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Édito L’eau qui bout sous le couvercle

0 24.10.2015 11:15

Dans quelques jours, mardi 27 octobre, on célébrera (façon de parler) le dixième anniversaire du début des émeutes sans précédent qui avaient embrasé les banlieues françaises durant plusieurs semaines en 2005. Sinistre commémoration, évidemment, qui viendra sans doute raviver des plaies jamais vraiment refermées. De là à qualifier cette évocation de « mortifère », comme l’a répondu le ministère de l’Intérieur à un journaliste du « Monde » pour justifier le silence imposé par la place Beauvau aux policiers sollicités par la presse, il y a peut-être un pas. Ce qui est mortifère, pour le coup, ce serait surtout la tentation du couvercle sur la marmite. En premier lieu pour les habitants de ces quartiers, qui subissent une forme de double peine, comme l’attestent les fusillades survenues à Nantes ces derniers jours : d’abord le fait de devoir endurer les agissements de quelques dizaines d’individus qui leur empoisonnent la vie ; ensuite de supporter la mauvaise réputation qui colle à ces quartiers où la plupart des citoyens ne demandent qu’à vivre comme tout le monde. Le problème, c’est qu’on a longtemps fait semblant de croire qu’il suffirait de raser quelques tours et de planter des massifs de fleurs pour changer la vie dans ces quartiers. C’était (et c’est) parfois nécessaire mais sûrement pas suffisant. Pas plus que le fait de déverser des milliards d’euros de subventions pour la politique de la ville. Le problème de ces quartiers, c’est d’abord celui de la relégation. Qu’elle soit ou non volontaire (ce fameux « apartheid social » qui fait tant débat), la mise à l’écart des populations les plus fragiles attise le feu sous une marmite plus que jamais en ébullition.

Jérôme Glaize

 

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