « Quand on n'a pas d'argent, c'est plus compliqué », regrette le leader de « Culture (S) à Nantes ». « Mais on veut arriver à 0,00 € de dépense et 0,00 € de recette au final ».
Deadline vendredi
En attendant, les sympathisants sont invités à rechercher des gens susceptibles de rejoindre le mouvement. « Nous sommes actuellement une cinquantaine, il nous manque donc une quinzaine de personnes, en particulier des filles », reconnaît M. Mouch.
« Culture (S) à Nantes » a également précisé qu'il n'était pas lié à Bars-Bars et que les deux membres de ce collectif, qui auraient pu adhérer, s'étaient retirés du mouvement afin de ne pas créer d'amalgame entre les deux entités.
Philippe Corbou
Une centaine de personnes ont assisté hier soir, salle Bretagne, dans le quartier Saint-Pasquier, à la première des onze réunions de quartier organisées par Sophie Jozan dans le cadre de sa campagne pour les municipales.
L’occasion, pour la candidate UMP, de dénoncer le « sectarisme » de son adversaire socialiste, Jean-Marc Ayrault, qui a annoncé hier que les députés PS n’iront pas à la présentation, vendredi, du plan banlieue de Fadela Amara, « qui est pourtant doté d’un budget d’un milliard d’euros ».
« Malhonnêteté »
Très remontée, Sophie Jozan a également accusé Jean-Marc Ayrault de « malhonnêteté ». « Durant tout ce mandat, il nous a traités par le mépris à chaque fois que nous avons fait des propositions crédibles pour Nantes. Et aujourd’hui, il les reprend à son compte », a-t-elle expliqué, en faisant notamment allusion à la refonte de la gare SNCF (lire ci-dessous), au développement des crèches d’entreprise et à l’école de « la deuxième chance ».
Devedjian, Bockel et Bachelot
Dans les semaines qui viennent, la tête de liste de la droite nantaise devrait recevoir le soutien de plusieurs personnalités. Parmi eux, Patrick Devedjian, le secrétaire général de l’UMP, qui a annoncé sa venue à Nantes dans deux semaines, ainsi que Jean-Marie Bockel, le sénateur-maire de Mulhouse, exclu du PS depuis sa nomination comme secrétaire d’État chargé de la Coopération et de la Francophonie dans le gouvernement Fillon.
Ministre de la Santé, de la jeunesse et des sports, Roselyne Bachelot viendra également soutenir Sophie Jozan, le 5 ou le 6 mars, lors de son dernier meeting de campagne.
X.B.
C'est en s'appuyant sur près de six cents militants que cette liste qui n'a « rien à perdre » se lance dans l'aventure, avec en ligne de mire l'avenir, au-delà de l'élection municipale.
Avec une moyenne d'âge de 43 ans, c'est la plus jeune des trois listes présentées jusque-là. Elle s'appuie sur la diversité. Les hommes et les femmes qui la constituent sont issus de nombreux horizons, sociaux, professionnels et politiques. Six personnes de Cap 21, le mouvement de Corinne Lepage, ont rejoint le MoDem. Deux autres ont quitté le PS l'an dernier, une dizaine vient de l'UDF « canal historique », certains anciens UMP et un ex-CNI en la personne d'André Bolo, fils de l'ancien député de Loire-Atlantique. Tous revendiquent désormais clairement leur appartenance au MoDem, « ce nouveau parti plein d'avenir ! » André-Hubert Mesnard est avec Benoît Blineau le seul élu en exercice de la liste (conseiller municipal d'opposition à Nantes).
« Des gens réalistes »
« Nous n'avons pas constitué cette liste à partir d'un dosage politique, mais à partir de l'implication des uns et des autres dans la fabrication de la campagne à travers les différentes commissions qui travaillent avec des gens capables de porter des projets et de les mettre en avant », souligne Emmanuel Cadeau, n°3 de la liste et directeur de campagne.
« Nous inventons un nouveau parti et le mettons sur les fonds baptismaux pour ces élections. Mais c'est au-delà des municipales que nous voyons déjà. Quel que soit le résultat, nous serons gagnants. Nous avons fabriqué un appareil digne de ce nom. Ce que n'était pas l'UDF jusque-là » souligne Emmanuel Cadeau.
Avec Isabelle Loirat en n° 2 et Benoît Blineau, le trio emmène l'équipe qui souhaite, comme l'indique André-Hubert Mesnard, « instaurer une nouvelle façon de gouverner la ville avec les citoyens, en amont des décisions et sans grand-messe animées par les élus locaux ».
Résumé de Benoît Blineau : « C'est une équipe de gens réalistes qui ont un passé de droite ou de gauche et qui veulent faire de la politique autrement et instaurer une véritable démocratie dans cette ville. »
E. C.
Je nous souhaite de passer six bonnes années ensemble ! », a lancé Sophie Jozan, hier soir, devant cinq cents sympathisants réunis pour son premier meeting de campagne dans la salle Nantes-Erdre, non loin de la Beaujoire. « En 2008, l'espoir doit changer de camp », a-t-elle poursuivi, en expliquant que son objectif, le 9 mars, était « d'ébranler la citadelle socialiste à Nantes, en Loire-Atlantique et dans les Pays de la Loire ». L'occasion aussi, pour la candidate UMP, de dévoiler les dix mesures qu'elle prendrait en tant que maire de Nantes, dans les trois mois suivant son élection. Petite enfance : « Je prendrais des mesures pour soutenir la création de crèches d'entreprises. Et je veux parvenir à la mise en place d'un «droit opposable à la garde d'enfants» à l'échelle de la communauté urbaine ».Éducation : « Je mettrai en place un service minimum dans les écoles pour assurer l'accueil des enfants en cas de grève. Je souhaite aussi ouvrir plus largement les écoles aux enfants handicapés, notamment en maternelle ».Échec scolaire : « Je mettrai en place une école «de la deuxième chance» pour les élèves en situation d'échec scolaire. Avec l'objectif de les amener vers une qualification correspondant aux besoins des entreprises locales ».Logement : « Je proposerai le triplement de l'abondement par la communauté urbaine de son prêt à taux zéro, ainsi que la mise en vente d'une partie du parc de logements HLM de la ville, qui seront proposés en priorité aux locataires et aux ménages modestes ».Personnes âgées : « Si je suis élue, je mettrai en place un dispositif de «facilitateur» pour favoriser la création de petites sociétés de services d'aide à domicile. Par des mesures fiscales ou des coups de pouce financiers pour l'achat de véhicules, par exemple ».Commerce : « Je mettrai en place un plan d'urgence pour le commerce de centre-ville, en concertation étroite avec les commerçants. Nous aurons une politique beaucoup plus volontariste en direction des grandes enseignes pour favoriser leur implantation à Nantes ».Environnement : « Un conseil de développement durable, composé de citoyens, de représentants des écoles, de médecins, d'experts, sera chargé de veiller à la mise en oeuvre concrète, par la Ville, des idées issues du Grenelle de l'environnement ».Sécurité : « Je suis favorable à l'installation de nouvelles caméras de surveillance dans les endroits sensibles, comme la place du Commerce, certaines stations de tramway et certains quartiers qui connaissent des problèmes de sécurité ».Déplacements : « Il faut revoir une partie du plan de circulation, et faciliter notamment les accès à la gare. On doit pouvoir traverser la ville sans que ce soit un gymkhana ».Une cité internationale : « Je proposerai la création d'une cité internationale autour du futur lycée international de l'île de Nantes, pour accueillir les étudiants étrangers. Ce sera aussi un lieu de culture et d'échanges, visant à améliorer la lisibilité de Nantes au niveau international ».Propos recueillis par Xavier Boussion
Hier soir, au premier étage d'un café du centre-ville de Nantes, ils étaient environ une trentaine, garçons et filles, à débattre et discuter de leur premier manifeste (1) et du nom définitif. Ce sera « Culture (S) à Nantes ». L'atmosphère, plutôt studieuse, laissait la parole à chacun et l'on pouvait reconnaître quelques figures du milieu culturel et journalistique nantais.
« On veut aller plus loin dans la défense des petits lieux, tels que le TNT, les cafés-concerts ou les petits théâtres, qui disparaissent tous les jours, faire en sorte que Nantes soit résistante au niveau national », soulignait Pierre Combarnous, tête de cette liste de 65 candidats, pas tout à fait achevée, et composée d'artistes, de cafetiers et de Nantais d'horizons divers. «
Nous avons écouté Jean-Marc Ayrault qui a parlé d'un Grenelle de la culture. Notre but n'est pas de lui cracher dessus mais de lui montrer qu'on ne s'arrête pas aux annonces. On veut être certain que les futurs états généraux de la culture existent et qu'ils soient suivis d'effets ».« Motivés par l'urgence »Âgé de 30 ans, Pierre Combarnous, artiste indépendant bien connu dans le milieu des petits lieux, vit «
du spectacle vivant, des contes pour enfants et du théâtre pour adultes ». L'origine de cette nouvelle liste électorale ?
« Notre mouvement est motivé par l'urgence de l'action. On se réunissait depuis deux, trois semaines. Les débats avançaient entre nous petit à petit. Ils continuent toujours d'ailleurs. Les municipales sont l'un des meilleurs moyens pour ouvrir le débat sur la culture ».Aujourd'hui,
« nous ne voulons pas que les nuits nantaises soient cantonnées à un unique hangar à bananes et que le Royal de Luxe, même si nous les apprécions, le Lieu Unique ou l'Éléphant soient les uniques vitrines d'une politique culturelle. Nous sommes pour la protection de la culture non communicante ». Recherche 9 000 euros
« Ce n'est pas une liste corporatiste et nous sommes hors partis », dit encore Pierre Combarnous.
« Hors partis ne veut pas dire apolitiques, au contraire, la question de la culture est politique. Nous sommes dans une dynamique citoyenne. Notre but est de faire pression sur les élus et de leur rappeler que les citoyens sont concernés, vigilants et acteurs de leur cité ». Quant au nerf de la guerre, l'argent, il n'est pas encore réglé, un minimum de 9 000 euros s'impose, pour se lancer dans la course municipale.
« Mais on est très optimiste », conclut Pierre Combarnous.Stéphane PajotLe premier manifeste de la liste « Culture (S) » était à lire sur le blog :
http://culturespopulaires.artblog.fr
Après celles de Jean-Marc Ayrault (PS), Sophie Jozan (UMP), Benoît Blineau (MoDem), Hélène Defrance (LO) et Thierry Fourage (LCR), une sixième liste envisage de briguer les voix des électeurs nantais aux municipales de mars prochain. Conduite par Jean-Pierre Bréus, un enseignant nantais, militant du Parti des travailleurs, elle est issue du comité nantais pour un parti ouvrier, dont le congrès fondateur devrait avoir lieu en juin prochain, à Paris. Pour la première fois, il y aurait donc trois listes d'extrême-gauche à Nantes. On devrait en savoir un peu plus sur la dernière-née, dont la composition n'est pas encore bouclée, à l'issue du point presse organisé aujourd'hui par Jean-Pierre Bréus. Ce dernier assure vouloir aller « jusqu'au bout ». Lui et ses colistiers devraient mener campagne sur le thème de « la rupture avec l'Union européenne » et « la défense de la démocratie communale et des services publics ». X.B.
