Un aéroport qui fait débat

L'actu

vendredi 08 janvier 2010 Saint-Herblain. Une entreprise affiche son soutien au transfert de l'aéroport

Un « oui » qui vaut bien des ennuis

Depuis qu'il a mis une banderole pour l'aéroport sur sa façade, le PDG d'Abalone ne s'est pas fait que des amis...

"Je ne comprends pas pourquoi il est de bon ton d'être contre et pourquoi il est très mal vu d'être pour. Et surtout de l'afficher ! ». Pour François-Xavier Moutel, PDG de l'agence d'intérim Abalone basée à Saint-Herblain dans un bâtiment dit « à énergie positive », « le transfert de l'aéroport de Bouguenais à Notre-Dame-des-Landes est une nécessité ».

Arguments écolos

Très impliqué dans une démarche de développement durable et d'écologie au quotidien, il défend un aéroport basse consommation, comme il l'a écrit sur la banderole qui flotte sur la façade en verre de son entreprise, face aux milliers de voitures qui circulent quotidiennement sur la départementale 201 en direction de Saint-Nazaire.

Ses arguments en faveur d'un aéroport au nord du département sont exclusivement basés sur le respect de l'environnement. « Il existe des chiffres qui disent que 18 à 45 tonnes de carburant, combustionné ou délesté, sont rejetées dans l'air chaque jour au-dessus de Nantes. Ceux qui sont contre le transfert se fichent donc que 500 000 personnes respirent mal ? ».

Ceux qui sont contre l'aéroport, en tout cas, voient d'un très mauvais oeil le libre affichage d'Abalone.

Menaces et intimidations

« On a reçu des lettres d'injures, des mails de personnes en colère et même des menaces ! » avoue-t-on dans les couloirs de l'entreprise herblinoise. « C'est complètement fou ! s'énerve François-Xavier Moutel. Tous les hommes politiques qui ont visité notre bâtiment nous félicitent pour notre démarche énergétique. Par contre, ils ne comprennent pas pourquoi on est pour le transfert.

« Mais c'est parce que c'est le même raisonnement écologique ! Alors ce terrorisme d'une minorité, qui cherche à nous intimider et à nous forcer à penser dans le « bon sens », je ne sais pas de quelle couleur il est, mais il n'est pas vert ! ».

Bien résigné à ne pas céder, le PDG va laisser son message flotter au vent. En se fichant bien d'être - ou pas - dans l'air du temps.

Mathilde Clavier-Bourgine
 

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