Ils luttent contre le crime climatique
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À quelques jours de l'ouverture du camp action climat, il faut construire les toilettes sèches. Photo J.-P. H.
Du 3 au 9 août, Notre-Dame-des-Landes reçoit le premier camp climat organisé en France.
NOTRE-DAME-DES-LANDES
À l'instar des Britanniques et des Allemands, nous organisons ce camp climatique pour résister aux crimes écologiques ». La formule frappe au but. « C'est une première en France ; et c'est à Notre-Dame-des-Landes car justement ici, ce qui se prépare - la création d'un aéroport international - est un crime climatique. Au même titre qu'un site d'enfouissement des déchets ultimes en forêt de Brocéliande ; ou que la construction d'une centrale nucléaire n'importe où dans le monde ».
Du 3 au 9 août, le collectif d'organisation du camp climatique annonce la venue de 1 500 à 2 000 personnes. Des réseaux nationaux et européens sont mobilisés : Objecteurs de croissance, Simplicité volontaire... « Nous n'attendons pas une foule, mais des hommes et des femmes responsables, capables d'autogestion, » explique Laurent, un des organisateurs membre de la commission média ; et le seul qui dévoile son prénom. Son nom ou ceux de ses collègues, top secret ! Ici pas de chef, pas de responsable, pas de vote... « Même le comité d'organisation sera dissous le 3 août, premier jour du camp climat. Ainsi tous les participants auront la même force pour organiser leur séjour, choisir les sujets des débats ; imaginer et réaliser des actions fortes ». Car ils sont ici pour agir les acteurs du camp climat. Les discours c'est bien, les consultations de la population aussi, mais visiblement cela ne satisfait pas les organisateurs du camp. « L'enquête publique réalisée pour le projet d'aéroport a été une vaste plaisanterie, » cite en exemple une organisatrice. « Les promoteurs de l'aéroport n'écoutent pas, donc nous allons prendre la parole de manière plus directe. Ce projet est le symbole de la logique économique outrancière qui mène le monde aujourd'hui ; un projet porté par des volontés politiques mégalomaniaques, conclut la militante. Ce que nous voulons maintenant c'est l'action directe ».
Sous le regard des locaux
Un peu plus loin, les militants du collectif des opposants au projet d'aéroport regardent ceux qu'ils appellent, bienveillants, les jeunes. « Cela ne nous pose pas de problème d'unir nos forces. Ceux qui comme nous, luttent toute l'année contre l'aéroport : les locaux y compris les personnalités politiques ; et ces jeunes qui sont plus radicaux, quelque fois incohérents mais sincères, » sourit Agnès Belaud, coprésidente de l'Acipa, principal opposant. « Ils sont jeunes et n'ont pas notre maturité ».
Jean-Pascal Hamida (avec Paul Bernard)