Rebondissant sur la polémique surgie autour des fouilles menées sur l'îlot Lambert, Sophie Jozan monte à son tour au créneau pour dénoncer « la légèreté, voire le mépris » avec lequel, selon elle, le patrimoine urbain de Nantes est traité par l'actuelle municipalité. « L'émotion suscitée par cette affaire montre bien l'attachement très fort des Nantais pour leur patrimoine, souligne la tête de liste de la droite aux municipales. Et la façon dont ce dossier a été géré montre bien que l'équipe en place n'a pas pris la mesure de cet attachement ». Sarcasmes Selon André Augier, numéro 6 sur la liste Jozan, « l'affaire » de l'îlot Lambert est emblématique de la politique menée « depuis des années » par l'équipe Ayrault en matière de préservation du patrimoine : « La Ville a restauré le château et les façades des immeubles anciens parce que cela sert son image. Mais tout ce qui ne se voit pas est laissé de côté ». Et de citer l'exemple de tombeaux mérovingiens découverts rue du Préfet-Bonnefoy, lors du précédent mandat, et sitôt « escamotés » pour ne pas retarder le chantier. Mais aussi les vestiges de l'îlot Boucherie, les quais sud de l'île Feydeau ou encore les anciens hangars portuaires du quai de la Fosse, « rasés pour laisser place à un parking sauvage ». « À chaque fois, nous avons mis en garde la municipalité sur les fautes qu'elle était en train de commettre. À chaque fois, on nous a répondu par des sarcasmes, poursuit André Augier. Et ce n'est pas l'annonce en urgence de la création d'un service municipal de l'archéologie qui va suffire à inverser la tendance ». Comité d'experts Pour sa part, Sophie Jozan s'engage, si elle est élue, à confier le patrimoine à l'un de ses adjoints, et non pas seulement à un conseiller municipal comme c'est le cas aujourd'hui. « Il s'agira d'une personnalité compétente dans ce domaine », indique la candidate UMP, sans vouloir pour l'instant donner un nom. Autre proposition : la mise en place d'un « comité d'experts du patrimoine urbain » qui sera notamment chargé de rédiger une nouvelle carte du patrimoine archéologique et de conseiller la Ville sur chaque nouveau projet d'urbanisme. « Avant de lancer des travaux, il est important de recueillir l'avis d'experts, souligne Sophie Jozan, qui regrette que certains quartiers nantais « soient livrés aux promoteurs de façon abrupte, sans tenir compte de l'identité de ces quartiers, à laquelle les habitants sont très attachés ». Fermez le ban. Xavier Boussion
Avec les militants MoDem de Nantes, Benoît Blineau a maintenu le cap, ne concluant d'alliances ni avec la gauche, ni avec la droite. Il espère ainsi tirer son épingle du jeu en faisant au moins le même score (20,88 %) que François Bayrou à Nantes à l'élection présidentielle. Comment avez-vous composé votre liste ?« D'abord grâce à une bonne cohésion autour des gens qui suivent les idées de François Bayrou. Il y aura donc une majorité d'adhérents du MoDem. Nous n'avons pas fait une course aux stars. Nous avons un panel équilibré et diversifié, des représentants de professions de santé, des enseignants, des chefs d'entreprises, des demandeurs d'emplois. Un ancien candidat du CNI aux législatives et un ancien président des jeunes RPR, Emmanuel Cadeau, universitaire, qui sera numéro 3 tandis que la numéro 2 sera Isabelle Lerat, militante de Cap21, le mouvement de Corinne Lepage.À la différence de la liste de Sophie Jozan, nous avons une diversité plus importante et des personnes d'expérience en position éligible. Quand à la liste de Jean-Marc Ayrault, elle est décevante, le changement n'y est pas. On retrouve dans les premiers tous ceux qui sont sous sa coupe. Il n'y a ni renouvellement ni réelle ouverture. »Êtes-vous en discussion avec d'autres mouvements ?« Nous avons été sollicités par le Parti Breton, présent sur la liste du MoDem à Rennes et nous sommes en discussion. Les militants n'ont pas voulu d'accord avec Sophie Jozan car elle mène une liste sarkoziste. C'est une femme de Nicolas Sarkozy et mes colistiers désapprouvent la politique de ce dernier. Quand à Jean-Marc Ayrault, la porte s'est très vite refermée. »« Notre-Dame-des-Landes est un projet ruineux »Pourquoi vous êtes vous récemment déclarés contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ?« Nous sommes convaincus d'être devant une erreur dramatique sur le plan économique et écologique. C'est un projet ruineux et nous préférons favoriser le rail pour permettre d'être à 1 h 30 de Paris. De Nantes, il faudra déjà 45 minutes pour rejoindre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. C'est un non-sens. Et également en terme de sécurité, le bout des pistes étant à vingt kilomètres de sites de l'estuaire classés Seveso. »En revanche vous proposez la gratuité des transports en commun pour tous. Comment le financez-vous ?« En augmentant le prix du stationnement des voitures, parkings et horodateurs, en développant les publicités dans les transports en commun... C'est un choix d'inciter les gens à ne plus prendre leur voiture. Cela a un impact écologique et économique, en diminuant la circulation les entreprises pourront mieux circuler. Et social, en améliorant le pouvoir d'achat car le budget transport en commun est très lourd pour certaines familles. »Comment situez-vous le MoDem dans ces élections municipales à Nantes ?« C'est la volonté d'un vrai changement. Nous tenons compte de l'avis de chacun pour réveiller la démocratie. Nous sommes un parti du XXIe siècle et en face nous n'avons que des partis du XXe siècle. Beaucoup de gens sur notre liste sont nés autour de 1968. Le MoDem, c'est une nouvelle génération. »« Nombreux sont ceux qui viennent vers nous »Quel est votre objectif ?« Retrouver à Nantes, le score de François Bayrou à l'élection présidentielle. Au vu de l'aide que nous donne sans le vouloir Nicolas Sarkozy en montrant ses limites et le PS qui s'entre-déchire, nombreux sont ceux qui viennent vers nous. »Propos recueillispar Éric CabanasL'inauguration de la permanence de campagne du MoDem aura lieu toute la journée jeudi 24 janvier. Corinne Lepage, présidente de Cap21 participera à un meeting de campagne le 11 février prochain à Nantes. Une sortie à vélo est prévue pour aller à la rencontre des Nantais, samedi 26 janvier.
Vous attendiez-vous à ne pas être sollicité pour figurer sur la liste menée par l'UMP Sophie Jozan ? « Je suis effectivement surpris de ne pas avoir été sollicité alors qu'elle m'invitait régulièrement, il y a peu, aux réceptions de sa campagne législative. Mais le temps venu, j'ai rapidement compris que Sophie Jozan n'avait aucune intention de m'appeler. » « Je n'ai pas de regrets, mais du ressentiment » Avez-vous des regrets ?« Je n'ai pas de regrets, mais du ressentiment. Depuis le départ, on peut imaginer que Sophie Jozan n'avait en fait pas la volonté de s'allier toutes les forces de droite. Alors qu'elle avait obtenu, dans un premier temps, le soutien de toutes les composantes de la majorité présidentielle, elle a délibérément choisi de se priver de l'apport de nombreuses personnalités politiques locales et de certaines sensibilités de l'UMP. » Quel est le poids du Forum des républicains sociaux (FRS) à Nantes ?« Nous comptons entre 200 et 300 adhérents à Nantes. Nous ne nous retrouvons absolument pas dans cette liste eu égard à notre poids politique sur la ville, au dynamisme et à l'engagement de nos militants sur le terrain. »Pour expliquer votre absence sur cette liste, Sophie Jozan évoque vos obligations parisiennes qui vous empêchent d'être sur le terrain à Nantes....« C'est effectivement ce qu'elle avance. Je crois que mes fonctions de conseiller de Jean-Louis Borloo et de cheville ouvrière du Grenelle de l'environnement auraient été considérées pour toute autre tête de liste comme des atouts pour la campagne électorale. Mais je note que ce qui n'est pas possible pour les uns l'est pour les autres. Hervé Grelard, qui figure en dixième position sur la liste, travaille lui aussi à Paris toute la semaine. »« Le combat contre Jean-Marc Ayrault sera difficile »Il s'agit donc pour vous d'une décision purement politicienne ?« Oui. Et c'est dommage. Le combat contre Jean-Marc Ayrault sera difficile. L'union large et dynamique telle que nous l'avons pratiquée avec François Pinte au sein de Générations Nantes était d'autant plus impérative. Quelle tristesse de s'apercevoir que la droite nantaise n'est toujours pas capable d'entrer dans une logique d'alliance pour mettre toutes les chances de gagner de son côté. »En conclusion, vous n'allez donc pas soutenir la liste Jozan ?« On ne me l'a pas demandé. Mais pour ma part je vais suivre avec grand intérêt cette campagne. Je vais me positionner en observateur. Je réside toujours à Nantes et j'y suis tous les week-ends. Je souhaite bonne chance à cette liste. Et je regarderai le 17 mars si les résultats sont bons. Aujourd'hui, je préfère m'inscrire dans l'avenir. Car Nantes est toujours au centre de mes préoccupations. »Propos recueillis par Dominique Bloyet.
La plupart des propositions du maire sortant concernant l'habitat et le logement s'appuient sur un bilan d'actions déjà menées sur le territoire de Nantes Métropole : 22 000 logements neufs depuis 2001 dont 11 000 à Nantes, un rythme de 2 000 par an depuis 2004, 500 hectares disponibles à l'urbanisation. Dans un contexte d'aides de l'État en baisse pour le logement social, Nantes représente 63 % de la production de logements sociaux de l'agglomération.Le programme de Jean-Marc Ayrault est bâti autour d'une triple exigence, sociale, de qualité et d'écologie.« Un logement pour tous »Au chapitre « un logement pour tous », il est proposé de maintenir le cap et le rythme de constructions neuves et de développer de nouveaux quartiers (Bottière-Chesnaie, le Bêle, Nantes Erdre, Saint-Joseph, Bas Chantenay) sous maîtrise publique avec 25 % de logements locatifs sociaux et la réalisation de 20 à 30 % de logements abordables, en accession et en location. Il s'agit aussi d'obliger la réalisation de 20 % de logements sociaux dans les opérations privées de plus de 1 500 m2 et d'achever le programme de réhabilitation du parc ancien de Nantes Habitat.« Offre diversifiée »Au chapitre « élargir l'offre de logement », il est proposé de construire 1 000 logements étudiants lors du prochain mandat et 400 nouveaux logements pour jeunes travailleurs d'ici 2010, 1 000 logements adaptés pour personnes âgées d'ici 2011.Pour une offre diversifiée, le candidat souhaite que la Ville maîtrise le foncier avec l'ouverture de nouvelles ZAC (secteurs cités plus haut), pérenniser le prêt à taux zéro et supprimer le logement insalubre avec l'engagement d'opérations programmées. Il est également évoqué la création d'une quarantaine de places d'accueil d'urgence supplémentaires.PatrimoineLes propositions sur la préservation de la qualité de la ville font écho à la récente polémique autour du patrimoine et l'archéologie : charte paysage, plan patrimoine avec commission consultative, accroissement du nombre de bâtiments protégés et création d'un service municipal d'archéologie. Le candidat reprend également un dispositif déjà inclus dans le plan local d'urbanisme : garantir aux Nantais un espace vert à moins de 500 m de chez eux.Pour mieux associer les habitants dans ces politiques, des enquêtes et des ateliers seront mis en place, ainsi qu'une conférence annuelle du logement avec tous les acteurs concernés.ÉcologieLe volet écologique prévoit des aides au diagnostic, des démarches d'éco-quartier, la fixation d'objectifs haute performance énergétique pour les logements neufs construit dans les ZAC, la construction d'un immeuble social à énergie positive, le développement des énergies renouvelables...E.C.
