Effets trompeurs
À en croire ces derniers, le lancement des nouvelles ZAC Bottière-Chénaie et Saint-Joseph de Porterie, la transformation de l'Île de Nantes (7 000 logements à construire sur 20 ans), le projet Tripode et les innombrables chantiers en cours à travers la ville seraient trompeurs. « On a l'impression que l'on construit beaucoup. En réalité, on construit moins aujourd'hui que dans les années 90, où on était sur un rythme de 4 100 logements par an sur l'agglo », souligne Loïc Cantin, le président du Cina.
Selon les pros de l'immobilier, malgré une volonté affichée de « reconstruire la ville sur elle-même », comme le préconise la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU) votée en 2000, « rien n'a été fait depuis 7 ans dans l'agglomération nantaise pour freiner l'étalement urbain ».
4 000 logements par an
Ce jugement a fait bondir les élus de Nantes Métropole qui soulignent que, depuis 2001, 20 000 logements ont été construits dans l'agglomération. « Sur les trois dernières années, on est sur un rythme de 3 400 à 4 600 mises en chantier », explique Gilles Retière, vice-président de la communauté urbaine, en charge de l'habitat. En 2007, près de 6 000 permis de construire ont été délivrés et plus de 4 000 logements mis en chantier, dont la moitié sur Nantes.
Des chiffres conformes aux objectifs du Programme local de l'habitat (PLH) voté en 2004 par la communauté urbaine. Programme qui prévoit la construction de 3 900 logements par an, dont 900 logements sociaux, pour moitié sur Nantes et pour l'autre dans l'agglomération.
Flambée des prix
Mais la mise sur le marché de ces milliers de logements neufs n'a pas suffi à enrayer la flambée des prix de l'immobilier à Nantes : + 10 à 15 % par an, en moyenne, depuis dix ans. Conséquence : les ménages aux revenus modestes quittent progressivement le centre-ville pour s'installer en deuxième et même en troisième couronne, jusqu'à 30 ou 40 km de Nantes. « En 1989, l'aire urbaine de Nantes englobait 82 communes. Aujourd'hui, on en est à 110 ou 120 », déplore Loïc Cantin.
Coup de pouce
Pour aider ces ménages modestes à rester intra-muros, Nantes Métropole a lancé en 2006 son propre prêt à taux zéro (PTZ) qui vient compléter celui de l'État. Depuis sa mise en place, près de 1 500 ménages en ont bénéficié, pour un montant moyen de 26 000 €. Un coup de pouce indispensable, aujourd'hui, pour pouvoir acheter à Nantes.
Xavier Boussion