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International Jean-Marc Ayrault : "Les Américains doivent s'expliquer"

1 24.06.2015 16:42
L'ancien Premier ministre de François Hollande a tweeté à propos de l'affaire d'espionnage.

L'ancien Premier ministre de François Hollande a tweeté à propos de l'affaire d'espionnage.

Selon les documents de WikiLeaks publiés mardi soir par Libération et Médiapart, les trois derniers présidents français, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, mais aussi des ministres et parlementaires ont été espionnés par les Etats-Unis, au moins de 2006 à 2012.

 
Ces révélations jettent un nouveau jour sur l'ampleur des écoutes conduites par la NSA, mais aussi la vulnérabilité des systèmes de communication gouvernementaux français. 
Au coeur de l'affaire Snowden, en 2013, François Hollande l'assurait: "Nous avons pris toutes les dispositions, j'allais dire dès mon arrivée aux responsabilités, pour que, tout en gardant un téléphone, il puisse rester sécurisé". 
Parmi les réactions les plus vives, l'eurodéputé Renaud Muselier (Les Républicains) a appelé à "renvoyer l'ambassadeur" américain à Paris. Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche) et la présidente du FN Marine Le Pen ont réclamé l'arrêt des négociations sur le traité de libre échange UE-USA. 
Sur ce point, Stéphane Le Foll a cependant appelé à garder "la mesure", semblant exclure une telle hypothèse. 
"Il faut une explication de texte au plus haut niveau", a jugé pout sa part le député (LR) Pierre Lellouche, l'un des espionnés. 
La Maison Blanche a assuré mardi soir qu'elle ne "ciblait pas" les communications du président Hollande et ne le ferait pas à l'avenir, mais sans évoquer le passé. 
"Les lecteurs français peuvent s'attendre prochainement à d'autres révélations précises et importantes", a prévenu le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, reclus dans l'ambassade d'Equateur à Londres depuis trois ans. 
Quant à l'entourage de l'ancien président Nicolas Sarkozy, il a jugé "ces méthodes" d'espionnage "inacceptables en règle générale, et plus particulièrement entre alliés". 
Classés "Top-Secret", les documents consistent notamment en cinq rapports de la NSA, basés sur des "interceptions de communication". 
Le plus récent date du 22 mai 2012, juste après l'entrée en fonction de M. Hollande. Il fait état de réunions secrètes destinées à discuter d'une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro. 
Selon la NSA, le chef de l'Etat avait trouvé Angela Merkel - rencontrée à Berlin le jour de son investiture le 15 mai- "obnubilée" par la Grèce qu'elle a "laissé tomber". 
Autre révélation, le président français, après avoir rencontré Mme Merkel, a invité à Paris le chef du SPD Sigmar Gabriel. Son Premier ministre d'alors, Jean-Marc Ayrault, lui conseille de garder l'événement secret. 
La NSA affirme que Nicolas Sarkozy se voyait "comme le seul à pouvoir résoudre la crise financière mondiale" de 2008. 
Elle assure encore que Jacques Chirac prêtait à son ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, une "propension" aux "déclarations inexactes et inopportunes". 

 

Autres réactions politiques mercredi aux révélations sur l'espionnage par les Etats-Unis des trois derniers présidents français. 

- EELV : "Au-delà de la (nouvelle) convocation de l'ambassadeur américain (...) ces révélations appellent à une réponse diplomatique forte. La suspension des négociations sur le traité de libre-échange en est une, car comment négocier sereinement quand on est écouté ? Ces révélations interpellent également car elles interviennent en plein vote du projet de loi sur le renseignement, liberticide et contre-productif en matière de sécurité. Ce n'est pas parce qu'on savait ou se doutait, que ces écoutes massives, systématiques et sans contrôle sont tolérables. C'est valable pour les écoutes pratiquées par d'autres pays comme pour celles opérées par le nôtre" (communiqué). 


- Hervé Morin (UDI), ancien ministre de la Défense: François Hollande doit "dire aux Américains: +on a des coopérations dans les domaines les plus sensibles, il y a une confiance entre nous qui est énorme, tous les sujets les plus sensibles de la République française font souvent l'objet de partage avec les Etats-Unis. Donc on n'a pas besoin de ça pour se fâcher...+ Le Conseil de défense, ça fait partie des postures: on est obligés de dire que c'est pas bien, et en même temps on sait que ça continuera. Comment imaginer un seul instant qu'on apprenne il y a deux ans que les Allemands sont écoutés et que les Français ne le soient pas? On le savait d'avance...A la fois c'est insupportable, c'est déloyal, et en même temps il n'y a rien de nouveau aujourd'hui" (dans les couloirs de l'Assemblée). 


- Elisabeth Guigou (présidente PS de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée): "Il y aura une réunion spéciale de la commission des Affaires étrangères mercredi prochain. Après la mise sur écoute de la Chancelière allemande par les services américains et les interceptions massives des communications des institutions et des citoyens européens, rendues publiques en 2013, ce scandale constitue une nouvelle brèche dans la confiance entre des Etats alliés. Les États-Unis d'Amérique ont un devoir de vérité, qui ne saurait se limiter au démenti diffusé hier soir (mardi) qui fait l'impasse sur les pratiques antérieures de la NSA, ciblées justement par les documents de WikiLeaks. Les Etats-Unis doivent s'expliquer sur le passé et donner des garanties solides à la France pour le présent et l'avenir". 


- Nicolas Bay, secrétaire général du FN: "Entendre ceux qui ont voté la loi renseignement instaurant la surveillance de masse s'indigner des écoutes de la NSA. Hypocrisie UMPS totale" (Twitter). 


- Jean-Luc Laurent, président du MRC: "A défaut d'une expulsion de + diplomates+ comme lors de l'affaire Farewell, le déménagement de l'Ambassade des Etats-Unis vers un site plus éloigné du palais de l'Elysée devrait être demandé par la France aux Américains. Il est dans la nature des Etats de se renseigner, c'est même une fonction régalienne vitale. L'opération idéologique conduite par Mediapart, Libération et WikiLeaks ne doit pas conduire au désarmement de l'Etat mais plutôt au renforcement des services de renseignement et de contre-espionnage. La loi renseignement, qui sera adoptée définitivement dans quelques heures, y contribue et marque un tournant dans la construction d'une politique du renseignement assumée, encadrée et contrôlée" (communiqué). 


- Didier Guillaume, président des sénateurs PS: "La réaction à ces agissements doit être responsable. Il faut rester ferme pour obtenir des explications et l'assurance que ces actes n'existent plus aujourd'hui, tout en protégeant les Français et les intérêts de notre pays. (..). L'escalade n'est pas une solution et ne doit pas être un recours. Nous sommes, au contraire, dans une période où il est nécessaire de rétablir la confiance entre Alliés. La réaction américaine doit maintenant être à la hauteur. Le président Obama doit prendre ses responsabilités". (communiqué) 

Commentaires (1)

Du temps à perdre
breslau54 mer, 24/06/2015 - 22:57

Quels intérêts avaient les Américains à espionner les Français ? Bien sûr le patron veut toujours être au courant de ce que pensent ses employés mais franchement, à part savoir comment on devient champions d'Europe du chômage, de la dépense publique, du déficit de la balance commerciale, de l'insécurité ou de la submersion par l'immigration de masse, on ne voit pas trop.

 

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