C'est l'exception nantaise. La direction nationale de Lutte ouvrière a accepté de discuter localement avec la Ligue communiste révolutionnaire pour faire liste commune aux prochaines élections municipales (nos éditions du vendredi 11 janvier). À Nantes, portée par les 3,73 % obtenus l'année dernière lors de l'élection présidentielle et les 2,5 % lors des législatives, la LCR a été la première à l'extrême gauche à annoncer son intention de présenter une liste aux municipales. « À l'automne, nous avons contacté tous les partis à gauche du PS. Y compris les Alternatifs et Lutte Ouvrière », explique David Blanchard, membre de la direction de la LCR. Les deux ont décliné l'offre, les premiers repartant aux côtés de la majorité sortante et la seconde, qui, en 2001, avait 5,54 % des voix, préférant garder son indépendance. Emgann, le mouvement de la gauche indépendantiste bretonne qui discutait déjà d'une liste commune avec la LCR à Saint-Herblain, s'est donc rapproché de cette dernière à Nantes pour former la liste « Nantes : à gauche toute ». Discussions serrées Puis en milieu de semaine dernière, la conseillère municipale LO, Hélène Defrance, seule élue d'opposition extrême gauche, a recontacté la LCR pour étudier la faisabilité d'une liste unique à l'extrême gauche. Entamées mardi soir, les discussions se sont poursuivies hier en soirée. La négociation a achoppé sur la tête de liste que revendiquait Hélène Defrance, la LCR et son allié Emgann se disant prêts à lui accorder la deuxième place. LO partira donc de son côté pour les municipales. Liste close le 31 janvier « Nous nous donnons jusqu'au 31 janvier pour boucler notre liste. Sa constitution n'est pas facile car nous avons beaucoup de précaires qui craignent, en s'exposant politiquement, de perdre leur travail. En fait nous cherchons plus de 65 noms pour pouvoir faire face en cas de défection », poursuit David Blanchard (qui n'est pas candidat). Seule certitude, la 65e place sera occupée par un ancien bâtonnier du barreau de Nantes, Michel Taupier, en rupture de ban avec le PS qui est venu faire offre de services mercredi soir. « Nous recherchons l'équilibre entre les âges, les appartenances politiques et associatives ». À Nantes, la moyenne d'âge de la liste d'extrême gauche devrait osciller entre 30 et 35 ans, avec des salariés, du privé comme du public, des sans-emploi, des étudiants et des lycéens. Un tiers des membres viennent de la LCR et une dizaine d'Emgann, le reste émanant du monde syndical et associatif. La liste « Nantes : à gauche toute » aura pour principaux axes de campagne « le logement social, le développement du service public notamment de la petite enfance et du 4e âge, et le développement et la gratuité des transports en commun ». Elle intégrera également deux revendications bretonnes : l'organisation d'un referendum pour le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne administrative et la promotion des langues parlées sur le territoire. Dominique Bloyet
Secrétaire départemental du Front national, Louis-Armand de Béjarry n'en fait pas mystère : son parti « n'a plus un rond ». Conséquence directe : pour la première fois depuis 1989, le FN ne présentera aucune liste aux municipales de mars prochain, en Loire-Atlantique. « Ce n'est pas l'envie qui nous manque, c'est l'argent », souligne le secrétaire du FN 44. Le parti de Jean-Marie Le Pen, qui n'a obtenu que 10 % des suffrages à la présidentielle et n'a pas réussi à franchir la barre de 5 % aux législatives, accuse une dette de 9 millions d'euros, et a été contraint de mettre en vente le « Paquebot », son siège de Saint-Cloud.Un « trou » de 150 000 €Localement, le FN 44 est lui aussi dans une situation financière très critique. « Aucun de nos dix candidats aux législatives en Loire-Atlantique n'a atteint les 5 %, et n'a donc été remboursé de ses frais de campagnes, explique Louis-Armand de Béjarry. À raison de 10 000 à 25 000 € par circonscription, la facture s'élève à 130 000 €, rien que pour le matériel de propagande, soit environ 150 000 € tout compris ».Fauché comme les blés, le FN 44, qui revendique 400 adhérents dans le département, n'a même plus les moyens de se payer un local. Seul lieu de rencontre pour ses militants : son site Internet, récemment remis à jour.Sept candidats aux cantonalesPour la première fois depuis 1989, le FN, qui ne donnera « aucune consigne de vote », sera donc totalement absent du scrutin municipal. Notamment à Nantes où, en 2001, où la liste FN emmenée par Pierre Peraldi n'avait obtenu que 2,36 % des suffrages au premier tour.Faute de moyens, le Front fera également profil bas aux cantonales : il ne présentera de candidats que dans sept cantons renouvelables sur vingt-neuf. « Nous avons ciblé les cantons où nous pensons pouvoir approcher la barre des 5 %, là où le risque est le moins grand », précise Louis-Armand de Bejarry.La liste des sept candidats doit être validée par les instances nationales du FN dans les jours qui viennent : Bourgneuf-en-Retz : Marguerite Lussaud ; Châteaubriant : Jean-Claude Kerhir ; Ligné : Monique Durand ; Montoir-de-Bretagne : Anne-Sophie Guibert ; Rezé : Oriane Borja, St-Herblain-ouest/Indre : Louis-Armand de Béjarry ; Vallet : Hervé Leca.Xavier Boussion
Notre liste est quasi finalisée. Il nous reste à confirmer certains noms et à déterminer les positions de chacun ». Pour Thierry Fourage, la tête de la liste « Nantes, à gauche toute ! », l'affaire est entendue, la campagne peut commencer. Lui est LCR (Ligue communiste révolutionnaire). Une bonne partie de ses colistiers connus à ce jour aussi. Mais figurent à ses côtés des membres d'Emgann (mouvement indépendantiste breton), des militants associatifs et syndicaux. « Nous regroupons de larges sensibilités autour des forces antilibérales », assure-t-il. La liste se veut « anticapitaliste, féministe, écologiste et internationaliste ». « Pas d'union tactique »Prêts pour la bataille donc. Sauf qu'un coup de fil en fin de semaine dernière entre Hélène Defrance l'élue Lutte ouvrière de l'actuel conseil municipal et Thierry Fourage (lire nos éditions du 11 janvier) risque d'en retarder le coup d'envoi. LO et LCR se rencontreront mardi soir. Le Comité de soutien de la liste « Nantes à gauche toute ! » se réunira mercredi. C'est lui qui décidera de l'éventualité d'une liste commune.Thierry Fourage se veut clair : c'est l'ensemble des composantes de sa liste qui décidera. Il n'y aura pas « de décision d'appareil », ni « d'union tactique ». Il paraît bien peu probable, au passage, qu'il laisse échapper sa position de tête de liste.Damien Bucco, un autre membre de « Nantes, à gauche toute ! » rappelle au passage qu'une tentative de rapprochement avec Lutte ouvrière était restée vaine, il y a deux mois, tout en se réjouissant que le parti d'Hélène Defrance « redécouvre aujourd'hui les charmes de l'unité ».Alors, une ou deux listes à l'extrême gauche ? Il faudra attendre quelques jours pour le savoir.Test anti SarkozyEn attendant, « Nantes, à gauche toute ! », pose les piliers de sa campagne. « Il s'agit d'une élection locale mais aussi d'un test national : nous voulons faire une démonstration de résistance à Sarkozy », explique Thierry Fourage. Ses colistiers jugent par ailleurs que l'équipe présentée par Jean-Marc Ayrault donne une « impression de déjà-vu », fait craindre une « personnalisation accrue du pouvoir », et ils dénoncent « ses dérives social-démocrates ».« Nous sommes à l'image des Nantais », assure Thierry Fourage. « Outre le respect de la parité, nous présentons une liste avec des jeunes et des précaires ».Conseils de quartiers décisionnels« Nous rejetons la démocratie participative gadget », poursuit Sandra Cormier. « Par exemple, nous voulons des conseils de quartier véritablement décisionnels ».Emgann, qui revendique « une trentaine de militants dans le Pays nantais », pose de son côté le principe « du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ». Certes, il ne la pressent pas pour demain en Bretagne, mais il en poursuit l'objectif : « l'indépendance constituerait le meilleur système de gouvernance ».Jean-Philippe Lucas
Lutte Ouvrière, dont la liste en 2001 avait obtenu 5,60 % des suffrages, entend bien jouer un rôle lors des prochaines élections municipales nantaises. « Notre liste est quasiment bouclée, mais rien n’est encore figé », précise Hélène Defrance, aujourd’hui seule élue d’opposition extrême gauche. « Pour Lutte Ouvrière, le bilan de Jean-Marc Ayrault n’est pas satisfaisant. Je lui ai attribué une note de 8 sur 20. Certes, tout n’est pas négatif, il y a des choses intéressantes qui se passent à Nantes. Mais il y a encore des problèmes au niveau des logements sociaux, de la démocratie avec un conseil municipal qui n’est qu’une caisse d’enregistrement… ». Lutte Ouvrière est donc prête à se lancer de nouveau dans la bataille. « Nous nous adressons à tous ceux qui souhaitent qu’il y ait encore au moins un élu d’extrême gauche au conseil municipal ». Seule inconnue : présentera-t-elle sa propre liste ou s’alliera-t-elle avec l’autre liste d’extrême gauche portée par la LCR et Emgann, le mouvement de la gauche indépendantiste bretonne ? « Rien n’est définitif à ce jour. Nous poursuivons toujours les discussions avec la liste «Nantes : à gauche toute» ».Rencontre la semaine prochaineDu côté de la LCR, David Blanchard confirme qu’une rencontre est programmée la semaine prochaine. « Il y a deux mois nous avions proposé à Lutte Ouvrière de se joindre à nous. Elle avait refusé mais elle vient de nous recontacter et nous devons nous rencontrer la semaine prochaine ». En attendant, « À gauche toute » qui sera présente également à Saint-Herblain et travaille actuellement à une liste sur Rezé, dévoilera la composition d’une partie de sa liste nantaise samedi matin à la Manufacture des tabacs.Dominique Bloyet
Transfuge La seule surprise vient de la présence, en situation éligible, de Christian Brisset, conseiller municipal, sous l'étiquette UDF, de l'équipe d'Élisabeth Hubert de 1995 à 2001 et conseiller régional de la majorité sous les présidences de François Fillon et Jean-Luc Harousseau. Il souligne « l'écoute et la capacité de faire confiance de Jean-Marc Ayrault, la force de son bilan et l'ambition de son projet ». Aujourd'hui sans étiquette, il se définit « centriste indépendant de sensibilité radicale, attaché à la laïcité dans l'esprit radical socialiste ». Grognards Sept « grognards » accompagnent Jean-Marc Ayrault depuis 1989 dans l'aventure municipale et repartent en 2008 : tous sont socialistes à l'exception d'Alexandre Mazzorana-Kremer (PRG) : Patrick Rimbert son premier adjoint amené à le rester pour le prochain mandat, la députée Marie-Françoise Clergeau, Michelle Meunier, Alain Robert, Yannick Guin, Jean-Louis Jossic. « Il faut garder la mémoire du travail fait en commun et une culture du service public à pérenniser » indique Jean-Marc Ayrault. Société civile Parmi les huit représentants de la « société civile », c'est-à-dire non adhérents à un parti politique, on trouve notamment, outre Christian Brisset (ex-UDF), l'avocate Cécile de Oliveria, Ali Rebouh, responsable associatif dans les quartiers populaires, fondateur du collectif du 31 novembre créé après les émeutes en banlieue, mais également l'ancien commissaire divisionnaire Gilles Nicolas, il y a peu encore directeur de la sécurité à la Ville de Nantes ou encore David Martineau, responsable adjoint des études à l'Insee. Triangle Nantes-Angers-Rennes « C'est une équipe dynamique. Notre objectif est de faire franchir à Nantes une nouvelle étape dans son développement », explique Jean-Marc Ayrault qui insiste sur le renforcement de liens entre Nantes, Angers et Rennes et qui indique que « Daniel Delaveau, candidat socialiste à la mairie de Rennes est totalement d'accord pour renforcer ces liens ». Éric Cabanas
Le maire sortant, Jean-Marc Ayrault a présenté, aujourd'hui, ses 64 colistiers pour l'élection municipale de mars 2008. Moyenne d'âge 48 ans, 34 candidats nouveaux sur 65, 8 personnalités de la société civile et des représentants du PS, des Verts, du PC, de l'UDB, du MRC et des Alternatifs. Parmi eux, 8 sont présents depuis 1989 et se préparent, avec Jean-Marc Ayrault, à un quatrième mandat.
