Ce désintérêt pour les élections locales n'est pas cantonné à Doulon, ce quartier Est nantais, annexé par la Cité des ducs il y a un siècle cette année.
« Manque de suspense »
On peut entendre le même son de cloche à Bellevue, quartier Ouest caractérisé par une forte concentration de logements sociaux : « Il faut bien des politiques sinon c'est la pagaille » concède Annie-André. Mais pour elle, les élections, « c'est comme mettre une pièce neuve dans un vêtement usé... ».
Ceux qui se disent intéressés par les prochaines municipales ne sont pas forcément pressés d'arrêter leur choix. « Je vais regarder ça attentivement, mais plus tard » annonce Jacques en regrettant « le manque de suspense à Nantes ». Ce « manque de suspense », quelques-uns s'en accommodent, à l'image de Paul : « J'espère que ça ne bougera pas ».
« Trop de listes »
Pierre est lui conscient de l'importance des municipales : « Ça influence notre vie au quotidien avec les transports, la culture... ». Il pense qu'il y a trop de listes, mais il en « connaît une », et « ça [lui] suffit ».
Trop de listes, c'est aussi l'avis de Jean-Luc, qui pense faire son choix au dernier moment. En général, il vote à gauche. Mais, avec cinq listes de gauche pour le scrutin nantais, « c'est trop ». Sept listes au total, « ça fait beaucoup. C'est vrai. Mais c'est bien normal. Dans une grande ville comme Nantes, il y a forcément une grande quantité de propositions ».
« Pour être maire, il faut être fou ! »
Et puis, il y a ceux que la campagne agace. « Dès que l'on va quelque part on nous saute dessus pour nous donner des tracts... Y en a marre ! s'exclame Yvon. Mais il ira quand même voter « même si on n'est pas toujours écoutés ». Yvette, en revanche, ne se donnera même pas la peine de se rendre au bureau de vote : « La politique, ça ne sert à rien, surtout à nos âges. Et puis notre retraite n'augmente pas ».
Quant à Claude, retraité lui aussi, « pour être maire il faut être fou », dit-il, en évoquant les responsabilités de la fonction. La campagne électorale, ressemble plus, selon lui, « à une campagne publicitaire. L'essentiel pour eux est d'assurer leur place ». Malgré ce scepticisme apparent, il ira quand même voter dimanche. Et si l'on en croit Jeanine, cela lui donne une légitimité pour râler : « Parce que si on ne vote pas, on n'a rien à dire ! ».
Audrey Montilly et Antoine Garnier