Seguin et Tripon dans la Solidaire

Le carnet de bord

L'arrivée

Seguin et Tripon « heureux ! »


Dans la moiteur de la nuit, Damien Seguin et Armel Seguin ont nagé dans le bonheur… au propre comme au figuré. Photo LB

Quatrièmes de la Solidaire du Chocolat, le Guérandais et le Nantais ont pris leur pied, en mer… et à terre.

Il aura fallu attendre leur arrivée en terre yucatèque, dans la nuit de dimanche à lundi, pour que la petite diaspora française de la Solidaire du Chocolat se lâche… et finisse comme un seul homme dans la piscine de la posada de l’organisation, le tout sous les yeux d’une foule autochtone médusée et amusée.

Un accueil pour le moins humide et oh combien chaleureux, à la hauteur de la joie expressive et communicative du Guérandais Damien Seguin et du Nantais Armel Tripon, « seulement » quatrièmes certes, mais simplement (le mot est du premier cité) « heu-reux » ! Heureux de tout.

Pas si dur
La dureté de la course ? Assumée et relativisée. « Ça n’a pas été une course facile, mais on a pris énormément de plaisir à naviguer ensemble, lance Damien. On a toujours été sur la même longueur d’onde, ce qui nous a peut-être fait passer les obstacles un peu plus facilement que les autres. »
« Honnêtement je n’ai pas été impressionné par les dépressions qui se sont succédé. On n’a jamais été en mode survie, ni eu la sensation d’être en danger. On a bien joué les bascules de vent, ce qui nous a permis d’être toujours au bon endroit », corrobore Armel.

Sans regret
Leur arrêt buffet à Saint-Barth pour remplacer l’indispensable courroie d’alternateur, sans laquelle Cargill-MTTM se trouvait privé d’énergie et donc de météo ? « Pour trois heures d’arrêt, on en prend trente à l’arrivée… mais cela faisait une semaine qu’on barrait 24 heures sur 24 et ce n’était pas possible de continuer comme ça », revendique Damien, suivi en cela par Armel : « Ça nous a mis un coup, physiquement à devoir barrer en permanence… et nerveusement à voir les autres se barrer, mais on n’a aucun regret à s’être arrêtés ».

Objectif tenu
Leur rythme ? Toujours soutenu. Et leurs objectifs atteints. Damien : « On n’a jamais rien lâché, on a toujours mené le bateau à fond, y compris sur la fin ; quand on a vu les cinquièmes se rapprocher, ça nous a reboostés. Et puis on voulait arriver moins de 24 heures après nos devanciers, on l’a fait en 23 heures et des poussières ». Armel : « L’objectif initial était de finir dans les cinq. Tenu : on est dedans ».

Grands moments
Un souvenir qui restera ? « Les tartines grillées d’Armel le matin ! », s’exclame Damien. « Avec du beurre, de la confiture et un café… comme à la maison ! », précise, hilare, Armel qui ajoute : « Et puis il y a eu ces moments de glisse exceptionnels, au début des alizés, avec des points à plus de 20 nœuds. Fabuleux ».

Belle fin
L’arrivée et l’accueil à Progreso ? Mémorables. « C’est une belle victoire pour nous, nous avons fait une course très propre et nous avons formé un duo super sympa », résume Damien. « Ce n’est pas une délivrance car on n’a pas souffert, mais une vraie joie d’arriver après quatre semaines de mer… et quand tu vois l’accueil, c’est extraordinaire ! Ça m’a rappelé ma victoire à Salvador de Bahia, en 2003 dans la Transat 6.50 ».

Et après ?
La Solidaire du Chocolat et le Class’40 (monocoque de 12,18 m) les ont conquis. Damien : « Ça m’a conforté dans mon choix de disputer la Route du Rhum 2010 dessus. Ce sont de super bateaux et l’ambiance est super. C’est frais et pas surfait ». Armel : « J’ai tripé sur le 40 pieds. C’est une classe qui va monter en puissance. Ça donne effectivement des envies de Rhum… et de refaire la Solidaire dans deux ans ! ».

De notre envoyé spécial à Progreso, Laurent Battarel

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