Même s'il se félicite globalement des progrès enregistrés en matière de transports collectifs dans l'agglomération nantaise depuis la mise en place du dernier schéma directeur, voté en 2000, le Collectif transport reste vigilant. Ce regroupement d'associations nantaises vient d'adresser un questionnaire aux partis politiques présentant des candidats dans l'agglomération pour connaître leurs intentions en matière de transport. « Le chantier des transports est primordial et même crucial pour l'avenir », estime le Collectif, qui se réjouit du bilan en matière de transports en commun. « L'analyse des chiffres dégage de bons résultats d'ensemble aussi bien en termes d'offre que de qualité du service ».110 millions de voyagesEn six ans, l'offre kilométrique de transports en commun a augmenté de 13,5 %. Ce chiffre, ramené au kilomètre par habitant, est supérieur à la moyenne nationale aussi bien en valeur absolue (38,7 km contre 32,1) qu'en pourcentage (+ 8,1 % à Nantes contre + 1,2 %).Et grâce à cette offre, ce sont 25,6 % de voyages supplémentaires qui ont été effectués. « Le retour sur investissement est donc positif », constate le Collectif. Par rapport aux autres agglomérations, Nantes fait 2,5 fois mieux que les autres réseaux et a attiré 110 millions de voyages en 2007 contre 80 en 2000.En colère contre la SamoaLe Collectif transport regrette que l'axe Guist'hau - Dervallières soit manquant et se désespère toujours du contournement manquant qui devait s'appeler ligne 5 (Baco, gare, île de Nantes, Chantenay, Université).Mais le principal coup de colère du Collectif concerne la desserte de l'île de Nantes d'est en ouest. « Où sont passés les millions d'euros attribués à la Samoa* pour cet aménagement ? C'est un projet phare, mais il n'y a toujours pas eu la moindre approche pour les transports en commun. Alors on est fâché avec la Samoa qui ne daigne même pas nous recevoir ».Inquiétudes pour l'avenirMalgré un « bilan globalement satisfaisant du dernier mandat », le Collectif attend, avec impatience, les réponses des candidats à son questionnaire, car il craint « la saturation du réseau, qui est déjà effective sur le Busway. Or avec des prévisions d'augmentation de fréquentation de 5 % par an et vu la sous-exploitation du réseau ferré, on va vers l'engorgement. De même, le manque d'un maillage périphérique digne de ce nom est criant, sans oublier les liaisons entre les communes périphériques qui permettraient de désengorger le centre de Nantes ».Philippe Corbou*Société d'aménagement de la métropole Ouest Atlantique
Sophie Jozan, candidate UMP aux élections municipales à Nantes, et son équipe viennent de désigner onze référents dans chacun des onze cantons nantais. Les référents1er canton : Anne Gillet (02 40 76 55 59 ou 06 33 39 83 65) ;2e canton : Thomas Béliard (02 40 74 04 40 ou 06 82 80 92 90 ; thomas.beliard@cegetel.net) ;3e canton : Danièle Luneau (02 40 48 60 37 ou 06 83 28 69) ;4e canton : Bernard Roussely (02 51 72 08 98 ; bernard.roussely@wanadoo.fr) ;5e canton : Paul Poirier (02 40 46 38 49 ou 06 08 30 02 65 ; paulpoirier@mairie-nantes.fr) ;6e canton : Jean-François Ténier (02 40 40 60 02 ou 06 78 15 31 59) ;7e canton : Gisèle Schoenberger (02 40 76 49 92 ou 06 33 34 31 51).8e canton : Guillaume Richard (06 37 94 62 34 ; contact@guillaumerichard.fr) ;9e canton : Claude Diverrès (06 84 83 63 61 ; claude.diverres@neuf.fr) ; Corinne Provost (06 75 56 75 87) ;10e canton : Huguette Foix (02 40 80 67 50 ou 06 84 07 12 98 ; andefroix@orange.fr) ;11e canton : Franck Van Gothoem (02 40 95 13 66 ou 06 07 62 99 04 ; fvangoethem@wanadoo.fr).Ces délégués vont tenir lieu de courrier de transmission entre les habitants des quartiers et la tête de liste de l'opposition municipale qui entend ainsi enrichir ses propositions de candidate. « Ces référents de quartier se tiennent dès aujourd'hui à la disposition des Nantais », précise Marie-Laure Le Pomellec, la directrice de campagne de la candidate.
Quand, après quelques extraits de grands classiques, le choeur d'Angers-Nantes Opéra a entonné « La vie en rose », Jean-Marc Ayrault et les personnalités qui l'entouraient ont repris aisément les paroles de la célèbre chanson d'Édith Piaf. Un clin d'oeil qui n'aura pas échappé aux quelque mille six cents personnes invitées dans le cadre de la traditionnelle cérémonie des voeux du député maire de Nantes, président de Nantes Métropole aux « institutionnels », organisée à la Cité des Congrès. Devoir de réserveEn cette période préélectorale, Jean-Marc Ayrault s'est astreint à un devoir de réserve en strict « respect de la loi républicaine ». Pas question d'évoquer « son projet collectif » pour la ville. Tout au plus indique-t-il qu'il souhaite « que cette échéance, respiration démocratique essentielle dans la vie de toute collectivité, soit mise à profit pour qu'un large débat, d'un niveau digne de Nantes et des Nantais, s'instaure sur l'avenir de la métropole ». Un véritable exercice de style !DébatLes élus UMP étaient au premier rang dans l'assistance, dont Sophie Jozan, en lice contre le maire sortant avec une partie de ses futurs colistiers. Et justement, à propos de débat, il est question d'une confrontation organisée dans les prochains jours par le Medef. Interrogé, Jean-Marc Ayrault assure qu'il « n'est pas défavorable à un débat avec l'opposition ». Mais « avec qui ? » interroge-t-il « puisqu'il y a deux listes à droite », l'une de l'UMP, l'autre du MoDem. « Je n'ai pas l'intention de faire la promotion d'un candidat plutôt que d'un autre » assure-t-il. En fin politique, Jean-Marc Ayrault sait qu'il faut diviser pour régner...Hommage à GracqOn sait que Jean-Marc Ayrault aime évoquer « La forme d'une ville » de l'écrivain Julien Gracq, récemment disparu. Il en a lu un passage, évoquant les tramways... parce que « c'est dans ce livre qu'est le mieux exprimé la formidable capacité de Nantes d'innover et d'étonner ».Le choix de l'EuropeProfitant de l'actualité, le député maire de Nantes a évoqué « la violence politique, de tous les fondamentalistes et tous les extrémistes, qui se nourrit du même mal que des crimes écologiques, comme la déforestation massive qui, entre autres absurdités commises par les hommes, alimente un réchauffement climatique aux conséquences catastrophiques ». Ajoutant : « C'est à l'Europe de proposer aux peuples du monde une alternative, à la fois plus écologique et plus sociale, plus durable parce que plus juste... » et souhaitant que 2008 marque « le retour d'un projet politique européen ».Eric Cabanas
L'an dernier, à la même époque, le service élections de la mairie de Nantes avait enregistré 14 500 nouvelles inscriptions sur les listes électorales. Cette année, à trois jours de la date butoir du 31 décembre, on dénombre seulement 7 900 nouveaux électeurs, dont 2 500 jeunes inscrits d'office car ils atteindront 18 ans avant le 28 février prochain. « Fin 2007, c'était la cohue. Les gens venaient s'inscrire en masse dans la perspective de la présidentielle et des législatives », explique Jean-Louis Colombani, responsable du service. « Cette année, il y a aussi moins de demandes de changements d'adresse. C'est beaucoup plus calme ».Jusqu'au dernier momentÀ Nantes comme ailleurs, la perspective des municipales et des cantonales de mars 2008 n'a donc pas boosté les inscriptions de nouveaux électeurs. Un enjeu politique moindre et le « carton plein » réalisé l'an dernier explique en grande partie ce phénomène.Malgré tout, certains ont jugé utile de faire la démarche. Comme Nicolas Viollin, un ingénieur informatique de 30 ans, qui s'est inscrit hier. « J'habite à Nantes depuis quatre ans. Étant originaire de La Chevrolière, je me déplaçais là-bas pour voter. Cela ne me posait pas de problème, surtout pour la présidentielle. Cette année je veux voter pour les municipales à Nantes donc je fais mon changement d'adresse ».Manque de chance pour Nicolas, il faudra repasser : problème de pièces justificatives. « Le hic c'est qu'il ne reste plus trop de jours et je ne sais pas si je serai dans les temps ».« Voter près de chez moi »Ladislas Echasserieau, lui, a tout bon. Ce technicien de 34 ans vient d'effectuer son changement d'adresse. Nantais de naissance, il a toujours été inscrit sur les listes de la commune. Mais depuis sa dernière inscription, il a déménagé et il est venu mettre sa carte d'électeur à jour. « Ce sont les affiches de la mairie qui m'y ont fait penser. Comme cela, je vais pouvoir aller voter au bureau de vote le plus proche de chez moi ».Nicolas et Ladislas vont rejoindre les 183 000 électeurs nantais appelés aux urnes les 9 et 16 mars prochain, dans les 304 bureaux de vote de la ville.Guillaume Griffon
Tout n'est pas bouclé », explique-t-on dans l'entourage de Jean-Marc Ayrault. Mais la constitution de la liste avance à grands pas. Lundi soir, les adhérents PS de Nantes étaient appelés désigner leurs candidats, à partir de la liste élaborée par leurs secrétaires de section, le premier secrétaire fédéral, Alain Gralepois, et Jean-Marc Ayrault lui-même. De leur côté, les Verts ont désigné leurs candidats, de même que le PC, l'UDB et les Alternatifs. Tour d'horizonPS : quinze sortants et dix nouveauxHuit adjoints et sept conseillers municipaux sortants repartent avec Jean-Marc Ayrault : Patrick Rimbert, premier adjoint, Marie-Françoise Clergeau (sports) ; Michelle Meunier (solidarité et insertion) ; Yannick Guin (culture), Bernard Bolzer (personnel) ; Alain Robert (éducation) ; Fabienne Padovani (petite enfance) ; Catherine Touchefeu (Doulon) ; Jean-Louis Jossic (patrimoine) ; Octave Cestor (lecture) ; Pascale Scilbo (travaux espaces publics) ; Abbassia Hakem (vie étudiante) ; Catherine Piau (animation scolaire) et Maria Carvalho.Arrivent sur la liste dix nouveaux : Pascal Bolo, conseiller général, proche de Jean-Marc Ayrault ; Élisabeth Lefranc, attachée parlementaire de Marie-Françoise Clergeau ; Stéphane Junique, secrétaire de la section Nantes-Sud du PS ; Johana Rolland, qui travaille au conseil général ; Martin Takoudju, chargé de l'économie au sein de la fédération PS ; Karine Daniel ; Carl Pelé ; Bernard Barrau ; Gérard Frapier et Menna Wiedmann.Reste une inconnue concernant l'éventuelle présence sur la liste de deux élus sortants, Michel Ménard, élu député en juin dernier, et Danielle Largillière. Tout dépendra des réponses que donneront les sans-étiquette sollicités par Jean-Marc Ayrault pour figurer sur sa liste.Onze candidats VertsDu côté des Verts, quatre sortants repartent : Jean-Philippe Magnen, Pascale Chiron, Catherine Choquet et Ronan Dantec. À leurs côtés, six « petits nouveaux » : Florence Fevrier, Pierre-Yves Le Brun, Aïcha Bassal, Emmanuel Gachet, Dominique Trichet-Allaire ; Raphaël Romi. Un onzième candidat sera bientôt désigné. En cas de victoire, les Verts pourraient compter neufs élus dans la nouvelle équipe municipale.Sept candidats communistesLe PC a également désigné ses sept candidats, dont cinq en position éligible. Parmi eux, quatre élus sortants : Raymond Lannuzel, Michel Rica (premier secrétaire du PCF 44) ; Delphine Bouffenie et Jean-Jacques Moreau. Marie-Annick Benâtre, Martine Ritz et Laurence Danet complètent la liste du PC.Trois UDB, deux Alternatifs, trois MRCAutres noms déjà connus, ceux des trois candidats UDB (dont deux éligibles) : Pierre Even, ancien responsable de l'UDB 44, Maïté Pellen et Michèle Le Tellier. Les Alternatifs ont également désigné leurs deux candidats : Bertrand Vrain et Louisette Guibert, tous deux élus sortants. Le Mouvement républicain et citoyen (MRC), aura aussi trois candidats (dont deux éligibles) sur la liste Ayrault : Christine Meyer, élue sortante, Jean-Louis Le Bouedec, secrétaire fédéral, et Bruno Chevalier.Reste le Parti radical de gauche (PRG), qui compte deux élus sortants (Alexandre Mazzorana et Nadine Chatelin) et n'a pas encore désigné ses candidats.X.B.
