Pas simple de s'y retrouver après la tempête. Après un incendie, cette entreprise est à nouveau sinistrée.
Le calme après la tempête. Bertrand Babarit, directeur de la société Le Paludier, qui sèche, conditionne et commercialise du sel à Batz-sur-mer, affichait hier après-midi un certain soulagement. « Il ne s'est rien passé cette nuit comme nous pouvions le craindre avec la forte marée. L'eau est montée par-dessus le barrage mais s'est arrêtée juste avant l'usine ».Tandis qu'il parle, l'eau continue d'écouler son trop plein depuis les bouches d'égoût du quartier de la Herpe. C'est ici en bordure de traict que se concentre la majorité des dégâts liés au percement de la digue. Les marais salants gorgés d'eau n'ont pas encore été inspectés.
Sacré boulot
Dimanche, la scène était plus désastreuse. Une employée habitant près de l'usine l'avait appelé tôt le matin. « Elle voyait ressortir l'eau des ouvertures... ». La marée avait eu le temps d'atteindre 45 cm d'eau dans toute l'usine. « Toutes les boîtes étaient par terre, les cartons étaient éventrés, du jamais vu ! » reprend le directeur.Pour autant, il retient la mobilisation exemplaire des services de secours. « Les pompiers nous ont considérablement aidés. Ils étaient 45 dimanche à tout évacuer. Je tiens à les remercier, ils ont vraiment fait un sacré boulot ! »
Repartir à nouveau
Depuis lundi, les onze employés du Paludier ont pris le relais et nettoient les restes de goémon, triant minutieusement ce qui peut encore être sauvé. Un électricien inspectait hier les machines : « Avant de pouvoir reprendre la production, il faut encore rincer les machines et les sécher. Parce que l'eau de mer, c'est pas terrible pour les moteurs, ça oxyde tout. »Après leur réparation, l'industriel sera en mesure de chiffrer précisément son sinistre. Le deuxième pour lui après l'incendie qui a ravagé un bâtiment de stockage dans la nuit du 30 juin 2009. Une loi des séries dont Bertrand Babarit se passerait volontiers, même si elle lui donne aujourd'hui du recul : « L'autre fois, il s'agissait de stockage. Là, c'est moins facile à estimer car c'est toute la production qui est touchée ».
300 000 €
Ce nouveau sinistre pourrait quand même lui avoir coûté 300 000 €, perte d'exploitation comprise, soit une semaine de travail livrée à la tempête. Après le passage de l'huissier lundi, c'était au tour des experts hier après-midi.« Maintenant, on attend que soit décrète le classement de la Loire-Atlantique en état de catastrophe naturelle », poursuit le directeur, même si, comme tous ceux qui ont encore les bottes dans l'eau, il n'a pas eu le temps de se renseigner sur l'intérêt d'y être...
Lucie Beaupérin
Repères
60
C'est le nombre de paludiers en presqu'île qui travaillent avec cette entreprise.
99 %
Le Paludier est une filiale à 99 % de la compagnie des Salins du midi.