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France Attentat sur les Champs-Élysées : ce que l'on sait

0 21.04.2017 13:38
L'assaillant a été identifié

L'assaillant a été identifié

AFP

Un profil connu et une revendication qui intrigue : voici ce que l'on sait ce vendredi midi sur l'attentat des Champs-Elysées où un policier a été tué et deux autres blessés à trois jours de l'élection présidentielle (avec AFP).

L'attaque

Vers 21H jeudi, une voiture s'arrête à la hauteur d'un car de police garé dans le haut de l'avenue des Champs-Elysées à Paris. Le conducteur sort et tire à l'arme automatique contre le véhicule des forces de l'ordre, tuant l'un des policiers et essayant de s'en prendre aux autres en courant. L'assaillant est tué après avoir blessé deux autres policiers, dont l'un grièvement d'une balle au bassin, ainsi qu'une touriste allemande touchée au talon. Dans la voiture, les enquêteurs ont retrouvé un fusil à pompe, deux gros couteaux et un sécateur.

L'assaillant identifié

L'agresseur est un Français de 39 ans, Karim Cheurfi, résidant à Chelles (Seine-et-Marne) et connu de la police et de la justice. Il avait été arrêté le 23 février, parce qu'il était soupçonné de vouloir s'en prendre à des policiers, selon des sources proches de l'enquête. Il avait été remis en liberté faute de preuves suffisantes. D'après cette source, cette procédure était ouverte au parquet de Meaux.

Mais par la suite, la section antiterroriste du parquet de Paris avait aussi ouvert une enquête préliminaire. Karim Cheurfi avait déjà été condamné en 2005 par la cour d'assises d'appel du Val-de-Marne à 15 ans de réclusion pour tentatives d'homicide volontaire : en 2001, il avait blessé grièvement par balles un élève gardien de la paix et son frère, après une course-poursuite en Seine-et-Marne. Pendant sa garde à vue, il avait de nouveau blessé un policier après lui avoir volé son arme. En liberté conditionnelle, il était retourné en prison, après une nouvelle condamnation pour vol aggravé par le tribunal de Meaux en 2014 à quatre ans de prison, dont deux ans de sursis avec mise à l'épreuve.

La revendication jihadiste

Selon une source proche de l'enquête, il ne présentait pas de signes de radicalisation en détention. L'homme a semblé avoir agi seul et des investigations sont en cours pour établir "s'il a bénéficié ou pas de complicités", a indiqué le procureur de la République à Paris, François Molins. Trois membres de son entourage étaient interrogés en garde à vue vendredi matin.

L'attaque a été presque aussitôt revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), à l'origine de la plupart des attentats, parfois de masse, qui ont fait 238 autres morts depuis 2015 en France. Mais cette revendication pose question puisque l'identité semble différer de celle du Français abattu sur les Champs-Elysées. Correspond-elle à celle d'un homme signalé jeudi à la France par les services belges ?

"L'homme faisant l'objet d'un avis de recherche diffusé par les autorités belges s'est présenté dans un commissariat d'Anvers", dans le nord de la Belgique, a annoncé le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet. Selon le parquet fédéral belge, "il n'y a pas de lien entre cet événement et la Belgique", mais "l'enquête se poursuit".

Un policier tué

Le policier tué dans l'attaque, Xavier Jugele, 37 ans, était membre de la 32e compagnie de la direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police de Paris. Les policiers et les militaires sont des cibles privilégiées pour les radicalisés agissant au nom du jihad qui ont multiplié les actions violentes à leur encontre en France ces dernières années, conformément aux consignes explicites du groupe EI.

Récupération

Bernard Cazeneuve a accusé vendredi Marine Le Pen et François Fillon d'avoir choisi "l'outrance et la division", accusant notamment la candidate du FN à la présidentielle de chercher à "exploiter sans vergogne la peur et l'émotion à des fins exclusivement politiciennes", après l'attentat de jeudi soir à Paris. Marine Le Pen "cherche comme après chaque drame à en profiter pour instrumentaliser et diviser, elle cherche à exploiter sans vergogne la peur et l'émotion à des fins exclusivement politiciennes".

Quant à François Fillon, il "préconise la création de 10.000 postes de policiers. Comment croire sur ce sujet un candidat qui lorsqu'il était Premier ministre en avait supprimé 13.000 dans les forces de sécurité intérieure ?", a accusé le Premier ministre lors d'une déclaration sur le perron de Matignon.

Affaiblissement de l'État islamique

En dépit de ce drame, estiment les experts, les attaques jihadistes récentes menées à Berlin, Londres, Stockholm, l'été dernier à Nice, le mois dernier à l'aéroport parisien d'Orly et jeudi soir sur les Champs-Élysées à Paris masquent un affaiblissement du groupe Etat islamique (EI).

Sous la pression militaire de la coalition internationale en Irak et en Syrie, l'EI a vu se dégrader ses capacités d'organisation d'attentats complexes menés par des groupes organisés et dépend désormais de l'action d'attaquants solitaires, aux profils psychiatriques souvent perturbés, pour continuer à passer à l'action et semer la terreur, ajoutent-ils. Et même si un attentat de grande ampleur reste toujours possible, organisé par une cellule qui échapperait à la mobilisation des services anti-terroristes, "l'acharnement meurtrier de Daech (acronyme en arabe de l'EI) contre la France masque mal une dégradation continue de ses capacités de frappe dans notre pays", assure vendredi le chercheur Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po Paris.

Olivier Roy, spécialiste de l'islam politique, assure quant à lui que "pour passer à l'action jihadiste, il ne reste plus que les losers".

A deux jours du premier tour de la présidentielle française, "résister au chantage jihadiste implique de ne pas tomber dans le piège tendu par Daech", conclut Jean-Pierre Filiu. "Ce n'est pas une armée qui livrerait une guerre mais un groupe criminel qui perpètre des actes terroristes. Il ne prendra pas en otage l'élection présidentielle".

 

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