Sophie Jozan l'affirme. Son programme est « une synthèse du travail réalisé pendant ces six années d'opposition et de travaux initiés par des associations, des professionnels, des habitants et les équipes politiques ». Les politiques, justement, étaient nombreux hier soir dans le salon de presse du CCO. À commencer par les UMP Céline Barré, André Trillard, Jean-Luc Harousseau, Daniel Augereau, Monique Papon, Jean-Pierre Le Ridant, Gisèle Gautier, Robert Diat, Loïc Le Masne et Paul Poirier. On notait également la présence du centre gauche, transfuge de l'équipe Ayrault, Yvon Chotard, du centriste André Augier, de la présidente du CNI Annick du Roscoat, et du boutiniste Ghislain Gomard. D'un débit rapide, la candidate a présenté ce qu'elle appelle « le projet des opposants constructifs », construit sur trois axes majeurs : les solidarités, l'environnement et l'international, soit des thèmes chers à Jean-Marc Ayrault. « Nous voulons faire une ville plus juste, plus innovante et plus ouverte, c'est la charnière de notre travail ». Valoriser l'aide à la personne « Dans les 10 ans à venir, la population des plus de 70 ans va augmenter. Nous allons valoriser les initiatives individuelles d'aide à la personne. Il faut faire du maire un facilitateur d'emplois ». Développer les crèches d'entreprises « Nous allons inciter à la création de crèches d'entreprises qui répondent à un vrai besoin des familles et créent des emplois. Elles permettent également aux jeunes femmes de travailler tout en conciliant la vie de famille ». Un centre unique pour SDF « Nous allons construire un centre unique d'hébergement et de réinsertion pour les SDF. Les associations le demandent depuis longtemps mais le maire les balade depuis longtemps ». Un lycée 2e chance « Cela émane toujours d'une volonté politique municipale et les exemples montrent que ça marche. Il permettrait de mettre en lien les enfants en difficulté avec les entreprises ». Un conseil de développement durable « Nous créerons, sur le modèle du conseil de développement de la communauté urbaine, un conseil du développement durable. Il sera un laboratoire d'idées ». Les normes HQE partout « Il faut que les normes haute qualité environnementale soient développées partout, y compris dans les quartiers ». Un lycée et une cité internationale « Nantes doit être plus ouverte sur le monde. Nous devons lancer un signal fort avec la création d'un lycée et d'une cité internationale ». Dominique Bloyet
L'annonce a pour le moins l'intérêt de donner un nouvel éclairage à la campagne des élections municipales à Nantes. L'avocat Yvon Chotard, 61 ans, adjoint au maire de Nantes, chargé des relations internationales et du tourisme (il est président de l'Office de tourisme de Nantes Métropole), a pris acte de l'intention de Jean-Marc Ayrault de ne pas le reprendre sur sa liste en 2008. Sophie Jozan, qui lui propose une place éligible, s'offre au passage une recrue d'ouverture de choix à la manière de Nicolas Sarkozy. Personnalité indépendante, centriste de gauche, Yvon Chotard, prend comme « une trahison » l'attitude de Jean-Marc Ayrault qui, « après lui avoir demandé un bilan et un programme pour le prochain municipat », dans ses domaines d'intervention, lui a abruptement annoncé qu'il se passait de ses services. « J'ai été trahi » « Cela fait un moment que je ne suis pas satisfait de la manière dont fonctionne la maison municipale. Avant d'en être viré, j'étais toléré, l'équipe gardant un minimum d'ouverture. Aujourd'hui, le système se referme encore plus. Il faut rompre avec un système lourd qui ne produit plus rien d'intéressant, que des dépenses de plus en plus importantes. J'ai été trahi, ce n'est pas moi qui trahis. Je retrouve en Sophie Jozan une convergence de travail et sur le fond du programme. Je l'ai trouvée réceptive et déterminée. Je lui fais confiance pour renouveler la vie politique à Nantes. Elle n'est pas une représentante de la vieille droite nantaise qui a empêché l'exposition de 1985 sur l'esclavage et la mémoire nantaise ». L'île de Nantes ? « Un mauvais concept » Comment interpréter la décision de Jean-Marc Ayrault ? Yvon Chotard avance ses positions sur le mémorial de l'esclavage et « surtout la défiance vis-à-vis de son indépendance de centre gauche ». « Ce qui m'intéresse c'est de développer et réaliser une certaine idée de Nantes. C'est au nom de cette idée que j'ai travaillé avec Jean-Marc Ayrault depuis sa première élection en 1989. Et c'est parce qu'il m'a donné mon congé que je m'engage de cette façon », précise Yvon Chotard, fortement critique sur l'aménagement de l'île de Nantes : « Un mauvais concept, sans unité, un raisonnement artificiel imposé par les technocrates. L'avantage, c'est qu'aujourd'hui, je peux le dire à voix haute ». Libéral et européen convaincu, séduit par les idées de Tony Blair qu'il a rencontré, Yvon Chotard met d'abord en avant « ce qu'il veut pour la ville ». De manière plus générale il se rattache à « une gauche non socialiste républicaine et libérale ». Ce qui l'avait conduit en 1997 à se présenter aux législatives contre la socialiste Marie-Françoise Clergeau et en 2002, sous la bannière de Jean-Pierre Chevènement, parce que « ce dernier souhaitait rétablir les valeurs du travail ». Éric Cabanas
Un grand appartement, au 4e étage du 3, place Saint-Pierre : c’est dans ce pied-à-terre à la déco vieillotte, dont les fenêtres donnent sur la cathédrale, que l’équipe de campagne de Jean-Marc Ayrault va travailler pendant trois mois. Le maire sortant, qui briguera un 4e mandat en mars prochain, a inauguré les locaux hier soir, entouré de dizaines de militants et de sympathisants de toutes les composantes de l’actuelle équipe municipale. « Nous pouvons être fiers de ce que nous avons accompli ensemble depuis 2001. Nous avons tenu l’essentiel de nos engagements, nous avons créé une dynamique. Aujourd’hui, les Nantais sont fiers de leur ville. En mars, nous allons leur proposer de franchir une nouvelle étape ».Interrogé sur l’appel lancé par diverses personnalités réclamant au candidat PS d’ouvrir sa liste à des représentants de la société civile et des quartiers populaires, Jean-Marc Ayrault a jugé la démarche « très positive. Ce sont des gens qui s’engagent, qui ont envie que ça marche. Je suis et je serai à leur écoute ». Pas de « coups bas »La liste Ayrault, qui sera dévoilée en janvier, sera « renouvelée de 50 % » et composée, comme l’équipe sortante, de représentants de « toutes les forces de gauche », du PRG aux Alternatifs en passant par le PS, les Verts, le PC, le MDC et l’UDB, « et de la société civile ».Hier soir, Jean-Marc Ayrault a également souhaité que la campagne pour les municipales soit « d’un bon niveau, pas celui de l’anecdote et des coups bas ».Accord Verts-PS signéEn marge de l’inauguration du QG de « JMA », on a appris hier soir que le PS et les Verts de Nantes ont signé, jeudi soir, un accord en vue des municipales. Les Verts, qui comptent huit élus dans l’équipe actuelle, devraient disposer de neuf candidats en position éligible sur la liste emmenée par le maire sortant, et de délégations d’adjoints supplémentaires en cas de victoire.Commentaire de Ronan Dantec, adjoint à l’environnement : « C’est un bon accord ». Les négociations PS-PC, elles, continuent.X.B.
Ils sont anciens élus, comme Daniel Asseray, professionnels, comme Roger Lemaistre, et militants associatifs comme Ali Rebouh, tous impliqués dans le développement local. Et ces onze Nantais engagés à gauche sont les premiers signataires d'un manifeste appelant le socialiste Jean-Marc Ayrault, candidat à sa propre succession, à renouveler et diversifier sa future liste pour les élections municipales. Ce que l'intéressé a lui-même promis.« Nous n'avons aucune velléité de figurer sur cette liste. Notre souci est seulement qu'elle soit réellement ouverte vers la société civile et aux habitants des quartiers populaires et rajeunie » précise Roger Lemaistre. Les signataires se disent également « pour un véritable débat dans l'espace public autour des enjeux pour la ville notamment sur la question sociale, pour redynamiser le débat démocratique avec les habitants, pour stimuler la participation citoyenne ». Et prêchent « pour une nouvelle gouvernance, pour réanimer le débat entre les élus eux-mêmes au regard du renforcement de la technostructure ».Ne pas être réduits au jeu des appareils politiquesS'ils affirment s'inscrire dans la continuité d'une action de fond engagée depuis 1989, les signataires affirment une volonté de changement qui prenne en compte les aspirations de nouvelles générations d'acteurs nantais. « Il est important de n'être pas réduits aux jeux des appareils politiques (les alliances PC, Verts, PRG, alternatifs, etc.) à apprécier notamment au regard des résultats des dernières échéances électorales, ni aux jeux internes du parti socialiste ».Il s'agit de reconnaître la richesse des quartiers populaires en octroyant à leurs habitants la place qui leur revient. « II s'agit de reconnaître et valoriser les capacités des habitants de ces territoires et les dynamiques sociales à l'oeuvre, dans des conditions difficiles. Il s'agit également de prendre appui sur les savoir-faire et l'expérience sociale des acteurs locaux ».D.B.Les premiers signataires : Djamel Maiza, Roger Lemaistre, Jean-Marc Allain, Daniel Asseray, Claire Le Pehun, Ali Rebouh, Paul Cloutour, Patrick Ardois, Élisabeth Pasquier, Myriam Naël, Bernard Filloux
Avec près de cinq cents adhérents à Nantes, le MoDem a confié à Benoît Blineau, conseiller municipal d’opposition, le soin de mener une liste aux élections municipales de mars 2008. Après un travail de plusieurs mois en commission, le projet du MoDem à Nantes a été mis en ligne (
www.nantesdémocrate2008.com). « Car il est bien destiné à nourrir le débat. Ce site est mis en place pour les Nantais, afin qu’ils s’impliquent autour de ce projet et que l’on débouche avec eux à un programme », explique Benoît Blineau qui a choisi Emmanuel Cadeau, un universitaire, comme directeur de campagne.
« Un déficit démocratique local »Le premier point de ce projet s’appuie sur la revendication d’une « vraie démocratie. « C’est le fil conducteur de nos propositions. Nous ne voulons plus de démocratie en trompe-l’œil, ni de démocratie gadget. Il y a à Nantes un véritable déficit démocratique local. Il y a une monopolisation du pouvoir à Nantes et au Département avec des habitudes de gouvernement qui négligent l’opposition. Nous souhaitons par exemple mettre en place des techniques de démocratie participative réelles pour l’urbanisme. Car on continue à faire croire que l’on consulte alors que la décision est déjà prise en amont. C’est un trompe-l’œil démocratique », explique Emmanuel Cadeau.
