Les élections municipales
à Nantes



Notre dossier spécial !

Les résultats de 2001
à Nantes

J.-M. Ayrault (PS) : 54,94 %
(réélu dès le premier tour)

J.-L. Harousseau (UDF) : 34,15 %

H. Defrance (LO) : 5,53 %

P. Bruneau (FN) : 3,02 %

P. Peraldi (MNR) : 2,36 %

Les 65 membres de la liste Ayrault

"Nantes & Plus"

Les 65 membres de la liste Blineau

"Nantes Démocrate 2008"

Les 65 membres de la liste Jozan

"Ensemble, pour Nantes !"

Les 65 membres de la liste Defrance

Lutte ouvrière

L'actu de la campagne à Nantes

mardi 04 mars 2008

« Je me donne toutes les chances »

Sophie Jozan (UMP) explique sa campagne et se dit « stimulée » par les pronostics défavorables.

Pourquoi avoir choisi la pointe de l’île de Nantes pour nous recevoir ?

Parce que je pense que ce site est beau, emblématique et qu’il manque quelque chose. Le maire sortant a décidé qu’on n’avait pas le droit de construire à la proue. Alors que pour moi, la proue, c’est le symbole de l’ouverture de Nantes sur le monde, sur le domaine maritime. Donc j’aime ce lieu.

Comment définiriez-vous Nantes en une phrase ?

Nantes mérite mieux.

Quels sont vos passions et loisirs hors politique ?

Écouter de la musique classique et lire. J’aime bien la littérature américaine.

Quels sont vos points forts et vos points faibles ?

Des points faibles, bien sûr j’en ai plein. Mes points forts, c’est que j’ai beaucoup de convictions, que je suis énergique et que je travaille. Mais je n’ai pas toujours assez confiance en moi et je suis trop perfectionniste.

Qu’est-ce qui vous a amenée à la politique ?

Je suis entrée en politique en 2001 pour la dernière élection municipale. Je me suis toujours intéressé à la politique et j’ai beaucoup de convictions. Et c’était l’occasion de rentrer dans le champ politique. Cette campagne m’intéressait. J’avais des convictions avant tout européennes, et étant membre de l’UDF à ce moment-là, je trouvais que c’était important d’avoir un leader qui avait les mêmes idées que moi.

« J’ai une famille qui me soutient »

Est-ce compatible avec votre vie de famille ? Notamment en campagne ?

C’est tout à fait compatible car j’ai une famille qui me soutient beaucoup et qui est pour moi une source d’énergie dans l’action que je mène.

Avez-vous analysé les causes des défaites successives d’Élisabeth Hubert, de Daniel Augereau et de Jean-Luc Harrouseau ? Qu’est-ce qui vous différencie d’eux, de leurs projets, de leurs campagnes ?

J’ai évidemment analysé les résultats des élections précédentes. Moi c’est moi, eux c’est eux (sourires) et je pense qu’aujourd’hui, ce qui est important c’est d’avoir un projet qui est porté par une équipe très diversifiée et très ouverte puisqu’on va jusqu’à la gauche moderne. Pour moi, c’est extrêmement important d’avoir bien ouvert. Et, en plus, on a un vrai projet, tout à fait crédible parce qu’au fur et à mesure des mandats du maire sortant, on voit bien qu’il y a un déficit, par exemple sur ce projet de l’île de Nantes, mais aussi sur d’autres aspects à la fois urbanistiques et économiques sur la ville.

Quelle chance vous donnez-vous d’être élue ?

Je me donne toujours toutes les chances d’être élue au début, car je crois que cela ne sert à rien de rentrer dans une campagne en se disant qu’on a aucune chance.

Pourquoi ce positionnement au centre droit, votre programme parfois assez proche de celui de Jean-Marc Ayrault, dont vous dites qu’il vous « pique » vos idées ?

Mon positionnement au centre droit, c’est la réalité. Je suis issue de l’UDF. Donc il y a 18 mois, on aurait dit que j’étais au centre. Donc je suis au centre droit. Je suis rentré à l’UMP par des convictions qui sont d’abord européennes. C’est ma famille le centre droit. Ma liste est ouverte bien plus largement sur le centre puisqu’on va jusqu’à la gauche moderne avec des gens sans étiquette. Mon positionnement, c’est le centre droit. Je le revendique absolument et personne ne peut le contester.

