"Il n’y a ni drapeau, ni musique. Contrairement à ce qui a été dit, la réunion de ce soir n’a rien d’un meeting ! La commune n’a pas connu de grand débat sur l’aéroport depuis 2003. On veut juste exposer nos arguments et échanger avec les habitants ». Membre du collectif des élus qui doutent du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, Françoise Verchère a donné le ton en ouverture du débat sur le transfert de l’aéroport, mercredi soir à Bouguenais. La conseillère générale, « locale de l’étape » en tant qu’ancien maire de cette commune, a d’emblée voulu calmer les esprits devant une salle du Piano’cktail quasi-comble (350 personnes environ).
Échanges pimentés mais cordiaux
À quelques semaines des élections régionales, ce débat était annoncé comme houleux. Malgré les sifflets et autres acclamations du public, les échanges sont restés cordiaux. Le Collectif des élus qui doutent du projet d’aéroport et les opposants au transfert, co-organisateurs de cette réunion, ont présenté leurs arguments et donné la parole à la salle. Malgré une assistance majoritairement « anti-transfert », les partisans du déménagement ont également réussi à faire entendre leur voix. Parmi eux, les socialistes Patrick Mareschal, président du Conseil général, et Gilles Retière, maire de Rezé et premier vice-président de Nantes métropole. Privés de tribune, ces deux élus avaient promis de venir pour « contrer les arguments fallacieux » des opposants.
La piste pourrait rester…
Sécurité, nuisances pour la population, nécessité de libérer des espaces constructibles au Sud Loire,
environnement, coût de l’équipement… Les deux parties sont restées campées sur leurs positions. La « surprise » du soir est venue d’une lettre, où plutôt de son interprétation. Dans un courrier daté du 9 octobre, la direction d’Airbus stipule qu’elle maintiendra ses activités à Bouguenais même si la piste de Nantes Atlantique était détruite.
« On est en droit de douter, tous les sites d’Airbus ont une piste attenante. Pourquoi cette exception nantaise ? », s’inquiète Françoise Verchère. Jusqu’alors confiants dans les intentions d’Airbus, les partisans du transfert ont voulu rassurer sur cet enjeu majeur pour l’économie du Sud Loire. « On doit rester vigilants, on demandera des garanties », affirme Gilles Retière. « Cette piste ne sera pas détruite tout de suite, indique Patrick Mareschal à des Bouguenaisiens attachés à l’aéronautique. Si Airbus veut une piste, on la maintiendra ! ». Reste à savoir qui paiera son entretien.
Etienne Mvé
Trois projets architecturaux étaient en lice pour la concession du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
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