« Des référendums locaux » Le projet du MoDem à Nantes est de pouvoir pratiquer le référendum local, autorisé par la loi « et jamais appliqué à Nantes ». C’est aussi « utiliser les nouvelles technologies de l’information et de la communication pour permettre de vrais forums afin d’associer les citoyens à l’évolution de leur ville ».Ce projet porte également sur la nécessaire « revitalisation des quartiers et le développement d’une ville véritablement éco-citoyenne. À ce titre, le plan de déplacement urbain doit être revu pour une meilleure desserte des quartiers, en mettant en œuvre des solutions plus économiques en énergie, moins polluantes et bruyantes », estime Benoît Blineau.
Éric Cabanas
Malgré les scores dérisoires obtenus par Marie-George Buffet à la présidentielle (1,27 % à Nantes) et par ses candidats aux législatives, le Parti, qui compte six élus (dont trois adjoints) dans l’équipe actuelle, compte bien figurer en bonne position sur la liste de rassemblement qui sera conduite par le maire sortant en mars prochain.Pas moins de cinq élusDans les négociations engagées avec le PS, le PC a fixé le seuil à sept candidats, dont au moins cinq en position éligible. « En dessous de cinq, ce ne serait pas acceptable », estime Raymond Lannuzel. Seizième adjoint dans l’actuelle municipalité Ayrault, ce dernier a été élu ce week-end, par les militants nantais, comme leur chef de file pour les municipales.
Pour l’instant, « les discussions avec le PS se passent sereinement ». Et les communistes nantais veulent croire « qu’elles aboutiront prochainement à un bon accord, respectueux de l’influence actuelle de chaque composante de la gauche, et donc du PC ». Une influence qui, soulignent-ils, « va bien au-delà des récents résultats électoraux ».Les mains dans le cambouisEngagés aux côtés de tous ceux qui, dans la rue ou ailleurs, « sont dans l’action pour riposter au gouvernement Sarkozy », les communistes, à la différence de l’extrême-gauche, souhaitent continuer de participer à la gestion des affaires publiques. « Nous, nous mettons les mains dans le cambouis », souligne Raymond Lannuzel. Et d’expliquer que la règle des 25 % de logements sociaux dans chaque programme neuf à Nantes « n’aurait pas vu le jour sans les élus PC » qui, lors du mandat qui s’achève, ont aussi poussé pour « que le versement transport soit porté à son taux maximum ».Désignés à la mi-décembreCe week-end, les 500 adhérents de la section PCF de Nantes ont élu leur nouveau secrétaire. Aymeric Séassau, 29 ans, succède ainsi à Paul Robert, en poste depuis six ans. Les militants ont aussi approuvé « à une large majorité » (plus de 90 %), l’engagement du PC dans le rassemblement de la gauche derrière Jean-Marc Ayrault pour les municipales.
Autour de la mi-décembre, ils désigneront ceux d’entre eux qui figureront sur la liste. Élus sortants, Claude Constant (4e adjoint), Delphine Bouffenie (12e adjointe) et Raymond Lannuzel devraient repartir à la bataille.Xavier Boussion
Il avait jusqu'à présent - depuis deux semaines - préféré le silence. Mais la manifestation organisée samedi midi devant la mairie de Nantes par l'opposition nantaise, avec à son front Sophie Jozan, tête de liste investie par l'UMP pour les prochaines municipales, a poussé Jean-Marc Ayrault à sortir de sa réserve, hier.« Trop c'est trop » : Jean-Marc Ayrault, à l'évidence, ne goûte pas « la polémique lancée par l'opposition UMP » après la révélation du courrier adressé aux militants des quatre sections du PS de Nantes ; courrier les invitant à signaler « la présence de relais connus ou d'opposants notoires à la municipalité ». Surtout, le député-maire ne supporte pas l'idée que l'opposition lui prête de vouloir mettre en place un fichier de ses opposants. « Une responsable «notoire» de l'opposition a même cru devoir, selon ses dires, déposer une plainte à la CNIL (*). Tout cela relève de la calomnie pure et simple et je me réserve le droit d'apprécier les suites à donner à cette grossière manoeuvre », note-t-il au passage.Une analyse du rapport de force politiqueJean-Marc Ayrault en convient : « La formule était maladroite. » Mais « une campagne électorale exige de la méthode et un minimum d'organisation. C'est cela, et rien d'autre, qui a été demandé aux militants socialistes nantais. »Le premier magistrat nantais cite ainsi une dizaine de thèmes sur lesquels les militants ont été invités à travailler : « Les conditions de logement, les équipements, l'environnement, les mécontentements éventuels, les attentes de la population et la situation politique dans le quartier. »Dans ces conditions, « la formule incriminée relève tout simplement de l'analyse du rapport de force politique et bien évidemment pas d'un quelconque «fichage» comme prétend le faire croire malhonnêtement l'opposition ! »« Une autre idée du devoir de ma charge »Et le député-maire de conclure : « En ce qui me concerne, j'ai une autre idée du devoir de ma charge », en invitant l'opposition à débattre plutôt « bilan contre bilan, projet contre projet ! »Samedi, devant la mairie, 300 personnes avaient quant à elles protesté contre ce que Ghislain Gomart qualifie de « dérive sectaire d'un maire qui veut tout contrôler ». Une analyse partagée par Sophie Jozan : « Il ne s'agit pas d'une maladresse mais bien de l'illustration du système Ayrault que nous dénonçons depuis longtemps. »(*) CNIL : Commission nationale de l'informatique et des libertés.
Une usine de dessalement d'eau de mer fonctionnant au biogaz pour alimenter l'agglomération nantaise en eau potable. Un téléphérique reliant la pointe de l'île de Nantes à la butte Sainte-Anne. Une pièce d'eau à la place de l'immeuble Neptune. Un jardin botanique sur le site des anciennes brasseries de la Meuse. Voilà quelques-uns des projets qui pourraient figurer dans le programme de la liste du MoDem pour les municipales à Nantes.« Ce ne sont pour l'instant que des idées, rien n'est encore arrêté », s'empresse de préciser Benoît Blineau, en refrénant l'enthousiasme de l'une de ses colistières, Isabelle Loirat, ex-militante de Cap 21, le parti de l'ancienne ministre Corinne Lepage, passée au MoDem au printemps dernier.Usines vertes« Écolo pratiquante », et un brin exaltée, la jeune femme, guide interprète, fourmille de projets pour Nantes qui, selon elle, « est loin d'être le petit paradis écologique » que l'actuelle municipalité vante à longueur d'année.« Aujourd'hui, l'écologie à Nantes, c'est beaucoup de com'et peu d'action », estime Isabelle Loirat, qui rêve « d'usine vertes » et d'immeubles « vraiment écolos ». L'une de ses priorités, si la liste MoDem remporte les élections, sera de demander « le prolongement du classement du val de Loire au patrimoine mondial de l'Unesco jusqu'à l'estuaire ». La meilleure façon, selon elle, de « protéger la ressource en eau potable » de l'agglomération nantaise.« Plus craints que courtisés »Voilà pour le volet « environnement » du programme des bayrouistes pour Nantes. Pour le reste, les six commissions mises en place début juin continuent de travailler.La désignation de Sophie Jozan pour emmener la liste UMP ? « Cela ne change rien. L'équipe est toujours aussi motivée pour aller jusqu'au bout », martèle Benoît Blineau. Pas de ralliement en vue, donc, pour l'instant. « Sauf si Sophie veut devenir n° 2 de ma liste », sourit le candidat centriste.Et si la liste MoDem passe le cap du premier tour, le 9 mars ? « On verra à ce moment-là, explique André-Hubert Mesnard. Ou on discutera sérieusement avec nous, ou on se maintiendra. Nous se sommes pas un centre négligeable ». Ancien communiste converti au bayrouisme, Lionel Jouan est en convaincu : « C'est le MoDem qui fera le prochain maire de Nantes ». Mais pour l'instant, les centristes nantais « sont plus craints que courtisés », tant par la gauche que par la droite.Xavier Boussion
Nous évoquions dans
notre édition de samedi l’indignation d’un militant socialiste de Nantes à propos d’un courrier envoyé par Jean-Marc Ayrault aux socialistes nantais accompagné d’un questionnaire demandant notamment de signaler « une situation associative particulière, la présence de relais connus ou d’opposants notoires à la municipalité ».
Le terme « d’opposants notoires » et l’incitation à les signaler entraînent de nombreuses réactions. Ce document adressé dans le cadre de la campagne des municipales vise à « ressentir ce qui fait le quotidien des Nantais et la vie dans leurs quartiers ». Il fait couler beaucoup d’encre.
Sophie Jozan, candidate UMP à la mairie de Nantes s’inquiète du climat de début de campagne ainsi instauré : « Bel exemple de « démocratie participative à la nantaise » ! C’est bien la preuve de ce que ces opposants nomment « le système Ayrault ». Ces procédés rappellent des régimes peu respectueux de la liberté individuelle : le KGB à Nantes ? ».
« Si l’UMP avait envoyé un tel questionnaire… »
La conseillère municipale « s’inquiète de savoir le sort qui sera réservé aux « opposants notoires » qui oseront se présenter contre la liste PS à la municipalité. Faut-il prévoir des protections rapprochées pour ces personnes ? Est-ce le retour des écoutes téléphoniques ? Comment les militants PS pourront-ils se livrer à une telle dénonciation en conservant leur sens civique ? Qu’aurait dit le PS si un tel questionnaire avait été envoyé par l’UMP ? À quoi vont servir les fichiers ainsi constitués ? ».
Pour Benoît Blineau, conseiller municipal d’opposition, candidat aux municipales pour le MoDem, « l’action menée par le PS local, cautionnée par Jean-Marc Ayrault lui-même, reflète le climat de suspicion dans lequel s’inscrit la campagne des municipales. Le maire de Nantes, sous couvert de démocratie participative, a ainsi cédé aux pires dérives. Nous aurions néanmoins pu prévoir de tels agissements : quelques anciens adhérents du PS à Nantes, qui s’en sont détournés et nous ont rejoints pendant et depuis la campagne présidentielle, nous avaient déjà fait part de leur grande déception quant au climat interne. Nous avons également proposé à un adjoint PS et un représentant local de l’UMP de venir débattre sur l’image de Nantes. Jean-Marc Ayrault a refusé que son adjoint y participe, preuve encore une fois qu’il refuse le débat démocratique et le dialogue citoyen ».
Interrogé dès lundi, Pascal Bolo, directeur de campagne de Jean-Marc Ayrault a indiqué qu’il n’y aurait aucune réaction, ni commentaire, reconnaissant au passage l’utilisation « d’un mot malheureux » et qu’il « ne voit rien de scandaleux dans le cadre d’une compétition politique de voir là où il y a des adversaires ». Et de préciser : « On ne fiche personne ».