Je fais partie de l’équipe municipale d’opposition et j’ai fait dès le début de ma campagne un certain nombre de propositions qu’on n’a pas vu figurer dans les déclarations de Jean-Marc Ayrault et pour lesquelles on n’a pas, non plus, voté pour l’année 2008. Par exemple, on savait qu’il y avait un lycée international qui était projeté, mais il n’y avait pas eu de projet de cité internationale. Ça a été piqué. C’est la même chose, curieusement et très tardivement, sur la cité de l’innovation. Même dans les mesures officielles sorties sur le programme, on n’en a jamais parlé. Sur les crèches d’entreprises, si c’était vraiment un projet, pourquoi, en janvier, quand on a voté le budget 2008, ce n’est pas prévu à Nantes. Ce sont bien des idées qui ont été piquées, je ne peux pas dire autre chose. Maintenant que le programme soit proche, il ne s’agit pas du tout de cela. Il s’agit probablement, et c’est de notre responsabilité, d’avoir détecté les préoccupations majeures des Nantais, avec des solutions qui restent tout à fait différentes et sur des thèmes qui sont évidemment des thèmes de préoccupation.

Comprenez-vous la réserve, pour ne pas dire plus, de la droite nantaise traditionnelle incarnée par A. du Roscoat ?

Comment, pardon ? (rires) Il y a forcément au moins une personne qui est réservée sur mon programme. Qu’il y ait une personne, un Nantais qui soit réservé, je peux le comprendre.

« Je n’ai pas de regrets »

Qu’est-ce qui vous différencie de Jean-Marc Ayrault au plan politique ?

Je n’ai pas du tout des convictions de membre du Parti socialiste. Moi je crois qu’aujourd’hui, il est grand temps d’avancer, de façon très énergique, sur des réformes qui ne sont pas du tout les solutions prônées par le Parti socialiste. Cela nous différencie sur les modes de faire de la politique aussi bien au national qu’au local, sur l’ouverture aux initiatives économiques, contre la municipalisation, au sens public du terme, qui est forcément la meilleure réponse. Moi je ne suis pas pour des réponses qui sont toujours globales et figées, en étant passée par des marchés publics. Je pense qu’il faut des offres diversifiées avec des déclinaisons très multiformes.

Beaucoup, notamment la presse nationale (la une de Libération du 26 février : « A quel tour ? »), font de la réélection de Jean-Marc Ayrault une formalité, l’enjeu étant de savoir s’il y aura un second tour. Cela vous agace ?

Non, cela me stimule.

Benoît Blineau était avec vous dans l’opposition à Jean-Marc Ayrault. Qu’est-ce qui vous différencie de lui aujourd’hui ?

C’est qu’il est au MoDem.

Pourriez-vous faire alliance avec lui entre les deux tours ?

On verra le soir du premier tour.

Comment jugez-vous les hommes Ayrault et Blineau ?

Je ne juge pas les hommes. Je juge les projets, les idées. Mais je n’ai pas de jugement à porter sur les hommes, du point de vue des personnes. Ce qui m’intéresse, ce sont les offres politiques des candidats.

Êtes-vous satisfait de la campagne ? Temps forts, regrets ?

L’heure n’est pas à la satisfaction, mais au travail. On doit continuer à être énergiques et mobilisés complètement jusqu’à la fin. La campagne officielle vient de commencer. Ce n’est pas le moment de se demander si l’on est satisfait. On doit continuer à mobiliser au maximum. Il y a eu des temps forts, avec la visite de Patrick Devedjian. Mais les réunions de quartiers le sont également. Les temps forts, c’est quand on rencontre les gens, qu’on arrive à leur écoute à comprendre les préoccupations. Je n’ai pas de regrets, j’ai des projections. Je vois plus vers l’avenir que sur le passé.

Si vous êtes élue, quelles sont vos premières décisions ?

Mettre en place un grand plan pour les gardes d’enfants au niveau communautaire, remettre en place un vrai audit sur la sécurité et remettre à plat les finances publiques.

Propos recueillis

par Philippe Corbou
 

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