Pourquoi avoir choisi la pointe de
l’île de Nantes pour nous recevoir ?
Parce que je pense que ce site est beau, emblématique et
qu’il manque quelque chose. Le maire sortant a décidé qu’on n’avait
pas le droit de construire à
Comment définiriez-vous Nantes en une
phrase ?
Nantes mérite mieux.
Quels sont vos passions et loisirs hors
politique ?
Écouter de la musique classique et lire. J’aime bien
la littérature américaine.
Quels sont vos points forts et vos points
faibles ?
Des points faibles, bien sûr j’en ai plein. Mes points
forts, c’est que j’ai beaucoup de convictions, que je suis
énergique et que je travaille. Mais je n’ai pas toujours assez confiance
en moi et je suis trop perfectionniste.
Qu’est-ce qui vous a amenée à la
politique ?
Je suis entrée en politique en 2001 pour la dernière
élection municipale. Je me suis toujours intéressé à la politique et j’ai
beaucoup de convictions. Et c’était l’occasion de rentrer dans le
champ politique. Cette campagne m’intéressait. J’avais des
convictions avant tout européennes, et étant membre de l’UDF à ce moment-là,
je trouvais que c’était important d’avoir un leader qui avait les
mêmes idées que moi.
« J’ai une famille qui me soutient »
Est-ce compatible avec votre vie de
famille ? Notamment en campagne ?
C’est tout à fait compatible car j’ai une
famille qui me soutient beaucoup et qui est pour moi une source d’énergie
dans l’action que je mène.
Avez-vous analysé les causes des défaites
successives d’Élisabeth Hubert, de Daniel Augereau et de Jean-Luc
Harrouseau ? Qu’est-ce qui vous différencie d’eux, de leurs
projets, de leurs campagnes ?
J’ai évidemment analysé les résultats des élections
précédentes. Moi c’est moi, eux c’est eux (sourires) et je pense
qu’aujourd’hui, ce qui est important c’est d’avoir un
projet qui est porté par une équipe très diversifiée et très ouverte
puisqu’on va jusqu’à la gauche moderne. Pour moi, c’est
extrêmement important d’avoir bien ouvert. Et, en plus, on a un vrai
projet, tout à fait crédible parce qu’au fur et à mesure des mandats du
maire sortant, on voit bien qu’il y a un déficit, par exemple sur ce
projet de l’île de Nantes, mais aussi sur d’autres aspects à la
fois urbanistiques et économiques sur la ville.
Quelle chance vous donnez-vous d’être
élue ?
Je me donne toujours toutes les chances d’être élue au
début, car je crois que cela ne sert à rien de rentrer dans une campagne en se
disant qu’on a aucune chance.
Pourquoi ce positionnement au centre droit, votre programme
parfois assez proche de celui de Jean-Marc Ayrault, dont vous dites qu’il
vous « pique » vos idées ?
Mon positionnement au centre droit, c’est
Je fais partie de l’équipe municipale
d’opposition et j’ai fait dès le début de ma campagne un certain
nombre de propositions qu’on n’a pas vu figurer dans les
déclarations de Jean-Marc Ayrault et pour lesquelles on n’a pas, non
plus, voté pour l’année 2008. Par exemple, on savait qu’il y avait
un lycée international qui était projeté, mais il n’y avait pas eu de
projet de cité internationale. Ça a été piqué. C’est la même chose,
curieusement et très tardivement, sur la cité de l’innovation. Même dans
les mesures officielles sorties sur le programme, on n’en a jamais parlé.
Sur les crèches d’entreprises, si c’était vraiment un projet,
pourquoi, en janvier, quand on a voté le budget 2008, ce n’est pas prévu
à Nantes. Ce sont bien des idées qui ont été piquées, je ne peux pas dire autre
chose. Maintenant que le programme soit proche, il ne s’agit pas du tout
de cela. Il s’agit probablement, et c’est de notre responsabilité,
d’avoir détecté les préoccupations majeures des Nantais, avec des
solutions qui restent tout à fait différentes et sur des thèmes qui sont
évidemment des thèmes de préoccupation.
Comprenez-vous la réserve, pour ne pas dire
plus, de la droite nantaise traditionnelle incarnée par A. du Roscoat ?
Comment, pardon ? (rires) Il y a forcément au moins une
personne qui est réservée sur mon programme. Qu’il y ait une personne, un
Nantais qui soit réservé, je peux le comprendre.
« Je n’ai pas de regrets »
Qu’est-ce qui vous différencie de
Jean-Marc Ayrault au plan politique ?
Je n’ai pas du tout des convictions de membre du Parti
socialiste. Moi je crois qu’aujourd’hui, il est grand temps
d’avancer, de façon très énergique, sur des réformes qui ne sont pas du
tout les solutions prônées par le Parti socialiste. Cela nous différencie sur
les modes de faire de la politique aussi bien au national qu’au local,
sur l’ouverture aux initiatives économiques, contre la municipalisation,
au sens public du terme, qui est forcément la meilleure réponse. Moi je ne suis
pas pour des réponses qui sont toujours globales et figées, en étant passée par
des marchés publics. Je pense qu’il faut des offres diversifiées avec des
déclinaisons très multiformes.
Beaucoup, notamment la presse nationale (la
une de Libération du 26 février : « A quel tour ? »),
font de la réélection de Jean-Marc Ayrault une formalité, l’enjeu étant
de savoir s’il y aura un second tour. Cela vous agace ?
Non, cela me stimule.
Benoît Blineau était avec vous dans
l’opposition à Jean-Marc Ayrault. Qu’est-ce qui vous différencie de
lui aujourd’hui ?
C’est qu’il est au MoDem.
Pourriez-vous faire alliance avec lui entre
les deux tours ?
On verra le soir du premier tour.
Comment jugez-vous les hommes Ayrault et
Blineau ?
Je ne juge pas les hommes. Je juge les projets, les idées.
Mais je n’ai pas de jugement à porter sur les hommes, du point de vue des
personnes. Ce qui m’intéresse, ce sont les offres politiques des
candidats.
Êtes-vous satisfait de la campagne ?
Temps forts, regrets ?
L’heure n’est pas à la satisfaction, mais au
travail. On doit continuer à être énergiques et mobilisés complètement
jusqu’à
Si vous êtes élue, quelles sont vos
premières décisions ?
Mettre en place un grand plan pour les gardes
d’enfants au niveau communautaire, remettre en place un vrai audit sur la
sécurité et remettre à plat les finances publiques.
Propos recueillis