Éric Cabanas
Après le coup de théâtre de samedi au conseil national du mouvement à Pornic avec l'annonce du nom de Sophie Jozan comme tête de liste à Nantes, les choses s'accélèrent. Celle qui depuis plus de cinq ans mène l'opposition municipale nantaise face à Jean-Marc Ayrault. Celle qui l'a affronté aux législatives, le mettant en ballottage. Légitime, logique, ces deux mots reviennent dans les propos des principaux responsables UMP pour qualifier la candidature de Sophie Jozan. Après les atermoiements autour de Michel Hunault, une page est tournée. Sophie Jozan explique sa démarche.Qui réunissez-vous autour de vous ?« Ce ne sont pas des gens sortis de nulle part. Tout le monde est en ordre de marche grâce au travail effectué avec François Pinte depuis plusieurs années. Et nombreux sont ceux qui travaillent avec moi depuis plusieurs mois sur le projet. Il est vrai que le désordre des candidatures n'a pas été facile à maîtriser. Mais nous avons mené un travail de longue haleine et il ne faut pas avoir l'impression d'être hyper en retard par rapport à la désignation. »Qu'est-ce qui a conditionné le choix de l'UMP ?« Ma candidature a été proposée par l'état-major UMP parce qu'elle était légitime politiquement et conforme au profil politique des candidats UMP qui doivent partir à la reconquête des villes du grand Ouest. »Quelle sera votre position vis-à-vis du centre ?« J'ai un profil commun, je fais partie des centristes de l'UMP. Mais il n'y aura pas de tentative de récupération. Ceux qui veulent travailler avec moi, intéressés par mon projet, sont les bienvenus, d'où qu'ils viennent. Je mènerais une liste qui ne rassemblera pas forcément que des personnes issues du monde politique. Il y aura des représentants du monde associatif et de la société civile. Mais en aucun cas il n'y aura de marchandage en fonction des pourcentages que peut représenter tel ou tel mouvement. On ne pèse pas les courants. Je vise la cohérence d'une équipe de personnes qui vont travailler autour d'un projet pendant six ans, ce ne sera ni un grand écart, ni un mille-feuille. Il n'y aura pas de distribution de postes : ceci n'est pas négociable. » Et les conseillers municipaux qui travaillent actuellement avec vous ?« Certains n'ont pas envie de repartir, d'autres sont tentés. Il y aura des discussions, sans heurts ni amertume. Mais il y aura une grande place au renouvellement et aux jeunes. »Avez-vous eu des appels de nouveaux amis ? « Oui et non. Les gens connaissent mon positionnement. On ne vient pas acheter une place. Je veux que le projet soit défendu par des gens qui soient convaincus par celui-ci. Il faut voir comment les uns et les autres rejoignent le projet. La liste se fera en fin de course. »Propos recueillis par Éric Cabanas
Coup de théâtre samedi midi à Pornic. Invité par les instances UMP, le député Nouveau Centre Michel Hunault, apprend incidemment par Patrick Devedjian (secrétaire général délégué de l'UMP) lui-même, qu'il ne sera pas le candidat soutenu par l'UMP pour les municipales à Nantes. L'échange devant quelques témoins n'aura duré qu'un instant. Mais clairement et brièvement Patrick Devedjian lâche : « Michel Hunault n'est pas candidat ». Sophie Jozan, leader UMP de l'opposition municipale nantaise se tourne, étonnée. Il n'y a pas d'ambiguïté pour Patrick Devedjian : « Je défends les gens de l'UMP, légitimement c'est Sophie Jozan », confie-t-il à un cadre du mouvement. Michel Hunault, lui, quitte les lieux quelques instants plus tard. Celle qui a obligé Jean-Marc Ayrault à un deuxième tour aux législatives 2007, va donc, à 51 ans, mener la liste UMP à Nantes. Longtemps pressentie pour occuper la deuxième place sur la liste préparée par Michel Hunault, elle va désormais au combat en première ligne. Depuis quelques semaines on lui avait fait savoir au plus haut niveau qu'elle devait se tenir prête. Inimitiés Que s'est-il réellement passé pour que Michel Hunault soit aussi froidement et tardivement écarté ? Certains évoquent la surenchère d'exigences du député dans les dernières négociations. D'autres les inimitiés parmi quelques ténors de l'UMP que s'est créées Michel Hunault, transfuge du RPR ayant rejoint les bancs de l'UDF après avoir conduit une liste dissidente aux élections européennes dans l'Ouest.Les atermoiements des derniers jours qui plaçaient la droite nantaise dans une fâcheuse situation n'ont pas arrangé les choses. Officiellement, l'UMP 44 ne confirme rien. Mais Philippe Boënnec son secrétaire départemental reconnaît : « Une femme jeune et expérimentée serait sûrement une bonne candidate. Si c'est Sophie Jozan, cela me va très bien car elle a beaucoup d'atouts, elle a fait un très bon résultat face à Jean-Marc Ayrault aux législatives ». Reste désormais à constituer une liste...Éric Cabanas
Des militants, des élus, des maires, futurs et anciens, pareil pour les ministres, des sourires, des tensions, des portiques avec garde du corps à oreillettes... le tout réuni dans la salle polyvalente de Sainte-Marie à Pornic. Voila pour le décor de ce Conseil national de l'UMP grand Ouest. La question attendue, à savoir qui ira affronter Jean-Marc Ayrault sur ses terres, n'a pas été élucidée. Du moins officiellement, Jean-Pierre Raffarin rappelant à ce sujet que « c'est à la commission d'investiture de se prononcer, les auditions des candidats sont terminées ».Çà devrait être Sophie Jozan Reste donc à attendre encore un peu même si, officieusement, la candidature de Michel Hunault (Nouveau Centre faut-il le rappeler) n'a pas eu l'assentiment des dirigeants de l'UMP. Sophie Jozan leader de l'opposition municipale devrait mener la liste de droite face à J.-M. Ayrault. Cette dernière a reçu hier, à Pornic, le soutien des principaux patrons de l'UMP.Reste qu'hier, sur la Côte de Jade, on était surtout là pour parler stratégie de reconquête de l'Ouest, pas pour se déchirer sur des noms. Du moins toujours officiellement. Adapter le discoursCette stratégie, puisque l'Ouest « est une priorité » rappelle Jean-Pierre Raffarin, tient en trois points basés autour de l'identité forte de cette région, une ouverture au centre et des têtes de liste « nouvelle génération de moins de 40 ans ».Pour l'UMP, cette reconquête sera totale quand, « en 2010, nous auront récupéré les trois régions : Pays de la Loire, Poitou-Charentes et Bretagne ». Les municipales de mars prochain sont donc une des étapes de ce plan ambitieux.« Un élu du 3e type »Gagner des municipalités est donc jouable selon Jean-Pierre Raffarin qui évoque Angers et « même Nantes » avec une « génération d'élus de 3e type », des quadras, sensibles à l'environnement. Laurent Huou
Paradoxe, la « reconquête de l'Ouest », est le thème des travaux du Conseil National UMP qui se tient aujourd'hui à Pornic avec Jean-Pierre Raffarin. Il animera une table ronde en compagnie des candidats UMP aux municipales dans l'Ouest. Il n'y aura pas celui de Nantes et pour cause, il ne s'est pas encore déclaré. L'ancien Premier ministre, vice président de l'UMP veut s'appuyer sur des candidats issus d'une nouvelle génération politique qui « feront du Grenelle de l'environnement leur priorité municipale ». Le silence de HunaultEn attendant, à trois mois et demi des élections, Nantes reste avec Paris, la seule grande ville de France à ne pas avoir de candidat désigné par l'UMP. Le malaise grandit à Nantes tant au sein des militants qu'auprès des acteurs de la droite nantaise. Le député Michel Hunault adoubé par les instances UMP, se fait toujours silencieux, laissant un véritable boulevard aux velléités des uns et des autres. Dans notre édition d'hier, André Augier, élu de l'opposition fait valoir la légitimité, dont la sienne, des conseillers municipaux nantais d'opposition à être tête de liste. Pour sa part, Ghislain Gomart, délégué régional du FRS, vice-président de l'association d'opposition Génération Nantes qui cadre avec le profil défini par Jean-Pierre Raffarin confirme : sa candidature auprès de l'UMP pour mener une liste à Nantes est toujours valable... même s'il se déclare prêt à rallier le candidat qui sera officiellement investi. Il a par ailleurs fait parvenir aux instances UMP sa candidature à l'investiture dans le 4e canton de Nantes, tenu par l'UMP Loïc Le Masne qui a décidé de solliciter un nouveau mandat. « C'est la base de la reconquête de Nantes. Même si je respecte Loïc Le Masne, l'avenir de Nantes, ce n'est pas avec lui qu'il se fera ! Le 4e canton permet de mettre le pied à l'étrier à la personne qui veut reconquérir Nantes ».« Il faut trancher rapidement »Son regard sur la situation nantaise n'est pas complaisant : « L'écart de voix a tendance à croître en faveur de la gauche, dans le département et dans la métropole nantaise. On ne gagnera pas les municipales cette fois-ci si nous ne mettons pas en place les outils et les personnes qui permettront de reprendre la ville. Mais il va falloir trancher très rapidement et se mettre en ordre de marche avec la personne investie. Il est plus que temps de passer à l'action, les militants s'impatientent ». A André Augier qui met en avant la légitimité des conseillers municipaux d'opposition à mener une liste il répond : « Cette opposition municipale n'a pas su se structurer et créer une dynamique d'ensemble. S'il n'y avait pas une telle carence on ne se poserait pas de question sur la tête de liste de la droite aux municipales à Nantes ! ».Eric Cabanas
Les mystères de l’Ouest
L’UMP organise ce matin à Pornic le premier Forum interrégional grand Ouest de son conseil national. Thème de travail de la matinée (à huis clos) : « Municipales : Quelle stratégie de reconquête pour le grand Ouest ? ». À trois mois et demi des élections, il est effectivement temps de définir une stratégie. Ensuite il faut savoir avec qui. À Nantes, « sœur Anne » ne voit toujours rien venir… On en saura peut-être plus puisque la table ronde présidée par Jean-Pierre Raffarin, vice-président du conseil national de l’UMP, est organisée avec des maires et candidats des trois régions Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charentes. Place aux jeunes
En Presqu’île guérandaise, le Parti socialiste a décidé de mettre en avant des jeunes pour les prochaines échéances municipales. Deux juristes de formation, Erwan Le Moigne, 33 ans, à la Baule et Olivier Château, 34 ans, à Guérande, porteront les couleurs de la gauche. Le premier est avocat, spécialisé dans le droit social, le second est l’attaché parlementaire de Marie-Françoise Clergeau. Encore plus fort à La Turballe. Le maire, René Leroux, qui briguera également un nouveau mandat de conseiller général en mars a choisi une suppléante âgée de 19 ans. Et René Leroux de rappeler que 18 ans auparavant, il était, du haut de ses 37 ans, le benjamin des maires de Loire-Atlantique.« Opposants notoires »
Dans un courrier qu’il adresse aux militants socialistes des sections de Nantes dans le cadre de sa campagne électorale, Jean-Marc Ayrault, député maire, évoque sa conception de la première phase de celle-ci afin de « ressentir ce qui fait le quotidien des Nantais et de la vie dans leurs quartiers ». Il souhaite faire remonter un état des lieux des quartiers par le biais d’une fiche questionnaire. La deuxième question ce celui-ci demande de souligner « les points d’intérêts particuliers du secteur : nouveaux habitants, nouveaux logements, situation associative particulière, présence de relais connus ou d’opposants notoires à la municipalité… ». Indiquer les opposants notoires à la mairie ! Voilà qui rappelle des pratiques d’une autre époque et d’autres régimes ! La liste ainsi constituée sera-t-elle soumise à la Commission nationale informatique et liberté ?Chers adhérents
« Garder les nouveaux adhérents, un enjeu vital ! » C’est le titre du dernier article publié sur son blog par le conseiller régional socialiste Christophe Clergeau. « De petits signaux d’alarme s’allument ces dernières semaines », écrit-il précisant : « Après des élections présidentielles et législatives difficiles, le PS aurait perdu au moins 25 % des nouveaux adhérents de 2006. Ces chiffres sont démentis par la direction du PS mais chacun sent dans sa section au moins un flottement. Il est urgent de sonner la mobilisation et de faire du maintien de l’adhésion au PS de ces dizaines de milliers de citoyens l’enjeu de la fin de l’année 2007 ».Un président au Parti Radical
La fédération de Loire-Atlantique du Parti radical valoisien (président national Jean-Louis Borloo) vient d’élire une nouvelle équipe à sa tête, avec pour président Alain Thuau (qui succède à Christine Thébaudeau), Marc Porier pour secrétaire départemental et Jean-Guy Bouniot pour trésorier. On retrouve également au sein du bureau, Michel Le Mappian, un ancien conseiller municipal de Nantes, transfuge du Parti radical de gauche. « Nous souhaitons mettre en place un maillage plus resserré du terrain avec la création et la mise en place des responsables de circonscriptions et cantonaux », souligne Alain Thuau.Aéroport international Jules-Verne
Nantais d’origine, Bernard Decré, fondateur du Tour de France à la Voile, passionné d’aviation, garde un œil attentif à tout ce qui se passe dans la métropole nantaise et en particulier ce qui concerne le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il a d’ailleurs adressé un courrier au Premier ministre François Fillon, à Jean-Marc Ayrault député maire de Nantes et à Patrick Mareschal, président du conseil général de Loire-Atlantique pour proposer de baptiser le nouvel aéroport : « Aéroport international Jules-Verne », seul nom ayant un rayonnement dans le monde entier. Selon l’intéressé, les trois responsables politiques ont trouvé l’idée très intéressante… À bicyclette !
