Le terme « d’opposants notoires » et l’incitation à les signaler entraînent de nombreuses réactions. Ce document adressé dans le cadre de la campagne des municipales vise à « ressentir ce qui fait le quotidien des Nantais et la vie dans leurs quartiers ». Il fait couler beaucoup d’encre.
Sophie Jozan, candidate UMP à la mairie de Nantes s’inquiète du climat de début de campagne ainsi instauré : « Bel exemple de « démocratie participative à la nantaise » ! C’est bien la preuve de ce que ces opposants nomment « le système Ayrault ». Ces procédés rappellent des régimes peu respectueux de la liberté individuelle : le KGB à Nantes ? ».
« Si l’UMP avait envoyé un tel questionnaire… »
La conseillère municipale « s’inquiète de savoir le sort qui sera réservé aux « opposants notoires » qui oseront se présenter contre la liste PS à la municipalité. Faut-il prévoir des protections rapprochées pour ces personnes ? Est-ce le retour des écoutes téléphoniques ? Comment les militants PS pourront-ils se livrer à une telle dénonciation en conservant leur sens civique ? Qu’aurait dit le PS si un tel questionnaire avait été envoyé par l’UMP ? À quoi vont servir les fichiers ainsi constitués ? ».
Pour Benoît Blineau, conseiller municipal d’opposition, candidat aux municipales pour le MoDem, « l’action menée par le PS local, cautionnée par Jean-Marc Ayrault lui-même, reflète le climat de suspicion dans lequel s’inscrit la campagne des municipales. Le maire de Nantes, sous couvert de démocratie participative, a ainsi cédé aux pires dérives. Nous aurions néanmoins pu prévoir de tels agissements : quelques anciens adhérents du PS à Nantes, qui s’en sont détournés et nous ont rejoints pendant et depuis la campagne présidentielle, nous avaient déjà fait part de leur grande déception quant au climat interne. Nous avons également proposé à un adjoint PS et un représentant local de l’UMP de venir débattre sur l’image de Nantes. Jean-Marc Ayrault a refusé que son adjoint y participe, preuve encore une fois qu’il refuse le débat démocratique et le dialogue citoyen ».
Interrogé dès lundi, Pascal Bolo, directeur de campagne de Jean-Marc Ayrault a indiqué qu’il n’y aurait aucune réaction, ni commentaire, reconnaissant au passage l’utilisation « d’un mot malheureux » et qu’il « ne voit rien de scandaleux dans le cadre d’une compétition politique de voir là où il y a des adversaires ». Et de préciser : « On ne fiche personne ».
Éric Cabanas