L’image de son jardin sous les eaux restera gravée à jamais dans sa mémoire. Marie-Odile Robin habite au Collet, sa maison donne sur l’ancien port où est amarré le bateau de son mari, Guy. Le soir du 28 février, Guy est sorti : « J’ai vu que l’eau était haute, mais il n’y avait rien d’anormal » et il était allé se recoucher. La mer est arrivée par derrière et a tout submergé : terrain, garage (avec les voitures), la chaudière et quantité de souvenirs « ceux de notre fille, morte, dont son accordéon qui baignait dans l’eau », poursuit Marie-Odile.
Alors le lendemain elle s’était confiée à Presse-Océan, en larmes, souhaitant quitter cette maison pour ne plus jamais revivre ça.
Toute une vie
Aujourd’hui, le couple a décidé de rester. Il faut préciser que pour Guy, cette maison, ce port, c’est toute sa vie. Fils de l’éclusier, il a pris la relève de son père tout étant ostréiculteur. La maison « on l’a achetée avec nos économies et Guy l’a presque entièrement faite de ses mains, alors évidemment il y tient… ». Il y a le bateau, les amis, la vue, le calme, bref un environnement difficile à quitter « c’est notre vie ici et on est très heureux tous les deux !».
Après le nettoyage, les appareils défaillants ont été remplacés « et l’assureur a plutôt bien joué le jeu si ce n’est le 1er expert qui m’a fait craquer en disant que, pour faire le deuil de notre fille, il fallait brûler ses affaires ».
Horrible à vivre
Aujourd’hui la vie reprend son cours. Le jardin est complètement jaune : « On constatera les dégâts après l’été ». Guy a toujours un œil sur son bateau. Reste quand même une légère appréhension lors des coups de vents. Alors il va construire un muret dans son jardin, histoire de se protéger, si la mer se décidait de nouveau à vouloir pénétrer dans leur maison.
Avec le recul, ils se disent plutôt chanceux, comparés à d’autres : « J’en suis malade quand je pense à ceux dont les maisons vont être détruites. Ça doit être horrible à vivre ».
Laurent Huou