Jean-Marc Ayrault tente la passe de quatre
Le maire de Nantes a officialisé hier sa candidature à sa propre succession, en marsprochain. À 57 ans, Jean-Marc Ayrault brigue un quatrième mandat à la tête de la6eville de France, dont il tient les rênes depuis 1989. Il emmènera une liste « largementrenouvelée », dont la composition ne sera dévoilée que fin janvier.
Insula C'est au 7e étage de l'immeuble de bureaux Insula, anciennement Alstom, sur l'île de Nantes, que Jean-Marc Ayrault a choisi d'annoncer officiellement sa candidature. Un choix très symbolique : « D'ici, on a une superbe vue sur le Nantes d'hier et celui demain », a-t-il souligné. 50 % La liste Ayrault pour 2008 sera « largement renouvelée ». « L'objectif de 50 % sera atteint », promet le maire sortant. « Les discussions engagées avec les autres formations politiques de l'actuelle majorité municipale se passent bien ». La liste, qui sera dévoilée fin janvier, devrait compter une dizaine de représentants de la société civile, sans étiquette. Comme en 2001. Bilan « Quantitativement et qualitativement, le bilan du mandat qui s'achève est impressionnant », juge le maire sortant. « La Ville et l'agglomération n'ont jamais autant investi que lors des six dernières années. Le prochain mandat sera plus axé sur la qualité des services rendus à la population que sur la quantité ». Démocratie participative « Mon souhait est que les Nantais soient les premiers acteurs et les premiers bénéficiaires » du développement de Nantes. « La démocratie participative, ce n'est pas seulement un supplément d'âme pour un projet, c'est la clé de sa réussite. Quand on sait où on va, on n'a pas à craindre d'ouvrir le débat ». Attractivité « Nantes doit devenir une métropole qui compte en Europe. Aujourd'hui, elle n'est pas encore assez grande ni assez connue. Il faut gravir une nouvelle marche. Nantes a tout ce qu'il faut pour aller plus haut, et un atout majeur : son esprit d'aventure ». Méthode « Je veux procéder avec méthode. D'abord écouter, consulter, discuter pour constituer une équipe. Le projet est déjà connu dans ses grandes lignes, le programme soit encore s'affiner. Le temps viendra de sa présentation détaillée ». Écoute « Je suis dans une phase d'écoute à la rencontre des Nantais, en essayant de voir le maximum de gens différents, au-delà des institutions, des gens qui sont des acteurs engagés dans la mutation de la ville, dans tous les secteurs. Je le fais depuis quelques semaines, discrètement, en petit comité. C'est une période d'échange, d'enrichissement ». Défi écologique « Le défi écologique est un défi majeur, c'est la clef du développement futur. Nantes a des atouts, une chance, le vert et le bleu y sont partout. De l'eau, des espaces verts, des parcs urbains. Nous avons la chance de disposer à l'intérieur du périphérique d'espaces fonciers importants qui nous permettent de freiner l'étalement urbain ». La tentation de la pause « Si nous stagnons, si nous décidons de céder à la tentation de la pause, c'est le déclin assuré, la perte de substance. Il ne s'agit pas de grandir pour grandir. On peut se renforcer en assurant la qualité de la vie ». Levier « La volonté politique doit servir de levier. Mais elle ne suffit pas. L'investissement public doit entraîner des investissements privés ». Ambition « J'ai une ambition pour Nantes : la sauvegarde de notre pacte républicain qui permet la fraternité, le bien vivre ensemble, passe par la lutte contre les inégalités. Un maire reste maire, il doit rester proche des gens. Ma démarche est en permanence la recherche de la cohérence. L'ambition et la pratique de la solidarité ». Passion « Si nous avons redonné à cette ville le goût de l'ambition et la pratique de la solidarité c'est parce qu'il y a cette passion de Nantes et qu'il y a cette idée qu'il faut toujours progresser, avancer ». Fierté « Les Nantais ont retrouvé la fierté de leur ville. Vous ne trouverez pas un Nantais qui ne soit pas fier de Nantes. Se sentir bien ensemble dans une ville est quelque chose d'important. Quand je vois plus de 40 000 Nantais accompagner les premiers pas de l'Éléphant ou à l'inauguration d'Estuaire, c'est révélateur de cet art de vivre ensemble ». Ouverture « Je ne suis pas pour une ouverture qui donne lieu à des combinaisons politiciennes. Ce qui est important c'est que cela se passe dans la clarté, autour du projet, de la méthode, des valeurs de gauche. Les personnalités qui s'engageront sur le même projet seront les bienvenues... ». Gauche « Je me situe clairement dans l'opposition au gouvernement actuel. Je ne rase pas les murs parce que je suis socialiste, profondément de gauche. Mais tout ce qui se fera de bien au niveau national et qui sera bon pour les Nantais, je le prendrai ». Génération « Mon rôle consiste à faire émerger des générations nouvelles, à promouvoir des hommes et des femmes qui, demain, prendront le relais pour continuer de faire avancer Nantes ». Le dernier mandat ? « La vraie question, c'est ce qui va se passer pour Nantes dans les années qui viennent, comment elle va continuer à avancer. Je n'ai pas d'autre ambition que de servir cette ville. Je le ferai tant que je m'en estimerai capable ». Mitterrandien Jean-Marc Ayrault conclut sa lettre aux Nantaises et aux Nantais en ces termes : « Il nous reste tant à faire pour Nantes, ensemble ». Une copie presque conforme de la première déclaration de François Mitterrand, en mai 1981, juste après son élection : « Nous avons tant de choses à faire ensemble »...