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Joué-sur-Erdre Accusé de meurtre, il attendra son procès dans un monastère

0 26.02.2016 21:30
La ferme où s'est déroulée le drame en août 2014.

La ferme où s'est déroulée le drame en août 2014.

Archives AHD

En attendant d’être jugé par la cour d’assises de Loire-Atlantique pour le meurtre de son cambrioleur de 19 ans en août 2014 à Joué-sur-Erdre, cet homme de 61 ans a obtenu un placement sous contrôle judiciaire dans un monastère. Il vivra reclus avec des moines et portera un bracelet électronique.


Son avocate, Me Cécile de Oliveira, salue ce vendredi « une alternative intelligente à la détention ». Son client, un homme de 61 ans, mis en examen depuis août 2014 pour le meurtre d’un jeune homme de 19 ans venu cambrioler sa propriété de Joué-sur-Erdre, comparaissait ce matin devant la chambre de l’instruction de Rennes. En détention provisoire depuis 18 mois, il a obtenu d’être placé sous contrôle judiciaire dans un monastère, a indiqué son avocate, confirmant une information de PressPepper.

Une décision extrêmement rare. « C’est un projet que nous avons construit ensemble depuis plusieurs mois, raconte Cécile de Oliveira. C’est la troisième fois que nous faisions cette proposition. Il a fallu apporter des garanties. Des gendarmes sont allés dans le monastère pour procéder à certaines vérifications ».


Le sexagénaire passera sa première nuit ce soir au sein de cette communauté religieuse. « Il reste enfermé et il est placé sous surveillance électronique à l’aide d’un bracelet. C’est à la fois rassurant pour les parties civiles et acceptable pour la société, estime l’avocate nantaise. C’est une décision tout à fait conforme à la loi, qui prévoit que la détention provisoire doit rester quelque chose d’exceptionnel, même si c’est toujours compliqué de faire sortir de détention quelqu’un accusé de meurtre. Ce n’est absolument pas une remise en cause de la gravité de son acte, ni du drame qu’il constitue pour les proches de la victime. Là, il reste sous main de justice. Son périmètre, c’est l’abbaye. C’est un enfermement intelligent. Il n’intègre pas une secte intégriste. Il va être au contact de moines qui sont sensibilisés aux questions des fautes pénales et de l’insertion. Il pourra parler avec eux de ce qui s’est passé ».


L’homme, qui travaillait dans les espaces verts avant son incarcération, pourra jardiner. Catholique pratiquant, il sera aussi libre de participer à la vie spirituelle du monastère au rythme qui lui conviendra. « Il ne vit pas cette décision comme une victoire, insiste Me de Oliveira. Il se sent détruit par ce qui s’est passé. Cette solution est un temps d’attente du procès, avec du travail et une méditation sur son acte ».


Il s’agit tout de même d’un soulagement car l’homme, victime de menaces, était placé depuis de longs mois à l’isolement à la maison d’arrêt de Nantes. Ses conditions de détention lui devenaient de plus en plus dures à vivre.


Le 9 août 2014, vers 5 heures du matin, il avait été réveillé par un bruit anormal dans le chemin de campagne dans lequel il vit. Il avait saisi sa carabine puis tiré un coup alors que deux malfaiteurs s’étaient introduits dans sa propriété pour dérober un compresseur entreposé dans un vieux hangar. Un des deux jeunes, âgé de 19 ans, avait été mortellement touché.


Le procès du sexagénaire pour meurtre devrait se tenir devant la cour d’assises de Loire-Atlantique à la fin de l’année ou au début de l’année prochaine.

Jérôme Jolivet


Ce samedi, la famille du jeune homme tué en août 2014, a tenu à faire savoir qu'elle réprouvait cette sortie de détention. "Il a tué mon enfant, c'est qualifié de meurtre, il devrait rester en prison", a expliqué la mère du jeune homme.


 

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