Un aéroport qui fait débat

L'actu

mardi 13 octobre 2009 Aéroport. 18 maires de Nantes Métropole réaffirment leur soutien au projet

Du poing sur la table

Autour de Jean-Marc Ayrault, les élus de la majorité font bloc pour le transfert de l’aéroport à NDDL

Ils en ont « assez ». Assez de ces opposants qui « inventent chaque jour un nouvel argument ». Assez de la « désinformation ». Que l’on dise que le projet n’a fait l’objet d’« aucun débat » alors qu’il a été « abondamment débattu et discuté ». Que l’on conteste l’argument de la sécurité quand Nantes est survolée chaque année par « 13 000 avions volant à basse altitude ». Assez que l’on parle de « gaspillage d’argent public ».

Réunis hier autour de Jean-Marc Ayrault, dix-sept maires de la majorité de Nantes Métropole (*) ont donc réaffirmé avec force leur soutien au projet de transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique vers Notre-Dame-des-Landes. En tentant d’apporter « un peu de rationalité dans un dossier qui suscite beaucoup de passion ».

« Vital » pour l’Ouest
Le maire de Nantes l’a rappelé : le projet NDDL, « initié, porté et acté par l’État », est « conforme aux orientations du Grenelle de l’environnement ». Mais surtout, il est défendu par « deux régions, deux départements et deux métropoles » qui considèrent que la question de l’accessibilité (via le raccordement du futur aéroport aux grands hubs européens) est « vitale pour l’avenir de leurs territoires ».

Pour les dix-huit élus de Nantes Métropole, la cause est entendue : « L’intérêt stratégique du projet est aujourd’hui établi et partagé ».

La 2e piste : un « leurre »
Au passage, les défenseurs du projet tiennent à rappeler « quelques vérités ». L’idée d’une deuxième piste transversale à Nantes Atlantique ? « Un leurre » : « Dans un tissu urbain et périurbain très dense, il est impossible de construire cette piste ».

« Il faudrait acquérir 500 ha de terrain, dévier la ligne SNCF Nantes-Pornic et trois routes départementales. Cela coûterait aussi cher, voire plus que le futur aéroport », souligne Jacques Garreau, maire de Bouaye. Sans compter que « 11 000 habitants du sud-Loire seraient exposés au bruit, contre 2 700 habitants à NDDL ».

Avance remboursable
Et le coût du futur aéroport ? « On ne peut pas laisser dire n’importe quoi », s’énerve Jean-Pierre Fougerat, maire de Couëron. « Les quatre groupements privés candidats à la concession doivent présenter un projet sur la base du coût chiffré en 2006, soit 480 M€, plus 100 M€ financés par l’État pour le barreau routier et la tour de contrôle. Point ».
Quant à la dotation d’équilibre financée par les collectivités, son montant « sera un critère déterminant dans le choix du délégataire ». Et elle ne constituera qu’une « avance remboursable », souligne le vice-président de Nantes Métropole.

Xavier Boussion

Repères

Tenus à l’écart
Bien qu’ils soutiennent eux aussi le projet, les six maires d’opposition n’ont pas été conviés.
Collectif
Créé avant l’été, le collectif d’élus opposés au projet NDDL revendique plus de 430 adhérents.

 

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