Tous les Nantais gardent encore en mémoire le grand embouteillage qui avait paralysé le centre-ville pendant plusieurs heures, un soir d'hiver, il y a quelques années. On l'a encore vu récemment : à chaque coupure du périphérique pour cause d'inondation ou de fermeture du pont de Cheviré, Nantes frôle l'engorgement. Et chaque matin, des centaines d'automobilistes pestent contre les ralentissements aux différentes entrées de la ville, notamment au sud.
Accros à la voiture
Voté en 2000, le plan de déplacement urbain (PDU) de l'agglomération nantaise a retenu comme hypothèse un nombre quotidien de déplacements supérieur à 2,5 millions à l'horizon 2010. Et s'est fixé pour objectif de tendre vers l'équilibre entre la voiture et les autres modes de transport : bus, tramway, deux-roues et marche à pied. Mais malgré l'extension du réseau Tan (près de 110 millions de voyages en 2007), la part de l'automobile dans les déplacements n'a pas diminué ces dernières années, et reste proche de 60 %. Soutenus par la communauté urbaine, les plans de mobilité, qui visent à développer l'usage de modes de transport alternatifs pour les trajets domicile-travail, peinent à séduire les entreprises (à ce jour elles sont 153 à avoir signé ce plan représenant un potentiel de 55 511 salariés). Et il faudra attendre la mise en service des Bicloos, fin avril, pour savoir si ces vélos en libre-service connaîtront le même succès que les Vélib'parisiens.
Les mentalités évoluent
Tout n'est pas noir pour autant. Le nouveau circuit « Coeur de ville », qui avait suscité une levée de boucliers lors de sa mise en service, à l'automne 2006, ne fait plus guère parler de lui. Certains n'y verront que de la résignation. D'autres, le signe que les mentalités sont en train d'évoluer doucement. Un chose est sûre : personne, aujourd'hui, n'imagine revenir en arrière et recréer des pénétrantes déversant leurs flots de voitures jusqu'au coeur de la cité, comme dans les années 70. L'idée d'un centre-ville réservé aux piétons et aux deux-roues ne heurte plus aujourd'hui que quelques indécrottables « pro-bagnole ». Mais même eux devront s'y faire : un jour prochain, il leur faudra réapprendre à marcher ou à pédaler pour gagner le centre de Nantes...
Xavier Boussion