Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault était l'invité du 20h de France 2 ce lundi.
- L'homme
L'ex-maire de Nantes a répondu lundi soir à ceux qui doutent de ses capacités à diriger le gouvernement en soulignant qu'il "faudrait s'habituer" à ce qu'il est, à savoir "un homme d'autorité mais de dialogue".
Interrogé sur le fait de savoir s'il disposait de l'autorité nécessaire à sa fonction, il a répondu: "Parfois on me reproche d'en avoir trop". Occupe-t-il pleinement le poste ? "Absolument. Il faut s'habituer à ce que je suis. Je suis un homme à la fois d'autorité mais de dialogue et avec un objectif qui est d'animer et de faire vivre un collectif, une équipe", a insisté M. Ayrault.
"Je suis le chef d'une équipe, je suis le chef de la majorité et je travaille en permanence avec le président de la République, qui est garant du cap et des engagements qui ont été pris devant les Français", a-t-il ajouté.
"Ces engagements seront tenus, ça c'est mon mandat, c'est ma feuille de route. Mais, en même temps, j'ai une méthode parce que je l'ai éprouvée toute ma vie, que ce soit pour animer un groupe parlementaire pendant 15 ans ou que ce soit pour diriger une grande collectivité locale, c'est qu'on ne réussit rien si on ne dialogue pas, si on ne discute pas pour décider efficacement la politique" souhaitée, a insisté l'ancien maire de Nantes.
"Moi j'ai confiance dans nos capacités à réussir, j'ai confiance dans l'avenir du pays", a ajouté M. Ayrault.
- Le nucléaire
Jean-Marc Ayrault a recadré lundi le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui a provoqué un tollé chez les écologistes en affirmant que le nucléaire est une "filière d'avenir".
Invité sur France 2, le Premier ministre a expliqué avoir "rappelé" à Arnaud Montebourg "la position du gouvernement", comme le lui ont demandé les écologistes, alliés du Parti socialiste.
"J'ai parlé avec Arnaud Montebourg et la position du gouvernement, elle est très claire : ce sont les engagements que le président de la République a pris devant les Français, c'est le mix énergétique", a-t-il dit. Jean-Marc Ayrault a rappelé qu'il s'agissait de faire passer d'ici 2025 la part de l'électricité produite par le nucléaire "de 75% à 50%" en développant les économies d'énergie et les énergies renouvelables.
Prié de dire s'il avait recadré Arnaud Montebourg, le Premier ministre a répondu : "Je lui ai rappelé la position du gouvernement, il en a parfaitement convenu"
- L'essence
Comme on lui demandait de quel montant pourrait être une éventuelle baisse du prix de l'essence, J.-M. Ayrault a répondu: "Une baisse de 3 à 4 centimes n'est pas trop loin de la réalité", en ajoutant "ce que nous proposons là, c'est une mesure de blocage pour éviter que les prix repartent à la hausse".
- Le chômage
A la question de savoir s'il se fixait une obligation de résultat sur le chômage, le chef du gouvernement a répondu : "Vous savez, remonter la pente sera difficile mais chaque jour nous menons la bataille".
"Y compris lorsque nous menons la bataille pour essayer de sauver le maximum d'emplois industriels à cause des plans sociaux qui ont été astucieusement retardé après l'élection présidentielle", a-t-il poursuivi.
"Nous avons pris chantier par chantier et nous avons des résultats", a estimé le Premier ministre en citant plusieurs exemples d'entreprises pour lesquelles des milliers d'emplois ont été sauvés.
- La croissance
Le gouvernement devrait "peut-être réduire un peu" la prévision de croissance pour 2013, actuellement fixée à 1,2% mais jugée trop optimiste par les économistes, a déclaré J.-M. Ayrault.
AFP

