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Carquefou Cadres de la Seita toujours retenus : "On n'est pas des méchants"

0 29.05.2014 12:38
Cinq cadres sont retenus sur le site depuis mercredi

Cinq cadres sont retenus sur le site depuis mercredi

Photo PO-Nathalie Bourreau

"Ça s'est bien passé. Ils ne sont pas enfermés dans une pièce. Ils ont pu aller à un moment jusqu'à la salle à café et on s'est mis à l'écart pour les laisser prendre leur café tranquilles", indique à l'AFP Pascal Brochard, délégué du personnel (CGT).

"Ce (jeudi) matin, on leur a apporté des croissants et des petits pains de la boulangerie. Ils ont libre circulation dans les services. On n'est pas des méchants", ajoute Valérie Brochard, qui forme avec son époux l'un des nombreux couples salariés de l'entreprise.

Pascal Brochard poursuit: "On ne se serait pas mis en grève si la direction n'était pas venue nous 'chercher' ces derniers temps alors que le site va fermer (...) On n'est pas là pour les humilier. On est les premiers à prôner le respect humain. Donc, on essaie de donner l'exemple de ce qu'on souhaiterait avoir en matière de respect de la part de la direction".


Les salariés reprochent à la direction une information insuffisante sur le projet de restructuration du groupe qui les affecte directement. En grève depuis lundi, ils réclament aussi le paiement total des jours de grève que la direction n'a accepté jusqu'à présent de rémunérer qu'à hauteur de 50%, proposition qui a été rejetée par les salariés.

Selon Pascal Brochard, le mouvement de grève a commencé lundi, lorsque la direction a exigé que la production, en baisse depuis l'annonce de la fermeture, remonte à 50% par rapport à ce qu'elle était avant cette annonce. "Les pressions sur les salariés se sont accrues à un point tel ces dernières semaines qu'actuellement, une centaine d'entre eux (sur 327, ndlr) sont en arrêt maladie" selon Pascal Brochard.

Imperial Tobacco, actionnaire de la Seita, a annoncé le 15 avril la fermeture de l'usine de Carquefou ainsi que celle du site de recherche de Bergerac (Dordogne) et la suppression nette de 366 postes en France sur 1.150, soit près du tiers des effectifs. L'usine historique du groupe britannique à Nottingham fermerait également, tandis que 130 emplois seraient créés en Pologne où sera délocalisée une partie de la production.

La Seita, dont le siège est à Paris, dispose de cinq sites en province : deux usines de production de cigarettes, à Carquefou et Riom (Puy-de-Dôme), une usine de traitement du tabac au Havre (Seine-Maritime), deux centres de recherche à Bergerac (Dordogne) et Fleury-les-Aubrais (Loiret). Elle a été reprise en 2008 par Imperial Tobacco, qui avait supprimé un millier d'emplois, soit la moitié des effectifs.

 

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