« Sonner l'alerte »
Brièvement envisagée, une liste commune LCR-LO n'a pu être constituée, « du fait essentiellement du refus de la LCR que je sois tête de liste », explique clairement Hélène Defrance. Argument pour se prévaloir de ce leadership : elle était la seule élue d'extrême gauche au conseil municipal.
Cette dispersion va rendre l'élection d'un membre d'extrême gauche très incertaine en mars prochain. C'est pourtant avec cet objectif que Lutte ouvrière entend « porter la voix et les intérêts du monde du travail ». Dans les entreprises, dans les quartiers ou au conseil municipal les candidats LO veulent « sonner l'alerte contre les mauvais coups ».
Quarante-quatre ans : c'est la moyenne d'âge des membres de liste. Enseignants, agents des services publics et retraités y sont nombreux. Hélène Defrance s'en explique : « Quand on est précaire, chômeur ou salarié de grande surface, il est difficile de s'afficher Lutte ouvrière ; le flicage patronat, ça existe ».
Transports gratuits...
Sur le plan du programme Lutte ouvrière souligne « l'urgente nécessité de construire des logements accessibles aux revenus modestes ». « Il en manque 20 000 à Nantes et au rythme actuel il faudra 20 ans pour résorber la demande ! », estime Hélène Defrance.
Elle prône également la gratuité des transports publics. Comment financer la mesure ? « L'État doit payer mais aussi les entreprises qui profitent de ces transports comme les grandes surfaces ».
Au niveau de l'économie, Lutte ouvrière reste sur des bases connues : « Il faut mettre les grands groupes sous le contrôle des salariés et de la population ». Et en attendant, exercer un contrôle strict sur les aides ou exonérations dont bénéficient les entreprises.
...cours du soir aussi
Santé, éducation : là doit porter l'investissement public : « Il faut cesser toute subvention aux écoles privées et remettre les études gratuites le soir pour les enfants des quartiers défavorisés ».
Enfin Lutte ouvrière veut que la population soit davantage associée aux décisions municipales, y compris avec recours au referendum, et ne se contente pas des actuels conseils consultatifs de quartiers « qui ne sont que coquilles vides et instruments de propagande ».
Jean-Philippe Lucas
(avec Frédéric Testu)