À propos de nom de baptême… Les mésaventures juridiques du système de vélo en libre-service à Nantes étant closes, on se penche désormais à Nantes Métropole sur le nom à lui donner. On ne va pas reprendre le terme Vélib utilisé à Paris, ni celui de Vélo’v choisi à Lyon. On se creuse paraît-il la tête pour trouver quelque chose de bien ! Pourquoi pas « Vél’ault » ! Au moins c’est clair !Antidopage
Dans sa dernière lettre d’information baptisée « Entre nous », la députée socialiste nantaise Marie-Françoise Clergeau rappelle qu’elle est intervenue auprès de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la jeunesse et des sports pour renforcer les politiques nationales contre le dopage. Au passage elle indique que « les pratiques douteuses au niveau régional, voire départemental, où les contrôles pour lutter contre le dopage sont trop rares ou inexistants, doivent aussi être prises en considération ». Éric Cabanas
Je trouve choquant qu'aucun candidat à la candidature ne s'appuie sur le travail que nous avons effectué durant ces sept années ». André Augier, conseiller municipal d'opposition, entre à son tour dans le débat sur la composition et la désignation de la tête de la future liste de droite aux prochaines élections municipales à Nantes. Alors que Michel Hunault, député UMP de Châteaubriant désigné par la commission nationale de son parti pour mener la liste, n'a toujours pas fait connaître sa décision, André Augier sort du bois.« Il faut capitaliser nos acquis »« Je suis bien placé pour m'exprimer sur ce sujet aujourd'hui, car élu sans étiquette, émanant de la société civile et du monde associatif, j'ai gardé toute ma liberté, tout en travaillant indistinctement avec tous mes collègues de l'opposition municipale ». C'est là un point auquel il est très attaché : malgré les dissensions nationales entre la droite et le centre, l'opposition municipale est encore unie. Élus UMP, UDF, MPF, CNI et sans étiquette continuent à oeuvrer ensemble.« Nous avons travaillé d'une manière constructive sur tous les dossiers, ce qui nous a permis d'influencer la majorité municipale dans son action. Nous n'avons pas démérité. Et nous avons constitué un réseau commun, bien en phase avec la réalité nantaise ». Cet ensemble, André Augier aurait aimé que les candidats à la candidature le prennent en compte. « Ce que nous avons construit est précieux pour les Nantais, il faut le respecter et capitaliser sur ces acquis ».Ouverture à l'UDFIl est d'ailleurs allé récemment plaider sa cause à l'Élysée. Mais a l'impression de ne pas avoir été entendu, la stratégie élaborée à Paris s'appuyant sur une alliance forte avec « la droite radicale », c'est-à-dire les boutinistes et le CNI. Pour André Augier l'union est certes nécessaire mais elle doit être étendue à l'UDF-MoDem « avec laquelle nous travaillons toujours au sein de l'opposition municipale ».S'il reste conscient que le contexte local est peu favorable à un basculement de Nantes à droite, André Augier estime que l'équipe d'opposition actuelle doit former le noyau dur de la future liste « et se trouver en première ligne ». Et de suggérer que la tête de liste y soit également choisie de façon consensuelle. « Nous sommes au moins trois ou quatre, je pense à Sophie Jozan (ndlr : déjà en lice), André-Hubert Ménard et moi-même, à être impliqués fortement aux côtés des Nantais, je ne vois pas pourquoi l'un d'entre nous ne serait pas capable de poursuivre l'oeuvre entreprise en l'améliorant ».Dominique Bloyet
Insula C'est au 7e étage de l'immeuble de bureaux Insula, anciennement Alstom, sur l'île de Nantes, que Jean-Marc Ayrault a choisi d'annoncer officiellement sa candidature. Un choix très symbolique : « D'ici, on a une superbe vue sur le Nantes d'hier et celui demain », a-t-il souligné. 50 % La liste Ayrault pour 2008 sera « largement renouvelée ». « L'objectif de 50 % sera atteint », promet le maire sortant. « Les discussions engagées avec les autres formations politiques de l'actuelle majorité municipale se passent bien ». La liste, qui sera dévoilée fin janvier, devrait compter une dizaine de représentants de la société civile, sans étiquette. Comme en 2001. Bilan « Quantitativement et qualitativement, le bilan du mandat qui s'achève est impressionnant », juge le maire sortant. « La Ville et l'agglomération n'ont jamais autant investi que lors des six dernières années. Le prochain mandat sera plus axé sur la qualité des services rendus à la population que sur la quantité ». Démocratie participative « Mon souhait est que les Nantais soient les premiers acteurs et les premiers bénéficiaires » du développement de Nantes. « La démocratie participative, ce n'est pas seulement un supplément d'âme pour un projet, c'est la clé de sa réussite. Quand on sait où on va, on n'a pas à craindre d'ouvrir le débat ». Attractivité « Nantes doit devenir une métropole qui compte en Europe. Aujourd'hui, elle n'est pas encore assez grande ni assez connue. Il faut gravir une nouvelle marche. Nantes a tout ce qu'il faut pour aller plus haut, et un atout majeur : son esprit d'aventure ». Méthode « Je veux procéder avec méthode. D'abord écouter, consulter, discuter pour constituer une équipe. Le projet est déjà connu dans ses grandes lignes, le programme soit encore s'affiner. Le temps viendra de sa présentation détaillée ». Écoute « Je suis dans une phase d'écoute à la rencontre des Nantais, en essayant de voir le maximum de gens différents, au-delà des institutions, des gens qui sont des acteurs engagés dans la mutation de la ville, dans tous les secteurs. Je le fais depuis quelques semaines, discrètement, en petit comité. C'est une période d'échange, d'enrichissement ». Défi écologique « Le défi écologique est un défi majeur, c'est la clef du développement futur. Nantes a des atouts, une chance, le vert et le bleu y sont partout. De l'eau, des espaces verts, des parcs urbains. Nous avons la chance de disposer à l'intérieur du périphérique d'espaces fonciers importants qui nous permettent de freiner l'étalement urbain ». La tentation de la pause « Si nous stagnons, si nous décidons de céder à la tentation de la pause, c'est le déclin assuré, la perte de substance. Il ne s'agit pas de grandir pour grandir. On peut se renforcer en assurant la qualité de la vie ». Levier « La volonté politique doit servir de levier. Mais elle ne suffit pas. L'investissement public doit entraîner des investissements privés ». Ambition « J'ai une ambition pour Nantes : la sauvegarde de notre pacte républicain qui permet la fraternité, le bien vivre ensemble, passe par la lutte contre les inégalités. Un maire reste maire, il doit rester proche des gens. Ma démarche est en permanence la recherche de la cohérence. L'ambition et la pratique de la solidarité ». Passion « Si nous avons redonné à cette ville le goût de l'ambition et la pratique de la solidarité c'est parce qu'il y a cette passion de Nantes et qu'il y a cette idée qu'il faut toujours progresser, avancer ». Fierté « Les Nantais ont retrouvé la fierté de leur ville. Vous ne trouverez pas un Nantais qui ne soit pas fier de Nantes. Se sentir bien ensemble dans une ville est quelque chose d'important. Quand je vois plus de 40 000 Nantais accompagner les premiers pas de l'Éléphant ou à l'inauguration d'Estuaire, c'est révélateur de cet art de vivre ensemble ». Ouverture « Je ne suis pas pour une ouverture qui donne lieu à des combinaisons politiciennes. Ce qui est important c'est que cela se passe dans la clarté, autour du projet, de la méthode, des valeurs de gauche. Les personnalités qui s'engageront sur le même projet seront les bienvenues... ». Gauche « Je me situe clairement dans l'opposition au gouvernement actuel. Je ne rase pas les murs parce que je suis socialiste, profondément de gauche. Mais tout ce qui se fera de bien au niveau national et qui sera bon pour les Nantais, je le prendrai ». Génération « Mon rôle consiste à faire émerger des générations nouvelles, à promouvoir des hommes et des femmes qui, demain, prendront le relais pour continuer de faire avancer Nantes ». Le dernier mandat ? « La vraie question, c'est ce qui va se passer pour Nantes dans les années qui viennent, comment elle va continuer à avancer. Je n'ai pas d'autre ambition que de servir cette ville. Je le ferai tant que je m'en estimerai capable ». Mitterrandien Jean-Marc Ayrault conclut sa lettre aux Nantaises et aux Nantais en ces termes : « Il nous reste tant à faire pour Nantes, ensemble ». Une copie presque conforme de la première déclaration de François Mitterrand, en mai 1981, juste après son élection : « Nous avons tant de choses à faire ensemble »...
Les membres de la commission nationale d'investiture, présidée par Jean-Claude Gaudin, et réunie le mardi 2 octobre au siège national de l'UMP ont planché, conformément aux statuts du mouvement sur les investitures accordées dans les villes de plus de 30 000 habitants. Le nom de Michel Hunault, député Nouveau Centre de la 6e circonscription de Loire-Atlantique (Châteaubriant) a été retenu.Cette proposition doit être soumise au vote du conseil national, seule instance compétente pour accorder formellement et en dernière instance les investitures. L'annonce officielle devrait intervenir d'ici une quinzaine de jours afin de préparer médiatiquement l'affaire en compagnie des principaux leaders de l'opposition nantaise qui feront équipe avec lui. On pense en particulier à la conseillère municipale UMP Sophie Jozan ou au boutiniste Ghislain Gomart.À moins qu'au dernier moment, l'intéressé se désiste pour des raisons personnelles - Jean-Luc Harousseau candidat de la droite en 2001 avait jusqu'au dernier moment hésité -, on voit mal aujourd'hui qui pourrait lui barrer la route. Paradoxalement, alors que Michel Hunault garde le silence, Paul Poirier, candidat affiché, joue des coudes pour forcer le destin de la droite nantaise.Le 6 octobre, le conseil national de l'UMP a adopté une motion posant le principe « d'ouverture » de ses listes municipales à des candidats de la « diversité » et « issus d'autres sensibilités politiques ».Parcours atypiqueLe fait que Michel Hunault soit issu du Nouveau Centre ne pose donc pas de problème. Son parcours est d'ailleurs atypique puisqu'il avait animé la liste départementale du RPR aux élections régionales, avant de mener la fronde en 2004 avec une liste aux européennes contre celle menée officiellement par Roselyne Bachelot. Il avait alors rejoint l'UDF. On l'a vu clairement soutenir François Bayrou lors de sa venue à Nantes dans le cadre de la campagne présidentielle 2007.Michel Hunault sait que le combat sera très difficile. Mais mener la liste de droite à Nantes lui permet d'occuper le terrain, le plaçant en position stratégique dans la perspective d'autres rendez-vous. Les élections sénatoriales sont dans trois ans. Viendront ensuite les européennes.Montée en puissanceMichel Hunault est en position de négocier pour le moyen terme et ceux où celles qui le suivent de profiter du sillage, à un moment où l'appareil UMP départemental n'est pas au mieux de sa forme. Certains responsables UMP départementaux regardent d'ailleurs avec inquiétude sa montée en puissance et ses liens affichés avec la présidence de la République, comme on a pu le constater lors de la venue de Nicolas Sarkozy à Châteaubriant. À suivre. Éric Cabanas