Une partition inédite de Mozart trouvée à Nantes

jeudi 25 septembre 2008

L'étonnant peintre nantais qui a acheté la partition de Mozart

La collection de Pierre-Antoine Labouchère, outre la partition inédite de Mozart, contient d'autres trésors comme des lettres autographes de Beethoven, de Rossini ou encore de Berlioz.

Elle a fait le tour du monde, du Canada au Japon, des télévisions anglaises aux journaux israéliens. Élément majeur de la collecte d'un artiste nantais, cette partition était, avant la révélation de son authenticité, disponible et visible par le grand public. En fait, elle faisait partie de trois mille autographes, lettres et portraits gravés, légués à la bibliothèque de Nantes par Pierre-Antoine Labouchère.

C'est dans le lot de ce collectionneur « passionné et compétent », comme le souligne Agnès Marcetteau, la directrice de la médiathèque, que la partition « dormait » depuis 1873, date du legs. Coincidence troublante, la bibliothèque municipale de Nantes avait édité, en janvier dernier, une brochure pour la Folle Journée intitulée Manuscrits et portraits de musiciens du fonds Labouchère.

À « M », comme « Mozart, Wolfgang Amadeus » (1756-1791), on y trouve ainsi cette « partition autographe » de 29 par 15 centimètres, accompagné de cette notice « Esquisse de mélodie correspondant au début d'un Credo en ré majeur et esquisse mélodique complète d'une « composition pour voix en ré mineur ». La pièce était connue et répertoriée, son caractère inédit, non.

Symphonie de Haydn

Où Pierre-Antoine Labouchère a t-il acheté cette partition ? Comme tous les grands collectionneurs, il avait son réseau de marchands, d'antiquaires, de rabatteurs. On peut imaginer que cette partition se trouvait avec d'autres lettres autographes que contient son incroyable collection, voire avec une gravure ou dans un des courriers que Pierre-Antoine Labouchère s'est procuré.

À quel prix ? On peut estimer qu'elle n'était pas donnée, le vendeur lui ayant assuré, via une annotation du mois d'août 1839, qu'il s'agissait d'un original. Dans sa collection insolite, on retiendra aussi cette lettre en date du 3 mai 1783, où Mozart écrit à son père depuis Vienne (lire ci-dessous). Une note autographe de Beethoven côtoie une lettre d'Hector Berlioz, un fragment de la symphonie en mi-bémol de Joseph Haydn ou cette autre partition signée Rossini.

Dans les vingt-et-un volumes donnés à la ville de Nantes, les amateurs apprécieront d'autres autographes de célébrités, tels ceux de Chateaubriand ou de Madame de Sévigné.

De la banque à la peinture

Né le 26 novembre 1807 à Nantes, Pierre-Antoine Labouchère était le fils d'un armateur, consul de la ville de Nantes. À l'âge de vingt ans, il travaille pour la banque Baring Bros aux États-Unis avant de se détourner d'une carrière de négociant pour celle d'artiste. C'est lors d'un séjour en Angleterre que la passion pour les autographes, alors à la mode, le gagne. Il traque alors le moindre manuscrit original dans les ventes aux enchères et s'adonne parallèlement à la peinture sous la coupe de Paul Delaroche.

Peintre reconnu et protestant convaincu, Pierre-Antoine Labouchère remportera plusieurs prix. Membre de la Société de l'histoire du protestantisme français (il a illustré un livre sur Luther), l'artiste nantais lui léguera sa collection de livres ainsi que des autographes. Il est mort à Paris le 28 mars 1873 et repose au cimetière du Père Lachaise.

Stéphane Pajot
 

A lire également

Notre dossier spécial

Vidéo, forum, photos, articles : retrouvez ici toute l'actu des Canaris

Sortir

Mai - Juin
L M M J V S D
- - 23 24 25 26 27
28 29 30 31 1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
Copyright © presseocean.fr 2012 - Mentions légales - Qui sommes-nous ? - Élections